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Endurance de force : analogie du verre

 

Suite à une discussion avec des combattants à la Lisses Sport Académie au sujet de l’endurance de force : analogie du verre.
La base est la force. La hauteur l’énergétique. Le volume total est l’endurance de force.
Différentes façon d’obtenir un “volume” important d’endurance de force. Choisir la stratégie en fonction du sport, vos besoins et du temps disponible.
Mais choisir uniquement la force OU l’énergétique est une mauvaise idée.  Un verre fin de 3m de hauteur est fragile. Vous ne voulez pas être fragile.

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A propos des genoux vers l’intérieur lors du squat

“Il faut pousser les genoux à l’extérieur sur le squat” – “Il faut lui dire de pousser les genoux à l’extérieur lors du squat”.

Comme beaucoup de professionnel de la santé et du sport, j’entends ces recommandations sur le comportement des genoux lors du schéma moteur accroupissement lorsqu’il est réalisé lors de l’exercice du squat. Ce sont même parfois des consignes données par le coach / préparateur physique / kiné lui même.
Pour être direct, je pense que ces consignes sont inefficaces, donc inutiles.
Il faut en effet éviter un valgus des genoux et les avoir vers l’extérieur pour plus d’efficacité mécanique et pour une meilleures santé à long terme des genoux.
Mais la mauvaise réalisation est la cause d’une mauvaise sélection de l’exercice par l’encadrant, et des consignes comme ‘pousse les genoux à l’extérieur”, même hurlées, n’y changeront rien. Ce n’est pas la bonne approche.

1/ C’est le rôle du coach de veiller à la bonne exécution….

Ces consignes sont constamment répétées ……et pourtant l’erreur est répétée séances après séances, semaines après semaines. Dans son ouvrage Strength training and coordination: an integrative approach, Frans Bosch revient sur différentes études sur la rétention à long terme de l’apprentissage (Winstein, 1990). Si la répétition de consignes est importante, moins la rétention est maintenue sur le long terme. C’est la répétition du mouvement, et la comparaison des différentes organisations du mouvement, qui permettent le mieux la rétention. Autrement dit, le cerveau apprend le mouvement par la répétition, pas par le hurlement de consignes.
Donc si l’objectif est d’enseigner un schéma moteur ou un exercice il faut mieux parfois se taire…ou régresser dans la sélection de l’exercice.

2/ “ Mais moi je fais de la mobilité avant la séance de squat”…

C’est un début ! La tendance à la “mobilité” en ce moment. Mais les études récentes (Louis P. Howe, 2016) laisse à penser que les gains en mobilité n’ont pas d’effets positif sur la réalisation des tâches complexes. Avoir des exercices visant à améliorer la mobilité articulaire va permettre de libérer des possibilités de mouvement qui ne seraient pas disponibles autrement.
Cependant, modifier les amplitude articulaires n’est pas ce qui permet de modifier l’exécution des schémas moteur complexes.
Si c’était le cas, toutes les personnes démontrant une mobilité correcte à l’épaule et sur la montée de jambe tendue lors des tests FMS, devrait démontrer une exécution correcte sur les tests de schémas moteurs du FMS. C’est pourtant loin d’être le cas.

3/ “Il faut renforcer les muscles de la hanches, petits et moyens fessiers, mettre des mini bandes élastique car il ne sont pas assez fort pour maintenir de genoux en place.”

Faux.
Les muscles responsables de maintenir l’alignement du genoux sont des muscles que l’on caractérisent comme toniques / à bas seuil d’activation. Ils faut donc les entraîner dans leur fonction. Leur fonction est de maintenir une tension musculaire constante, faible, pour maintenir les alignements. La solution de “faire du renforcement musculaire” pour ces muscles c’est avoir une approche de muscle phasiques / haut seuil d’activation. Mauvaise stratégie.
Le problème des muscles toniques est d’avoir la bonne tension musculaire au bon moment. C’est un processus inconscient, réflexe et décentralisé. Bien trop rapide pour réagir à une consigne “pousse les genoux vers l’extérieur”.
Sinon, pourquoi même des personnes présentant un haut niveau de force présentent ce valgus des genoux lors d’un squat…ou alors adoptent une base très large au sol….ou avec le pieds fortement pointés vers l’extérieur ?

Et au fait, bonne chance lors de la compétition ou de test. Ou alors c’est que vous pensez que la personne va vous entendre hurler dans sa tête. Sinon, cela n’arriverait pas :

4/ “Donc on laisse les genoux partir vers l’intérieur ?….

