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Baseball : gare aux obliques ?

Un vent de panique a soufflé sur le monde du baseball à la fin de la présaison en MLB. Il semblerait que la multiplication des blessures aux obliques (une partie de la sangle abdominale qui se compose également, au sens le plus large, des muscles transverses, grands droits, ainsi que des carrés des lombes) ait intéressé les medias américains plus que d’habitude.

Difficile à dire s’il s’agit d’un effet de mode ou d’une réalité, mais les blessures aux obliques pour les sports de lancer (handball, football américain, baseball), ainsi que les sports de raquette ou de frappe (baseball encore), ne sont pas une nouveauté. Peut-être que maintenant les médias se sont habitués aux blessures à l’épaule et que, comme ces dernières ne sont plus assez suprenantes, ils portent leur attention sur d’autres blessures.

Mais si on porte une attention particulière au geste du lancer, il n’est pas surprenant que les déchirures des obliques surviennent. Pensez juste que la force produite lors du geste est à terme capable de déchirer les tissus de l’épaule, d’inflamer les muscles sollicités et de nettement modifier l’amplitude de mouvement de l’articulation de l’épaule.
Peu de gestes sont autant traumatisants.

Pourquoi les autres muscles impliqués dans le lancer ne seraient-ils pas suceptibles de souffir également ? La sangle adbominale n’y faisant pas exeption puisqu’elle permet de transmettre les forces issues de la poussée sur le sol vers le reste du corps. Un joueur de baseball doit transférer cette force à travers une chaine musculaire depuis le sol par les hanches, puis par la sangle abdominale vers la main ou la batte/raquette. Si un des maillons de la chaine est faible, c’est lui qui risque de se rompre.

Un maillon qui devient faible peut être le résultat d’une multitude de causes, sans compter les asymétries.

En effet, une des spécificités du baseball, comme pour le quaterback au football américain, est l’importante dissociation des tâches entre les membres droits et gauches (propulsion, stabilisation, lancer) et l’important volume de répétition du geste.
Il en résulte de fortes différences de mobilité, de force et de stabilité entre la droite et la gauche.

Tristement, un déséquilibre vous mène généralement à compenser à d’autres niveaux. Vous sollicitez alors plus souvent certains muscles et articulations que dans l’idéal.

Passons en revue quelques-unes de ces problématiques :

1- Selon une étude de 2007, un taux plus important de lanceurs présente une différence d’amplitude de mouvement au niveau la hanche entre les deux jambes. Plus que chez des joueurs de tennis.
Dommage car cette étude semble indiquer que l’amplitude de mouvement de la hanche a une influence directe sur le geste du lancer et sur sa vitesse.
De plus, ceci va être à l’origine d’une compensation au niveau des muscles obliques.

2- Contrairement à l’idée reçue, les membres inférieurs participent grandement à l’efficacité du lancer ou de la frappe comme le laisse à penser ces autres études ICI et ICI.
Si vous êtes moins efficace dans la production de la force nécessaire au lancer à partir de vos jambes c’est plus loin dans la chaine musculaire que vous allez généralement chercher pour produire plus de force.
Moins d’amplitude de mouvement à la hanche = plus de risque de blessures, notamment pour la sangle abdominale.
C’est d’ailleurs la conclusion de cette nouvelle étude.

3- D’autant que l’entrainement de la sangle abdominale est parfois (souvent ?) inadapté au besoin du joueur de baseball.

Je veux dire par là que vous pouvez oublier les exercices d’abdominaux classiques, à savoir les crunch, les rotations ainsi que les extensions lombaires. En plus d’être dangereux pour vos vertèbres, ils ne vous permetront pas d’être plus efficace.

Mais alors question : “d’ou viennent ces courbatures aux abdominaux coté opposé au bras lanceur ?”
Ma réponse :
1- Peut-être que vous ne transférez pas assez votre poids de corps vers l’avant et demandez aux obliques trop de travail.
Solution ? : Ecoutez votre coach pour améliorer votre technique !
2- Peut-être que votre entrainement de la sangle abdominale n’est pas optimal et que celle-ci n’est pas prête.
Solution ? : continuez à lire cet article.

Car une étude de 2008 a démontré que les exercices classiques d’abdominaux ne reproduisaient pas le travail musculaire qu’il leur était demandé lors du lancer.
Donc pourquoi entrainer un muscle pour un travail qu’il ne fait pas ?

Ainsi peut-être est-il mieux de se concentrer sur les membres inférieur, sur un gainage optimal en rotation et sur la capacité à utiliser l’énergie élastique (même principe que la pliometrie) au niveau de la sangle abdominale.

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