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2 situations pour lesquelles j’ai renoncé à utiliser l’haltérophilie

Commençons tout d’abord par dire que je n’ai rien contre l’haltérophilie ! J’ai publié des articles sur mon blog il y a quelques années sur mon utilisation de celle-ci pour la préparation physique de sportifs dans des disciplines nécessitant de capacités d’explosivité ou d’accélération.

Ma philosophie de la préparation physique peut se résumer ainsi :

1/ réduire les risques de blessures à l’entraînement
2/ réduire les risques de blessures en compétition
3/ améliorer les qualités physiques

Mon objectif n°1 est principalement la sélection des exercices et méthodes adaptés à la situation.
Récemment, 2 situations m’ont ainsi amenées à abandonner l’utilisation des mouvements d’haltérophilie au profit d’autres méthodes de développement de la puissance musculaire.

Voici lesquelles :

1/ Depuis cet été j’interviens auprès d’un club de handball féminin de D2. Être capable de sauter ou d’accélérer est une nécessité. L’haltérophilie semble donc idéale.

Cependant, une partie non négligeable des joueuses a scoré assez mauvais lors de l’évaluation FMS du début de saison, avec de nombreuses tendances au valgus. Que se passera-t-il lors de la réception de la barre ?


Aucune des joueuses ne dispose d’une expérience significative dans ces exercices. Avec 8 séances en salle de musculation pendant le préparation physique d’avant saison, n’y a-t-il pas une utilisation plus rentable du temps qui m’est donné ? Dans un temps aussi court, je n’ai pas de temps à perdre à essayer d’enseigner correctement des mouvements pour des résultats incertains en si peu de temps.

Vous l’aurez certainement remarqué, le handball se pratique avec les mains. Les joueuses ont très régulièrement des doigts en mauvais état pendant la saison. Actuellement, une des joueuses peut à peine tenir un ballon. Sans oublier la souplesse du poignet, indispensable pour la réception de la barre, mais dont beaucoup de sportifs manquent en général. Provoquer ou aggraver des blessures à la main ou au poignet, leur outil de travail, n’est pas l’idée la plus intelligente qu’il est possible d’avoir.

blessure-main-handball

2/ Je m’occupe de la préparation physique d’une équipe de football américain. Un autre sport pour lequel la puissance musculaire est indispensable.
Tous les joueurs sont amateurs. Pour des raisons professionnelles et de situation géographique, impossible d’avoir toute l’équipe ensemble en même temps pour 2 séances de musculation hebdomadaires.

Un programme de musculation leur est donc fourni afin de leur permettre d’organiser en autonomie leur entraînement selon leur planning perso. Il m’est donc impossible d’assister à toutes les séances de tous les joueurs. Donc impossible d’enseigner, et de corriger au quotidien, l’exécution en toute sécurité des exercices d’haltérophilie que je pourrais mettre dans leur programme.

Dans ce cas également, les mouvements d’haltérophilie ne sont pas en cause. C’est bien la possibilité de coacher, enseigner, ces exercices correctement qui fait défaut. Dans cette situation, ne faut-il pas mieux être “prudent” dans la sélection des exercices, que de croiser les doigts en espérant que rien de mal n’arrive ?

Pour résumer cet article, je pense toujours que l’haltérophilie est un très bon outil pour le préparateur physique (il existe même des formations sur ce sujet). Mais comme pour tout outil, il doit répondre à un besoin. Son utilisation ne peux pas être systématique.
Mon objectif n’est pas d’avoir des sportifs performants aux mouvements d’haltérophilie et d’ajuster l’entraînement dans cet objectif.
Mes objectifs sont ceux cités précédemment, et c’est donc en fonction de ceux-ci que l’entraînement doit être ajusté.

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