Le problème est que la personne ne réalise pas que ces genoux partent vers l’intérieur. Le problème se situe au niveau du feeback proprioceptif. Lorsque l’on place une bande élastique autour des genoux lors de l’exercice du squat chez les personnes avec un valgus, il n’est pas rare d’entendre “en fait, si je n’ai pas l’élastique, je ne le sens pas que mes genoux vont à l’intérieur”. Même résultat avec les enroulements PRO-FTS. En plein dans la cible. C’est un processus inconscient, réflexe et décentralisé.
Si les sensations sont également entre autre dans les muscles fessiers, ce n’est pas qu’ils se renforcent. C’est juste qu’ils sont enfin obligés d’être actifs pour réaliser leur fonction : stabiliser le genou.
Des consignes de réalisation, même données avec conviction par l’encadrant, de remplacent pas une bonne sélection de l’exercice, ou une variation.
Tout dépend ensuite si l’objectif est d’entraîner un exercice, le squat ici, ou bien à développer la force dans un schéma moteur correct.

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Pourquoi votre programme spécial détente verticale est une escroquerie

La corrélation entre performance lors d’un test de détente verticale et les performances de vitesse (changement de direction et agilité réactive), ainsi que les performances dans le jeu sur le terrain est loin d’être certaine. Ce n’est pas parce que vous sautez haut lors d’un test de détente verticale que vous allez automatiquement être rapide ou performant dans le jeu. Non, non, n’essayez pas de faire un raccourci, de me dire que c’est évident que si et que pourtant blablablabla…. ! Trouvez-moi des faits prouvés (comprendre études scientifiques), entre les tests de détente verticale et des situations de vitesse multidirectionnelle réactive (j’insiste sur le réactif !!). Bonne chance !

vertical-jump

Malgré tout, les sportifs ont toujours voulu impressionner les entraîneurs. Surtout lors des tests physiques. Surtout car l’entraîneur décide qui est sur le terrain, ou pas. Donc quand l’entraîneur fait des tests, il faut être bon dans les tests. C’est pourquoi de nombreux joueurs cherchent à améliorer leur détente verticale. Vous pouvez ainsi trouver et télécharger de nombreux programmes d’entraînement “spécial détente” déjà tout prêts. C’est magique, il n’y a qu’a suivre le programme !

Tellement magique que c’est comme croire au Père-noel !

Le profil Force-vitesse, est une mesure de vos qualités musculaires. C’est-a-dire, savoir si vous êtes plus efficace pour produire un haut niveau de force (à vitesse lente), une vitesse élevée (à faible force), ou bien avec un profil “équilibré”.

Quel lien avec la détente verticale ? Simple : il existe un profil Force-vitesse optimal théorique qui vous permet de sauter le plus haut possible.

Si vous ne connaissez pas votre profil, vous ne pouvez pas le comparer avec le profil optimal théorique et donc vous ne pouvez pas savoir ce qu’il vous faut travailler : force ou vitesse ?

Prenons un cas concret avec le graphique ci-dessous, une mesure d’un profil F-v.

profil force vitesse

Un déficit de force maximale (à gauche) est identifié en comparaison avec le profil optimal théorique. Si le programme propose principalement des efforts à haute vitesse (vers la droite), ou de puissance (au milieu), ou un peu de tout, votre entrainement ne sera pas le plus efficace possible. Voir pas efficace du tout.

Cela veux dire que vos exercices de pliometrie tout mignons ou votre beau cycle de stato-dynamique n’aura pas d’effet positif sur votre détente.

Donc, comment un programme “spécial détente” tout prêt à télécharger peut-il correspondre à votre besoin et être efficace ? Réponse : la chance, le hasard.

Outre la question du profil F-v, comment faire des recommandations sur les exercices à utiliser sans rien connaître de l’historique des blessures, douleurs, ou bien encore de la période dans l’année et du planning des compétitions ?

C’est comme vouloir un diagnostique du médecin, mais sans RDV. “Vous avez mal à la tête ? Mettez cette pommade anti-inflammatoire sur votre genou. Ça va peut-être faire effet !”.

Les sportifs sérieux connaissent l’importance des évaluations et de l’individualisation de l’entraînement qui doivent en découler.

 

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A lire : Entraînement Fonctionnel

Tous les préparateurs physiques et coachs devraient posséder des connaissances sur l’entrainement fonctionnel.

Non, ce n’est pas faire n’importe quoi sur les surfaces instables. C’est comprendre comment fonctionne le corps. Bien au delà de l’anatomie tel qu’elle est enseignée dans les formations.

Le livre de Sébastien Bême et Benjamin Dumortier vous propose une plongée dans une philosophie de l’entrainement centrée sur le corps humain.

Vous pouvez vous procurer le livre sur la boutique Gymsanté : Entraînement Fonctionnelcovertureebook (1)

Voici un large extrait de ce livre :

Il est important de comprendre que les articulations et les muscles travaillent dans un système continu, sous contrôle du système neuromusculaire, assurant ainsi la sécurité de la chaîne cinétique.

En termes simples, il s’agit d’observer le fonctionnement de ce pour quoi le corps a été programmé. Par exemple, une flexion sur une jambe nous apprend beaucoup plus sur la capacité fonctionnelle des adducteurs qu’un effort de résistance à l’adduction couché sur une table.

En réalité, l’observation du mouvement peut être faite à partir de n’importe quel exercice fonctionnel ou de n’importe quelle partie de ce même exercice.

