Les avantages du Functional Movement Screen (FMS) peuvent-ils être sur-vendus par certains professionnels ?

Un entraîneur, un préparateur physique ou un thérapeute vous a-t-il passés au crible pour détecter le risque de blessure et les dysfonctions ou limitations sur les mouvements de bases? L’évaluation du mouvement fonctionnel (FMS pour Functional Movement Screen) est un ensemble de sept tests physiques de coordination et de force, en particulier la force «primaire», inventé en 1997 et maintenant largement utilisés dans le monde entier. Il a été proposé à l’origine comme système de détection des anomalies, dont le nom ne précise pas directement sa fonction: c’est un «filtre» (screen).

Cependant son utilisation dans la pratique semble aller au-delà de cet objectif déclaré.

La plus courante critique faites au fil des ans au FMS est le manque de recherche pour soutenir son l’utilisation. Même si de plus en plus de recherches sont en train de devenir disponibles en ce qui concerne sa portée et son efficacité, je suis pas si sûr que les preuves disponibles à ce jour soient convaincantes – nous y reviendrons. Mais depuis ses début, le FMS s’est développé comme si ses pouvoirs étaient prouvés. Certains pense que le marketing à fait la différence. Mais peut-être à t-il été là au bon moment pour répondre à un besoin de terrain des préparateurs physiques et kinésithérapeutes – c’est déjà beaucoup. Enfin combien de méthodes et de formations populaires, reconnues et utilisées n’ont jamais été validées scientifiquement ?

ll ne s’agit pas d’un examen approfondi du FMS en tant que tel, mais une réflexion sur l’utilisation abusive de ce dernier en tant que moyen de diagnostiquer le sportif ou le patient moyen. Cependant, ces préoccupations ne jettent pas un doute sur la validité du FMS uniquement, mais sur la notion beaucoup plus large d’exercices correctifs, qui nécessitent des problèmes à corriger, tels qu’une faiblesse essentielle ou une «mauvaise posture». Si FMS a des problèmes, alors probablement c’est qu’on lui demande de répondre à des questions pour lesquels il n’est pas conçu. Mais plus généralement que tout le monde veut des solutions simples, des recettes, sur ce qui doit être corrigé.

A ce jour, il n’existe aucune étude d’intervention fournissant une base solide pour la détection du risque de blessure à partir de tests du mouvement (screen).

Un «filtre» a une signification particulière dans les soins de santé. Ce n’est pas un outil de diagnostic: c’est juste pour détecter les personnes qui ont besoin d’un diagnostic. C’est un concept courant dans le domaine de la santé (pensez à une «mammographie» ou à un «examen de la prostate») mais pas autant au sport et à la réathlétisation.

Les complexités et l’éthique du dépistage sont normalement débattues dans le cadre de vastes initiatives de santé publique.
Le dépistage est fondamentalement différent du diagnostic, car vous indiquez à des personnes en bonne santé ce pourrait ne pas aller, ce qui augmente le risque réel de nocebo.
La validité des filtres doit être de la plus haute qualité, car vous «étiquetez» les personnes. Nous devrions donc disposer de preuves solides que les personnes seront mieux loties à long terme. Ainsi des personnes mal informées ou mal intentionnées sont partie du principe que quand une personne obtenait un score inférieur au seuil du FMS, ses chances de se blesser devenaient extrêmement élevées. C’était un excellent moyen d’inciter quelqu’un à avoir peur de bouger et de consacrer son temps et son argent à essayer de le réparer avec son coach. Mais était-ce le message obtenu lors du recueil des résultats des tests FMS ?

Néanmoins, c’était une bonne idée d’essayer d’introduire FMS dans le monde de la performance et de la rééducation. Cela aurait été une bonne idée même si ce n’était pas l’intention initiale. Car nous avons vraiment tous intérêt à utiliser un bon “filtre”. Il n’est tout simplement pas clair que FMS soit réellement utilisé de cette façon.
En fait, il semble clair que ce n’est pas le cas.

