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Sangle abdominale : faut-il faire des crunchs ?

Le thème de l’entraînement de la sangle abdominale est un thème que j’ai souvent abordé sur le blog. Notamment en partageant ma position favorable au gainage pour les sportifs de compétition. Ceci pour de nombreuses raisons et je vous invite à lire tous mes articles sur le sujet ICI.

Mais parfois, lorsque l’on tient un discours à contre courant de l’idée la plus répandue chez les sportifs et souvent les entraîneurs, le message est difficile à faire passer.

C’est vrai qu’il s’agit d’un sujet à débat, même chez les préparateurs physique et les coachs sportifs.
De plus, pour beaucoup, il est compliqué d’admettre que les exercices qu’ils réalisent, qu’ils ont réalisé ou qu’ils proposent à leurs sportifs, ne sont pas “corrects”.

J’ai donc demandé à plusieurs collègues préparateurs physique et coachs sportifs de donner leur avis sur les crunchs.

Faut-il faire des crunchs ? Est-ce dangereux ?

Voici ce qu’il en disent :

sangle abdominale  Sangle abdominale : faut il faire des crunchs ?Rudy Coia (www.rudycoia.com)
Il me semble de plus en plus évident que la pratique du crunch comme entraînement abdominal dans une optique de préparation physique est plus que dépassée.

Bien que le crunch puisse avoir certaines vertues en fonction des « morphologies » (référence aux ouvrages de Christophe Carrio), il n’en reste pas moins très clair que pour la majorité d’entre nous, qui sommes le plus souvent assis, avec le dos courbé, le crunch ne peut qu’accentuer ce phénomène et mettre en péril la santé de notre dos.

Nous voyons bien à travers le web et les différents articles qui y circulent que nous sommes dans l’air du gainage dynamique, celui qui sert pour le sport. On travaille le mouvement et non plus le muscle comme cela était il y a quelques années. Les connaissances évoluent, les pratiques aussi.

Après est-ce que j’utilise le crunch personnellement, oui. Mais cela est parce que c’est mon métier que de montrer mes abdominaux étant donné que ma spécialisation est le bodybuilding au naturel.

 

Anaël Aubry (Préparateur physique et Sportif Elite Duathlon) 
Pour mes activités spécifiques (vélo, course à pieds), je ne recommanderais pas du tout le crunch.

Pour le cycliste, elle sera très mauvaise, car nos heures passées sur la selle font que nous devenons « bossu ».
Il va donc être inutile d’accentuer encore plus cette anomalie.
De plus en cyclisme, les abdominaux ne sont jamais sollicités de façon unique (d’ailleurs je ne crois pas connaître de sports où l’on marque des buts ou des points avec ses abdos).
A l’inverse le gainage va être très intéressant, notamment dans le travail spécifique du contre la montre où le cycliste sera complètement couché sur sa machine et le pont membres inf-sup et le pont des muscles abdo-lombaires va être extrêmement sollicité (pour un non expert il est difficile de tenir plus de 5′ sur un vélo de chrono).

En course à pieds la ceinture abdominale va être sollicitée naturellement lors des entraînements spécifiques (il n’y a qu’à poser ses mains sur ses abdos en courant pour s’en rendre compte), de plus sans se courber.
Par contre ici encore le gainage sera très intéressant.
Il n’y a qu’à être non expert pour s’en rendre compte, lors du footing de reprise, le joggeur découvre qu’il a des muscles posturaux (intercostaux, lombaires, abdominaux…) et risque de le ressentir pendant une semaine.
Et il ne le comprend pas car il ne s’est servi que de ses jambes.
Il va donc être indispensable de les travailler par du gainage pour les non experts comme les experts.
La différence s’entendra d’ailleurs entre ses deux types de coureurs (l’un fera un bruit d’éléphant lorsque ses pieds toucheront le sol, quand le kényan pourrait passé inaperçu en courant sur du cristal).
Cette différence pourra se combler par un travail de gainage, mais sera également utile à l’expert, afin de renforcer cette région très sollicitée de par les milliards de chocs qu’il a déjà eu avec le sol et aura encore, afin de lui éviter des problèmes dorsaux comme des hernies discales, des lordoses…

Si le but recherché est de posséder des belles « tablettes de chocolat » pour le bodybuilding où la plage, alors le crunch est la meilleure solution.

Sinon il faudra le supprimer de sa préparation physique et le remplacer par différents types de gainage.

 

Sébastien Tonto (www.sebastien-tonto-blog.com/)
Il est vrai que depuis peu, le gainage a tapé du poing sur la table au profit des crunchs, réputés à termes, problématiques pour le dos. Le gainage me paraît absolument essentiel pour se forger une sangle abdominale esthétique mais aussi fonctionnelle.

Il ne faut pas négliger les actions de la vie courante. A savoir, que beaucoup de pratiquants, s’entraînent pour le plaisir et pour leur santé. Tout le monde ne souhaite pas exceller et performer mais retrouver un peu de bien être et d’énergie.