Même si cela peut sembler très compliqué au départ, les mouvements de bases et ses options correspondantes permettent une expérience véritable, révélant une infinité de possibilités. Facilitant l’identification des dysfonctionnents, la possibilité de création de programmes réellement personnalisés est dès lors possible, avec la mise en place de tests fonctionnels rapides pour qualifier les progrès.

Entraînement Fonctionnel ou kinésithérapie

L’objectif n’est en aucun cas le remplacement du corps médical. Les entraîneurs, préparateurs physiques et coaches sportifs n’ont pas les compétences pour soigner. Par contre, s’offrir une détection précoce des dysfonctionnements mécaniques ou des asymétries permettra une forte réduction des risques de blessures ou des troubles quotidiens.

De même, après l’intervention d’un kiné ou d’un ostéopathe réparant le trouble (tendinopathie, entorse, blessure musculaire, blocage articulaire, réhabilitation chirurgicale, résolution de problèmes oculaires, etc.), cette manière de travailler évitera ou résoudra les déséquilibres, inévitables à moyens ou longs termes.

Les tests fonctionnels

Les tests seront classés en fonction de la comparaison entre les côtés droite-gauche et la capacité d’exécution d’un mouvement dans son ensemble. Les appréciations de la qualité et de la fluidité seront également importantes.

Au final, la mise en place de ces tests couplés avec une stratégie d’amélioration des mouvements permet une approche prophylactique (prévention des blessures) et une amélioration de la souplesse et de la stabilité. Ces dernières citées pourront alors être développées pour améliorer les performances, servant de base à la force et à la puissance.

L’amélioration des schémas moteurs fonctionnels est donc une préparation physique avant la préparation physique, le programme de réathlétisation nécessaire après une blessure ou une opération.

A qui s’adresse ce livre et donc l’entraînement fonctionnel ?

La lecture de ce livre et donc l’application de l’Entraînement Fonctionnel cible 100% de la population française que ce soit dans un but professionnel (prévention), sportif (préparateurs physique ou entraîneurs) ou de bien être (réduction des douleurs quotidiennes).

l’Entraînement Fonctionnel a montré (en Amérique du nord notamment) qu’il est tout à fait capable de remédier à un très grand nombre de douleurs récurrentes, de blessures apparemment ingérables (liées au hasard !). Le sport aussi a montré ses bienfaits dans le domaine de l’entreprise (augmentation de la productivité, baisse des absences).

Cible compétition

Les clubs de sports et entraîneurs

l’Entraînement Fonctionnel est la cible prioritaire des préparateurs physiques, entraîneurs, clubs sportifs et salles de remises en forme.

Il est socialement important, voir vital, que les professionnels du sport prennent conscience de leurs obligations et des immenses possibilités qui s’ouvrent à eux.

Combien de tests cohérents (en dehors des performances pures et de la capacité à faire un geste d’entraînement) les salles de remises en forme pratiquent-elles ? Pourtant, le premier objectif des adhérents est la santé (source Anses). L’intérêt de proposer directement des cours collectifs ou l’usage de machines guidées sans évaluation des déséquilibres et des asymétries des adhérents peut se poser.

Combien de clubs de sport observent les limitations fonctionnelles des nouveaux adhérents ? Pourtant ils pratiquent tous (ou presque) des tests physiques de performance !

Que vaut une performance si le fonctionnement du corps n’est pas optimal ? Rien ! Elle est sous-évaluée et surtout potentiellement dangereuse : l’orientation et la détection des sportifs en clubs de sport ne prenant en compte que des qualités sportives est la porte ouverte aux graves blessures mais aussi aux erreurs d’orientation. Le parcours client/adhérent ou fédération/athlète doit intégrer cette évaluation !

Les sportifs

L’Entraînement Fonctionnel intéressera aussi les sportifs, qui sont pour la grande majorité exclusivement axés sur la performance. Ils comprendront alors l’importance de l’amélioration générale du physique prolongeant la carrière sportive, réduisant les défauts souvent apparentés à une génétique irrécupérable, diminuant les blessures (progression optimisée par une plus grande assiduité à l’entraînement). L’optimisation du potentiel par cette démarche amènera à une optimisation des performances pures.

Les non-compétiteurs

Les sédentaires, les sportifs loisirs et les personnes souffrant régulièrement de troubles physiques (maux de dos, tendinites, raideurs quotidiennes, etc.) sauront tirer profit de ce type de pratique sportive.

En effet, le fonctionnement de l’organisme se dérègle naturellement en compensant par des postures incorrectes, des douleurs passagères, des gestes douloureux. Si ces compensations ne sont pas détectées, elles s’autoalimentent pour produire des douleurs chroniques, amplifiant ou accélérant les problèmes articulaires, les blessures bénignes (lombalgies, syndrome rotulien par exemple).

La vie professionnelle devenant particulièrement répétitive (postures longues devant un ordinateur, téléphone vissé à l’oreille, gestes répétitifs) est nécessairement génératrice de ces troubles : Les TMS (Troubles Musculo-Squelettiques). Ces TMS sont responsables de la plupart des blessures et des douleurs du quotidien (voire de beaucoup de maladies, type dépressions, névralgies…).