Le FMS n’est pas officiellement conçu pour évaluer les personnes déjà blessées ou présence de douleur, mais simplement les «limitations» et les facteurs de risque de blessure. Et pourtant, certaines personnes s’entête à vendre FMS à leurs sportifs et patients également comme un «système de diagnostic basé sur le mouvement». Quel que soit son nom, les professionnels diagnostiquent définitivement en fonction du mouvement, d’une manière ou d’une autre. Mais il ne faut pas prendre le FMS, ou n’importe quel “filtre”, pour ce qu’il n’est pas.

Donc, soit il convient changer de nom, soit il devrait en fait être utilisé uniquement comme “filtre” – uniquement pour établir que «quelque chose ne va pas ici» ou «quelque chose qui ne va pas là» – et non pour déterminer ce qui ne va vraiment pas. Mais dans le monde réel, le FMS est souvent présentée comme un outil capable de “détecter” les problèmes biomécaniques et donc de justifier des méthodes d’entraînement ou de traitement permettant de les “corriger”. Contribuant ainsi à la création de la meilleure intervention possible.
Vu comme cela, ce n’est pas un “filtre”, c’est un diagnostic !

Les athlètes et les équipes sportives peuvent fortement investir dans le suivi de conseils fondés essentiellement sur les évaluations FMS. Mais l’objectif principal du filtre est de collecter des informations afin de prendre des décisions en fonction de celle-ci. Surtout pas de sauter sur des conclusions hâtives à propos de choses complexes. Le “screen” n’est que la 1ère étape.

La certification FMS et l’exagération de ses avantages sont également souvent utilisées par les coachs sportifs, préparateurs physiques et thérapeutes pour créer une impression de compétence diagnostique. Chacun cherchant à ressembler toujours plus à l’autres, et vice-versa. Les athlètes et les férus de fitness sont alors souvent des «influenceur» à cet égard.

Il s’agit bien sûr d’un problème général dans l’industrie, mais la certification FMS en est un exemple frappant.

S’agit-il uniquement de cas isolés de marketing de FMS? Peut-être que la formation des praticiens et la certification FMS minimiseraient cette surestimation? Peut-être. Il se peut que certains praticiens du FMS surestiment les revendications du FMS, allant au-delà de l’utilisation prévue…..volontairement !

L’utilisation du FMS comme “filtre” et outil de diagnostic a été particulièrement problématique, car les résultats de tests «normaux» sont bien définis. Un faible score FMS signifie supposément que vous êtes plus susceptible d’être blessé, mais… inférieur à quoi? A quelle population ? Une population de haut-niveau est-elle “normale” ? Il y a t-il des adaptations souhaitables pour une population, mais hors de la norme selon les critères FMS ? Réponse : oui ! FMS a besoin d’une base de référence – voire de plusieurs d’entre elles, pour une variété de populations bien définies. Mais surtout il a besoin de praticiens connaissant les objectifs d’un filtre, ses limitations, ainsi que quand et pourquoi ne pas suivre les règles du FMS.

Pourquoi ? Car les contraintes mécaniques dues à des schémas de mouvements différents n’entraînent pas toujours des microtraumatismes et des blessures. Les tissus ne peuvent-ils pas s’adapter positivement et devenir plus forts, comme tout tissu biologique normal. Les capacités deviennent supérieures aux sollicitations.
Mais également car tous les individus choisissent des stratégies motrices selon une biomécanique qui leur est propre.

Les exercices correctifs peuvent améliorer votre score à des tests tels que le FMS, mais cela n’a pas nécessairement un impact positif sur la performance sportive. Pour certain l’objectif devient d’obtenir un bon score FMS. Mais ce n’est pas le bon l’objectif !

Vous allez à présent vous demander : Ceci signifie t-il que le FMS, ou n’importe quel autre “screen” est sans intérêt ?
Encore une fois la question est mal posée. La question est plutôt : ai-je 10 minutes à utiliser avec mon sportif afin de recueillir des informations afin de savoir si les articulations ou les tissus vont être en mesure de s’adapter aux contraintes mécaniques que je pourrais leurs appliquer, et de d’observer comment mon sportif organise sa motricité ?
Rien de plus.
A partir des informations collectées chacun est libre de tirer les conclusions qu’il souhaite selon sa philosophie de l’entraînement et du mouvement humain. Puis de mettre en place les remédiations de son choix.
Un filtre est un filtre. Le choix des remédiations appartient aux humains. Ne blâmons pas le filtre, mais blâmons les humains. Chacun est responsable de ses prescriptions de méthodes et d’exercices.

