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3 leçons à (ré)apprendre du Crossfit

J’ai déjà rédigé plusieurs articles sur le Crossfit. Si on en juge par les commentaires et e-mails haineux, certains pratiquants du Crossfit ne sont pas très ouverts à la critique, même constructive. 

Cela va donc en surprendre certains, mais je vais plutôt dire du bien du Crossfit aujourd’hui.

Non, je ne pense toujours pas que le Crossfit est une méthode de préparation physique.

Oui, je pense que le Crossfit est un sport.

Donc, les pratiquants de Crossfit développent les qualités physiques et techniques pour être bon… Au Crossfit.

Prétendre le contraire serait, comme dirait Fred Aubert, de “l’escroquerie méthodologique”, une “bouaillaisse” sans lien avec les demandes du sport.


Fred Aubert – Préparation Physique Intégrée ? par mart1buch

Si on “adapte” le Crossfit en fonction du sport… Et bien on fait un truc qui existe déjà. Cela se nomme de la préparation physique.

Je reste donc sur le fait que le Crossfit n’est pas la solution miracle pour une préparation physique.

A savoir si c’est un ami ou un ennemi pour le sportif Tout dépend de l’encadrement !

Ce n’est pas un jugement pour savoir si le Crossfit est un bon sport ou non. Ce serait comme juger si l’athlétisme est un bon sport ou non. Un sport n’est pas de la préparation physique. “On ne se prépare pas A en faisant COMME”.

 

Ceci étant dit, je vais vraiment, mais VRAIMENT dire du bien du Crossfit à présent !

Car il y a, malgré ce que l’on peut reprocher au Crossfit, moi le premier, des points positifs.

Ce ne sont pas des nouveautés. Mais le Crossfit a au moins l’intérêt de faire un piqûre de rappel sur des notions parfois tombées dans l’oubli des salles de “sport” ou de “fitness”, et auprès des entraineurs.

 

1 – L’intensité

S’il y a quelque chose que l’on ne peut pas reprocher au pratiquant du Crossfit, c’est qu’ils mettent une sacrée intensité lors des séances. Certains ont presque réussi à faire croire aux sportifs que de courir à 2km/h sur un tapis de course et de pousser/tirer 25 fois des poids légers, sans forcer et sans transpirer, allait vraiment avoir un impact sur leur niveau de force, d’explosivité, leur cardio ou leur masse grasse. C’est sûr, c’est plus facile à gérer pour les responsables des salles…

J’ai la chance de soutenir des sportifs de tous niveaux. Du guerrier du dimanche matin, au sportif pro ou de haut-niveau. Même s’il ne faut pas confondre être fatigué et courbaturé avec le fait d’être productif, ceux qui progressent le plus sont souvent les plus intenses.

 

2 – Les filières énergétiques sont interdépendantes

Si vous ne connaissez pas les filières énergétiques, je vous invite à googliser ce terme.

Pendant longtemps, on était presque tombé dans une guerre entre filières énergétiques. Un sport était aérobie ou anaérobie, lactique, alactique, etc.

Dans un match de football, le joueur parcourt 10 km. Donc c’est un sport d’endurance.

Ainsi, de nombreux entraîneurs de sport collectif s’orientaient vers une préparation physique identique à l’entraînement d’un coureur de fond.

D’autres, dont la vision étant plus orientée explosivité, s’orientaient vers de la préparation physique identique à l’entraînement d’un sprinter. 

La réalité est plutôt que les sports sont à dominante sur l’une des filières. Mais qu’elles ont besoin l’une de l’autre. Si vous prenez la majorité des sports collectifs, vous avez besoin de la filière anaérobie alactique pour les efforts explosifs ET de la filière aérobie pour pouvoir les répéter un grand nombre de fois dans la rencontre. D’où la nécessité de développer les deux filières. Pas une seule. 

Le fait d’entraîner la force et l’aérobie ou le lactique dans la même séance est discutable. Certes.

Le besoin d’adapter le développement des filières énergétiques selon les besoins de chaque sport est indispensable. Évidemment.

Je sais, la planification de l’entraînement et la hiérarchisation des qualités physiques selon le sport sont indispensables pour la performance sportive.

J’en conviens, réaliser un grand nombre de mouvements d’haltérophilie n’est pas recommandé.

Mais au moins, le déroulement d’une séance Crossfit a pour conséquence de réunir 2 pratiques qui ne se croisent généralement pas en salle de fitness (la musculation ou la cardio), et des filières que certains entraîneurs voudraient opposer. 

3 – Le positif est contagieux

C’est un point commun. Avec l’ère des immenses salle low cost “usines”, certaines personnes me contactent déçues de l’individualisme des immenses salles de fitness pour retrouver une ambiance plus familiale où les gens se saluent, échangent avant et après les séances (pas pendant !). Je dis souvent que l’ambiance des séances semi-privées est plus proche de celle d’une équipe ou d’un club que d’une salle de fitness classique.

Sur ce point, je dois bien avouer également que le Crossfit réussit le développement d’une communauté. D’une vraie communauté qui se challenge et se défie.

Je sais, les compétitions au temps lors des WOD laissent parfois à désirer concernant la qualité d’exécution des mouvements, le placement, la sécurité. On ne va pas refaire la liste des dangers liés au Crossfit lorsqu’il est mal (ou pas) encadré.

Mais reste là l’un des fondements du sport, un de ses moteurs : se mesurer à autrui. Le Crossfit réussit parfaitement à mettre cette culture en avant et de la rendre contagieuse.

Au final, il n’y a pas grande différence entre le gosse qui joue à faire la course dans la cours de récréation et le sportif qui souhaite être le meilleur dans son sport.

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