Les entreprises

De même, les entreprises font nécessairement partie de la cible de l’Entraînement Fonctionnel. Les TMS sont la première cause des arrêts de travail en France (85% en 2010). Ils correspondent à l’une des principales causes de démotivation et d’absentéismes répétitifs, baissant ainsi la productivité. Ils sont également le premier poste de dépense de la santé professionnelle provoquant ainsi une augmentation des charges patronales.

C’est pourquoi le Plan Santé-Travail (2010-2014) place la lutte contre les TMS en première position. Des entreprises pilotes (Michelin, Toyota, Mobalpa, hôtel Lutetia à Paris) ont montré la grande potentialité de proposer une activité physique à leurs employés. Les bénéfices humains (plus grande cohésion comparée à un stage de cohésion) et financiers (diminution des coûts) ont été démontrés. Ajoutez-y le coût de l’Intérim et de la formation pour les remplacements d’arrêts de travail, l’équation financière est simple à comprendre. Tellement simple qu’une rencontre entre le Medef et le CIO (septembre 2012) a débouché sur un accord visant à promouvoir l’activité physique au sein des entreprises.

Entreprise Agroalimentaire et exploitations agricoles, commerce, métallurgie, BTP, habillement, imprimerie, industrie pharmaceutique, services aux entreprises et à la personne… les TMS touchent tous les secteurs d’activité sans distinction et concernent toutes les entreprises, quelle qu’en soit la taille.

Post blessure ou post-opératoire

Les personnes ayant eu une correction (prothèse articulaire, semelles orthopédiques, chirurgie réparatrice voir correction de la vue à l’aide de lunettes) seront également intéressées par l’entraînement fonctionnel.

En effet, chaque intervention, chaque modification sur le corps implique une correction naturelle des schémas moteurs et de la coordination. Ces corrections amèneront obligatoirement à des déséquilibres.

A termes, ces déséquilibres, provoqués par des gestes répétitifs ou le maintien de positions statiques longues, dégénéreront très probablement en troubles musculaires ou articulaires (mal de dos, migraine avec nuque raide, sciatiques…).

Et la médecine ?

Enfin, les professionnels de la santé (chirurgiens, kinésithérapeutes, ostéopathes, podologues, orthopédistes, dentistes) pourront aussi largement bénéficier des notions de mouvement primaire.

En allant exclusivement à la remise en état d’un fonctionnement ‘normé’ des différentes parties du corps, la politique actuelle de la santé génère de futures dépenses. La prévention et surtout le rééquilibrage du fonctionnement de l’organisme n’est pas possible par leurs interventions (non remboursement, réduction drastique du nombre de séances de rééducation). Vos patients, bien que soignés, ne sont pas complètement opérationnels et risquent des rechutes, des déséquilibres provenant de vos interventions.

C’est donc le rôle des préparateurs physiques, des coaches que de les prendre en main à l’aide de vos indications pour re-fonctionnaliser vos patients.

La démarche de ce livre sur l’Entraînement Fonctionnel

Plus que des outils, Nous essayons d’apporter un mode d’emploi pour utiliser l’Entraînement Fonctionnel.

Le contenu de ce livre n’est pas une simple liste de tests et d’exercices à proposer pour améliorer la mobilité.

La démarche est clairement de former les lecteurs pour comprendre et adhérer à la démarche de l’entraînement fonctionnel (Functional Training chez nos amis anglo-saxons). Les ouvrages et références en matière de tests fonctionnels sont rares et presque exclusivement disponibles dans la langue de Shakespeare. L’accessibilité est donc difficile pour la plupart de nos concitoyens.

Les sources des tests fonctionnels

Ainsi, en prenant appui sur ce qui fonctionne outre-Atlantique (Functional Movement Screening™, SEBT™, Applied Functional Science™, Physical Solutions, etc.) et en les personnalisant, vous pourrez produire vos propres tests et surtout propres programmes de préparation physique préalable (réathlétisation, normalisation de la mobilité…).

Quels tests fonctionnels ?

Vous trouverez, dans ce livre, une batterie de tests permettant à l’évaluateur d’avoir une impression claire des qualités fonctionnelles de mouvements du testé. Ils sont conçus pour mettre en évidence les points forts et les points faibles des chaînes cinétiques et ainsi révéler les défauts et les compensations potentiels.

Les tests sont :

  • Facilement reproductibles.
  • Peu gourmands en équipement.
  • Conçus sur la base des séquences des mouvements primaires.
  • Applicables à tous les groupes d’âge et à tous les niveaux.

Domaine d’application

Les variations des tests décrits sont celles utilisées dans la réadaptation et la remise en forme. L’objectif est que l’évaluation fonctionnelle devienne monnaie courante dans ces domaines.

Comment utiliser les tests fonctionnels ?