Au final tout ceci me fait penser à la citation de Albert Einstein.

Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. – Albert Einstein.

Le FMS, ou n’importe quel screen, est le poisson de la citation. Si vous jugez son intérêt à sa capacité à détecter les ruptures de LCA 6 mois en avance, vous passerez votre vie à croire que c’est stupide (et inutile).

Les promesses sur une méthode parfaite de détection des blessures n’engagent que ceux qui y croit. Utilisez le FMS selon vos besoins.

Personne ne blâme la barre de musculation si l’exercice mal réalisé, ou mal choisi.

Entrainement basé sur la vitesse : différences entre la vitesse moyenne et maximale

La plupart des appareils d’entrainement basés sur la vitesse permettent principalement a deux mesures de vitesse / puissance : moyenne (“Avg”) et maximale (ou de pointe – “Peak”).

Chez PUSH, ces deux mesures sont présentées sous forme de barres verticales superposées et de couleurs différents.

La vitesse moyenne mesure la vitesse sur toute la portion de concentrique de la répétition. La vitesse maximale est la vitesse la plus élevée dans une partie quelconque de 5 ms de cette répétition.

La vitesse moyenne est fortement liée à un % 1RM donné pour un individu dans les principaux exercices de force et la meilleure mesure de vitesse à surveiller pour ces exercices.

La vitesse de pointe est plus étroitement liée à la performance dans les exercices de puissance et est maintenant considérée comme la meilleure mesure de vélocité à surveiller pour ces exercices.

Cependant, il existe également une quantité considérable de données et de recherches utilisant la vitesse moyenne pour des exercices de puissance.

Il faut surtout noter qu’il est très facile d’obtenir et de surveiller ces mesures. L’une n’étant pas mieux que l’autre. Tout dépend de votre utilisation et de vos objectifs.

Entrainement basé sur la vélocité : courbe force-vitesse

Vous souvenez-vous que la relation force-vitesse (F-V) est une courbe. Plus la force à produire est importante, moins la vitesse est élevée. Plus la vitesse est élevée, moins la force à produire est importante. La puissance maximale étant la combinaison de la force et la vitesse.

Traditionnellement,si vous prescrivez une charge d’entraînement à un athlète et que vous voulez qu’il travaille à 90% de 1RM, la première chose que vous devez savoir, c’est ce qu’est son 1RM. L’entraînement basé sur le pourcentage est toujours basé sur le 1RM d’un athlète. Ainsi en fonction des adaptations souhaitées, vous allez prescrire la charge correspondant au pourcentage.

Problème : de la semaine 1 à la semaine 4, le 1RM d’un athlète changera (espérons-le, il augmentera), mais à moins de le tester à nouveau, vous ne le saurez pas. Traduction, vous ne fournissez peut-être pas un stimulus suffisant pour cet athlète. Ou bien vous fournissez un stimulus trop important pour un autre.

Pour résoudre ce problème pratique, et pour une utilisation plus précise de la formation basée sur le pourcentage, l’idée est souvent de réaliser le test 1RM plus fréquemment. La planification de ces sessions de test peut constituer un casse tête à partir du moment ou le planning d’entrainements et match devient dense.

De plus, les pratiquants peuvent ne pas être capables d’atteindre leur «véritable» RM, car psychologiquement, ils peuvent ne pas être en mesure de se pousser avec des charges plus lourdes..

Dans une approche de l’entraînement de la force basée sur la vélocité, la courbe F-V est mise à jour….chaque jours ! C’est à dire, que pour chaque adaptation visée est associée une zone de la courbe.  En pratique, lorsque les sportifs doivent s’entraîner dans une plage spécifique, cette plage déterminera la charge à utiliser.

Exemple :

0.15-0.75m/s – Force max.

0.75-1.15m/s – Puissance.

>1.15m/s – Vitesse.
Ainsi vous avez juste à placer l’accéléromètre sur le bras ou sur la barre, puis en fonction de la capacité des sportifs à s’entraîner, à cet instant, les charges vont variées. Ceci sans avoir recours à des séances de test du 1RM.

En d’autre terme les charges de la courbe de la relation Force-vitesse changent à chaque séance.