Etre bien dans ses baskets c’est aussi ne pas peiner en portant les sacs de courses ou vociférer dès que l’on doit se pencher pour ramasser quelque chose du sol. Et dans ce cas, mais aussi pour de nombreux sportifs cherchant à améliorer la qualité technique de leur geste, ils trouveront une panacée dans le gainage.

Mais il n’est pas parole d’évangile non plus ! Pour éviter les problèmes de dos, un assouplissement régulier de la colonne vertébrale doit être, je pense, à l’honneur pour une prévention honnête. Sans assouplissement les gainages pratiqués régulièrement ne sont pas mieux que les crunchs et ceci on ne l’entend pas souvent. Il n’y a pas de poudre de perlimpinpin, un muscle se travaille toujours, à mon sens, de façon holistique, sous plusieurs angles et en tenant compte de son antagoniste mais aussi de leurs souplesses respectives! C’est une approche santé incomplète que de dire que le gainage guérit tout les maux du crunch.

Plus personnellement je travaille beaucoup plus sur des exercices de type gainage que sous forme de crunch. Cependant, je ne crache pas dans la soupe, les crunchs ont aussi leurs avantages et ils ne doivent pas pour autant devenir une bête noire non plus! Un juste milieu est de rigueur. Etant donné que les connaissances avancent encore à l’heure actuelle, il faudra savoir s’adapter au fur et à mesure et rester humble dans son enseignement en favorisant cet équilibre. Et cela se vaut en toute chose.

 

Thomas Getin (Training Academy - www.trainingacademy.fr/)sangle abdominale  Sangle abdominale : faut il faire des crunchs ?
Pas de crunch non plus de mon côté pour les raisons déjà citées au dessus. La fonction des abdos est de stabiliser, donc sur de l’entraînement fonctionnel on les entraîne de cette manière… Après sur des sports comme le basket, idéalement on les entraîne sur les pieds et en mouvements.

 

 

 

Xavier Roy (XR Performance – xrperformance.net)sangle abdominale  Sangle abdominale : faut il faire des crunchs ?

Je te proposes différentes approches. Pour le bodybuilding, plusieurs adeptes croient que le fait de faire d’innombrables séries de crunch va les aider dans leur préparation. La diète avant tout et peut-être que j’intégrerai quelques exercices de crunchs avec des paramètres très conservateurs parce que le six pack est un pré-requis dans ce sport.

Pour un athlète, la flexion de la colonne vertébrale est observable dans des sports comme le plongeon, en gymnastique par exemple. Dans ces cas-ci, une capacité à effectuer un crunch est requis par la nature du sport. Pour les autres sports comme le football, soccer, hockey, etc., j’entraîne davantage les antis (anti-flexion, anti-extension, anti-flexion latérale, anti-rotation). Je suis beaucoup les recommandations du Dr. Stuart McGill à cet égard. La seule exception pour moi est le reverse crunch afin de renforcer les obliques externes, essentiels dans la bascule postérieure du bassin. Le push-up est également intéressant pour recruter ces muscles.

Toutefois, malgré le fait qu’il est préférable d’entraîner les abdominaux en termes de stabilité, il est important de s’assurer d’un équilibre optimal entre stabilité et mobilité. Ce constat peut s’appliquer aux crunchs et certaines variations de moindre amplitude qui peuvent aider à rétablir un manque de mobilité au niveau de la colonne vertébrale afin que la personne puisse atteindre le minimum requis. Une fois ce minimum atteint, on travaille en stabilité.

 

sangle abdominale  Sangle abdominale : faut il faire des crunchs ?Ludovic Bois (Limoges Handball 87 et Pôle Espoir Handball Limousin)
Je suis d’accord avec la majorité des dires précédents, mais je rajouterai un coté qui n’a pas été traité.

Je peux l’utiliser durant l’échauffement avec quelques répétitions (consigne d’enfoncer le nombril pour avoir le dos aplati..) qui ne feront pas de mal et en rajoutant un croisé on mobilise les obliques et transverses.

 

 

Merci à eux pour leur réponse !

 

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Par Xavier Barbier

sangle abdominale  Sangle abdominale : faut il faire des crunchs ?

Préparateur physique pour la Lisses Sport Académie. J'ai obtenu en 2003 une Licence en sciences du sport avec une spécialisation en entrainement et performance athlétique. En savoir + >>



9 réflexions au sujet de « Sangle abdominale : faut-il faire des crunchs ? »

  1. Je suis instructrice Pilates, dans cette méthode l'engagement des muscles pelviens et du transverse sont obligatoire sur les mouvements en Pilates. Évidement les crunchs accentuent la descente des organes vers le bas car personne ne parle de la contraction periné et chercher a creuser le ventre, sur les mouvements de crunch le ventre ce bombe et c'est le danger.

  2. Bonjour Superlightman,

    L’exception ne peut pas être prise comme règle.
    Enfin, il y a une nette différence entre la douleur et la présence ou non d’une pathologie.

    Xavier Barbier
    XavierBarbier.com
    PerformanceAthletique.com

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