Après l’exécution des tests, l’analyse des dysfonctionnements pourra être entreprise non pour quantifier, mais pour qualifier des déséquilibres, des ruptures de fonctionnalités. L’objectif de l’entraînement fonctionnel vise un amoindrissement de ces derniers, au travers une reprogrammation neuromusculaire et non une rééducation chiffrée (réservé au domaine médical).

Soyez logique dans votre démarche

Lorsque l’analyse est faite, le choix des exercices et des séances sera présenté de manière à permettre un travail logique : Du plus urgent/dangereux pour le fonctionnement vers le moins problématique.

Pourquoi ? La plupart du temps, les différents déficits découlent d’une cause commune qui provoque des effets en cascades (le célèbre effet papillon). Remédier à cette cause résout ainsi de nombreux aspects visibles lors de l’évaluation dynamique initiale. Rechercher la cause principale et travailler dessus simplifie la problématique.

Ensuite, lors de réévaluations, seuls les dysfonctionnements distincts réapparaissent. Ces dysfonctionnements seront alors à travailler. Le gain de temps et d’efforts est ainsi considérable.

L’Entraînement Fonctionnel et le sport

Finalement, vous découvrirez comment insérer le Functional Training dans l’entraînement :

  • soit dans un but de réhabilitation : certains déséquilibres, tellement ancrés, nécessiteront de les travailler indéfiniment pour éviter qu’ils ne réapparaissent à la première occasion,

  • soit en prévention, notamment lorsque l’activité à l’origine des déficits ne peut être modifiée ou stoppée ou quand le sport est asymétrique comme le tennis.

Vous pouvez vous procurer le livre sur la boutique Gymsanté : Entraînement Fonctionnelcovertureebook (1)

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Proprioception, contrôle moteur et préparation physique

Article invité : Arnaud Ferec préparateur physique et fondateur de PRO-FTS™ une méthodologie d’entraînement qui propose l’acquisition de techniques de stimulation et de modification de la motricité via la proprioception et le contrôle musculaire. Plus d’informations sur nos formations: www.pro-fts.com
Extrait du livre: Techniques de reprogrammation motrice.

Pour ceux qui n’ont pas le temps.

  1. La proprioception = informations provenant de la stimulation de récepteurs ligamentaires, musculaires et articulaires pour créer la conscience du corps.
  2. La proprioception n’est pas l’équilibre mais participe à sa régulation. La proprioception est faîte d’informations conscientes et inconscientes.
  3. Le contrôle moteur ou l’orchestration du mouvement, est le traitement des informations (proprioceptives + sensorielles) + contrôle musculaire + les intentions dans l’exécution de tâches spécifiques à un instant T.
  4. Proprioception et contrôle musculaire sont liés, d’où la proposition de travailler la proprioception par l’augmentation de la qualité contractile dans des positions spécifiques.
  5. L’ajout de bandes élastiques enroulées sur le corps permet également de jouer sur la production des informations proprioceptives.
  6. La proprioception n’est pas seulement un mécanisme de pro-action mais aussi de pré-action d’où l’importance d’être en contrôle de son corps.

 

Dans notre petit monde de l’entraînement sportif, en 2015, il est difficile d’ouvrir une page internet ou un livre sans que les termes de proprioception ou de contrôle moteur ne soient glissés ici et là.

Si vous arpentez les blogs et pages Facebook qui parlent d’entraînement, vous avez forcément croisé des articles et vidéos sur la proprioception. Que l’on soit en train de s’informer sur la prévention, sur la réhabilitation/réathlétisation, sur l’optimisation des performances ou bien sur la récupération, c’est certainement l’un des mots les plus fréquents et pourtant l’un des plus mal utilisés. Les erreurs et la vulgarisation à outrance ont sorti ce mot et les méthodes qui l’accompagnent hors de son contexte. Dans l’esprit de la majeure partie des gens – et certainement bien plus en fait – quand on évoque la proprioception, on se réfère à des exercices d’équilibre… Le fameux travail en situation debout unipodal sur un plateau instable (le célèbre plateau de Freeman) ou sur un coussin gonflable est le premier exemple qui vient en tête. Autrement dit, la proprioception serait le travail d’équilibre souvent réalisé sur plan instable ou les yeux fermés. Dans une revue de littérature, Ashton-Miller et al., avec le titre ‘La proprioception peut-elle être réellement améliorée par les exercices ?“ annoncent la couleur de notre exposé :

« Nous ne remettons pas en question le fait que les exercices d’équilibre améliorent l’équilibre dans une tâche spécifique ; notre point est que le résultat devrait être défini par lui-même : une amélioration de l’équilibre et non une amélioration de la proprioception ». Et les auteurs de conclure : « Attribuer toute amélioration de cette performance d’équilibre à une meilleure kinesthésie ou proprioception est très prématurée. » (Ashton-Miller et al. 2001).

 

Recadrons le terme de proprioception

La proprioception (formé de proprio-, tiré du latin proprius, « propre », et de [ré]ception) ou sensibilité profonde désigne la perception, consciente ou non, de la position des différentes parties du corps. Elle fonctionne grâce à de nombreux récepteurs musculaires et ligamentaires, et aux voies et centres nerveux impliqués.

La proprioception est une partie de la somesthésie. La somesthésie étant l’ensemble des différentes sensations provenant de plusieurs régions du corps (la peau, les poils…).

On parle également de kinesthésie, où sans rentrer dans la guerre sémantique, ce dernier terme serait plus utilisé pour la partie consciente de la position et du mouvement des différentes parties du corps. Bien que liés sur un plan cognitif, proprioception inconsciente et kinesthésie (ou proprioception consciente) font appel à des mécanismes physiologiques différents.

La proprioception fonctionne grâce à des propriocepteurs. Ceux-ci sont de 3 ordres:

  1. Les fuseaux neuromusculaires présents dans les muscles codent pour la vitesse d’étirements
  2. Les organes tendineux de golgi présents dans les tendons codent également pour les étirements
  3. Les corpuscules de Pacini et de Ruffini présents dans les ligaments/fascias – l’enveloppe fibreuse/tissu conjonctif qui entoure les muscles et organes – et les articulations (le premier répond aux pressions rapides et le deuxième avec un temps de latence aux pressions continues.

 

Les propriocepteurs vont produire des informations sur les accélérations, angles et tensions qui s’appliquent aux muscles et articulations.

Ces informations sensorielles vont depuis les récepteurs au cortex moteur (afférence). Le cortex moteur est lié au planning, au contrôle, et à l’exécution de mouvements volontaires.
La proprioception est une perception consciente ou non. Vous n’êtes pas constamment conscient de votre mollet au moment où vous lisez ces lignes, mais dès que vous les avez lu, vous avez pris conscience du statut de mollet. Une partie de votre cerveau est dédié à l’écoute de ces messages afférents.

 

muscle spindle

Han et al. précisent « pour être spécifique, la proprioception est la perception de la position du corps et de ces mouvements dans l’espace ; et la performance en proprioception est déterminée par la qualité à la fois des informations proprioceptives disponibles et par la capacité de traitement d’un individu. » (Han et al. 2015).

Par conséquent, les mécanorécepteurs périphériques (le hardware) proposent des informations au cerveau afin d’être traitées (software), intégrées puis utilisées.

L’extension de la proprioception, c’est le contrôle musculaire.
A ne pas confondre avec le contrôle moteur (“motor control” en anglais), l’autre terme à la mode egalement dans les blog et articles. D. Delignières propose la définition suivante du contrôle moteur en le différenciant de l’apprentissage moteur : « Il convient enfin de bien distinguer deux thématiques de recherches, parfois confondues dans les esprits : d’une part le contrôle moteur, et d’autre part l’apprentissage moteur. Les théories du contrôle moteur tentent de rendre compte de la manière dont les sujets produisent des comportements moteurs adaptés aux contraintes de taches spécifiées. On se situe ici dans une problématique de production. Les théories de l’apprentissage visent à comprendre comment un sujet s’adapte à une tâche inédite, par l’adoption d’un comportement nouveau. On se situe alors dans une problématique d’acquisition. D’une manière générale, les théories du contrôle moteur s’intéressent à la gestion des habiletés sur-apprises, c’est-à-dire à la motricité de l’expert. A l’inverse les théories de l’apprentissage portent sur la construction de l’habileté. » (Delignière 2004).

Plus précisément, le contrôle moteur touche plus au domaine des neurosciences qui définissent le contrôle moteur comme la capacité de faire des ajustements posturaux dynamiques et de diriger le corps et les membres dans le but de produire un mouvement déterminé dans une situation donnée à un instant T. Au terme de contrôle moteur, je préfère celui d’orchestration du mouvement.

Le contrôle moteur renvoie à l’idée d’un simple programme informatique, d’un bouton que l’on presse, à une vision très rigide ; l’orchestration est une référence plus poétique, musicale où le chef d’orchestre est constamment en train de réguler les différents musiciens à sa disposition pour jouer la partition à sa manière. Cette image est là pour témoigner que le contrôle moteur est un processus régulé et dépendant de chaque chef d’orchestre. Il n’y a pas une seule manière de jouer la 7ème symphonie mais des interprétations diverses et variées. Certaines meilleures que d’autres, certes.

Suite à une prise d’informations initiale, le monitoring interne s’opérant constamment de manière inconsciente, le mouvement volontaire sélectionné et estimé comme la réponse motrice la plus adaptée à cet instant est initié par le cortex moteur primaire et le cortex prémoteur.

Enfin, le signal est transmis aux circuits du tronc cérébral et de la moelle épinière qui activent les muscles squelettiques disponibles qui, en se contractant, produisent un mouvement. Le mouvement produit renvoie des informations proprioceptives au système nerveux central (SNC). Suite à la rétroaction reçue, le mouvement peut être modifié, ajusté ou continué.

D’autres structures du SNC influencent le mouvement telles que les ganglions de la base et le cervelet. Les afférences sensorielles contribuent également à la rétroaction.

orchestration

Dale Purves, (Purves, 2007) dans son livre Principe of cognitive neurosciences, établit qu’une atteinte à une ou plusieurs de ces structures ou de ces voies afférentes ou efférentes auxquelles elles participent peut affecter le contrôle moteur. Plusieurs composantes sont nécessaires pour un contrôle moteur adéquat. On peut noter entre autres un tonus musculaire et postural adéquat, les mécanismes posturaux (réactions de redressement, équilibrium et réactions de protections), la disponibilité musculaire, et enfin, la coordination inter musculaire.

Le contrôle proximal favorise le contrôle moteur en distal, mais ne constitue pas un prérequis. Par exemple, l’habileté à stabiliser le poignet facilite le développement de prises plus matures au niveau des doigts (Preston et al. 2006).

L’ENTRAINEMENT DE LA PROPRIOCEPTION

Heureusement, une fois la syntaxe respectée, et étant donné l’aspect primordial de la proprioception dans le contrôle moteur, plusieurs méthodologies d’entraînement avec pour objectif de stimuler spécifiquement la proprioception post blessure ou non sont apparues. Ces stratégies, auto-proclamées Proprioceptive training, revendiquent l’amélioration de la proprioception et la fait de faciliter l’intégration du contrôle moteur, nouveau ou ré-appris. La description même de ce qu’est le Proprioceptive Training constitue un point de dispute, certainement lié aux largesses dans l’application de la définition du terme de proprioception.

Ashtone Miller et al. (Han et al. 2015) ont argumenté que « si la proprioception se résume uniquement à la partie afférente du système (hardware), dès lors il ne serait pas possible de l’entraîner, tant il n’est pas concevable d’entraîner un signal. »

En premier lieu, et fort logiquement, on est en droit de se poser la question de savoir si la proprioception est entraînable après ce type de déclaration.

Certes un signal ne semble pas à première vue être entraînable ; mais si l’on creuse, il doit y avoir des conditions optimales pour la création du signal (réponse à un(des) stimulus(i)) et la propagation du signal. Après tout, la neurologie est une branche de la physiologie et la propagation neuronale peut être optimisée ou perturbée via la production de neurotransmetteurs. Cependant, nous allons traiter ci-dessous de l’entrainabilité de la proprioception en intégrant le traitement de l’information ayant pour finalité la production de forces.

Les outils de mesure de la proprioception

Sans outil de mesure, il est difficile, voire impossible, de dire s’il y a progrès. Le premier problème qui se pose aux scientifiques est de pouvoir mesurer, quantifier la proprioception ! Or s’il est facile de mesurer les efférences (EMG, TMG), la mesure des afférences est une autre histoire.
Globalement, la proprioception fait référence à la conscience du corps et intègre à ce titre plusieurs branches : le sens du mouvements passif, actif, la position de nos parties du corps, et de leur poids (Goldscheider, 1898). Depuis Sherrington (Sherrington, 1907), on inclut une portion inconsciente où les signaux proprioceptifs sont utilisés pour le contrôle réflexe du tonus musculaire et le contrôle de la posture. Cette distinction entre conscient et inconscient du traitement de l’information proprioceptive n’est pas sans poser problème pour la construction d’outils d’évaluation et implique qu’ils mesurent un des deux aspects uniquement.

Ci-dessous une image qui retrace quelques une des techniques utilisées dans le temps pour tenter d’apprécier cette data.

mesures proprioception

L’évaluation Clinique

Afin de mesurer les progrès proprioceptifs, la première technique consiste à utiliser des échelles de mesure. Dans une revue de littérature (Aman et al. 2014), 12 des 51 études retenues proposent différents process d’évaluation Clinique (Sekir and Gür, 2005; van Nes et al., 2006; de Oliveira et al., 2007; Lynch et al., 2007; Ebersbach et al., 2008; Missaoui and Thoumie, 2009; Badke et al., 2011; Chen et al., 2011; Chouza et al., 2011; Klages et al., 2011; Merkert et al., 2011) ! 9 utilisent des échelles de mesure de l’équilibre (Berg Balance Scale, PASS), des échelles de mesure de la motricité (Tinneti Gait Score), un test de contrôle du tronc, et enfin une échelle de mesure des troubles cliniques (FMA, Motor Assessment Scale). Les études restantes se sont penchées sur l’échelle d’accident vasculaire cérébrale (NIH Stroke Scale, Barthel index et l’index Western Ontario and McMaster Universities Arthritis).

Equilibre

L’utilisation de plateformes de stabilométrie et autres capteurs de pression est évidemment un classique dans la tentative de quantification de la proprioception. 10 études en particulier ont retenues cette méhodes. (Jacobson et al., 1997; Eils and Rosenbaum, 2001; van Nes et al., 2004; Risberg et al., 2007; Westlake and Culham, 2007; Ebersbach et al., 2008; Liu et al., 2009; Missaoui and Thoumie, 2009; Röijezon et al., 2009; Eils et al., 2010).

Neurophysiologique

Caractérisée par un corrélat neurophysiologique du traitement proprioceptif via les tests de stimulation somatosensorielle / potentiels évoqués moteurs (motor evoked potentials -MEPs) ou des mesures de l’inhibition intracorticale et de l’activation corticale. Toujours dans la revue de littérature de Han et al (Han et al. 2015), 7 études ont utilisé cette technique d’évaluation (Carel et al., 2000; Kerem et al., 2001; Kaelin-Lang et al., 2005; Dechaumont-Palacin et al., 2008; Mace et al., 2008; Rosenkranz et al., 2008, 2009).

Somatosensoriel

L’évaluation des fonctions somatosensorielles consiste à mesurer le seuil d’excitabilité ou les erreurs de positionnement des articulations durant un mouvement passif ou le ‘tactile descimination test’. 11 articles font référence à cette technique (Carey et al., 1993; Eils and Rosenbaum, 2001; Carey and Matyas, 2005; Sekir and Gür, 2005; van Nes et al., 2006; Yozbatiran et al., 2006; Risberg et al., 2007; Eils et al., 2010; Ju et al., 2010; Wong et al., 2011) dans la méta analyse de Han et al (Han et al. 2015)

Somatosensori-moteur

Cette batterie de tests se différencie de la précédente par l’intégration d’au moins une forme de mouvement actif, tel qu’un mouvement mono articulaire, des tâches de coordination (suivre un objet et l’attraper), des stimulations haptiques (toucher). 25 études ont été sélectionnées et analysent les résultats en fonction de différentes variables : variabilité du positionnement de l’articulation dans les erreurs, le seuil d’excitabilité psychophysique, les erreurs spatiales d’attraper, et des mesures kinématiques des membres telles que le temps du mouvement, l’amplitude et l’accélération. (Bakan and Thompson, 1967; Hocherman et al., 1988; Hocherman, 1993; Jacobson et al., 1997; Hilberg et al., 2003; Struppler et al., 2003; Robin et al., 2004; Diracoglu et al., 2005; Sekir and Gür, 2005; Haas et al., 2006; Kynsburg et al., 2006, 2010; Lin et al., 2007, 2009; Jan et al., 2008; Panics et al., 2008; Casadio et al., 2009a; Cordo et al., 2009; McKenzie et al., 2009; Röijezon et al., 2009; Ju et al., 2010; Conrad et al., 2011; Wong et al., 2011, 2012; Beets et al., 2012).

Les tests ’’active movement extent discrimination assessment’’ (AMEDA) représentent une méthode efficace pour évaluer la performance proprioceptive d’un système durant des mouvements déterminés (Han et al. 2015). Plutôt que de se pencher sur une seule articulation pour détecter si le segment ciblé s’est déplacé, les auteurs proposent que le rôle de la proprioception dans l’activité quotidienne soit de permettre de juger adéquatement des mouvements des segments en interaction avec l’environnement ; par exemple lorsque l’on doit faire un jugement immédiat implicite du degré d’inversion de la cheville en s’engageant sur une marche avec une surface instable afin de conserver son équilibre.

Hélas pour bon nombre d’études, la proprioception est traitée comme sens de l’équilibre amenant à mixer (!) somesthésie et proprioception. Or, se couvrir les yeux diminue la prise d’informations visuelles ; pourtant, la vision n’est pas le seul capteur qui entre en jeu dans le management de l’équilibre. A chaque 100ème de seconde, c’est l’ensemble des informations disponibles qui sont prises en compte, hiérarchisé en fonction la situation. D’ailleurs se couvrir les yeux n’implique-t-il pas de sur-écouter les autres sens disponibles afin de résoudre la tâche ? pression podales, chaleur, poils, vestibule, sons (…) vont être traités, leur « poids » amplifiés afin de scruter pour la moindre information afin de performer le test. D’ailleurs, c’est une des limites souvent avancées au test de FUKUDA où les conditions de test doivent être optimales et identiques afin pouvoir reproduire le test et avoir une analyse valable.  

Tel le chat qui se mord la queue, nous tournons en rond : il semble impossible d’isoler cette fonction en l’état actuel des technologies.
Aussi, dans l’optique de continuer à produire des éléments de réponse au questionnement de l’entraînabilité de la proprioception, je vous propose de retourner le problème et posons la question non pas de l’amélioration mais de la perte du sens de la proprioception.

Volontairement, nous allons laisser de côté les maladies neurodégénératives (telle que la sclérose latérale amyotrophique plus connue comme la maladie de Charcot) ou génétiques pour se cadrer sur le monde sportif « pratique ».

Le premier cas, et pas des moindres, la douleur semble être un vecteur qui modifierait la production d’informations proprioceptives. [9] Passons rapidement, mais en pratique, on s’aperçoit de l’importance de la gestion des douleurs chroniques dans le management du risque de blessure ; sans parler de compensations et de la mise en place de dysfonctions, jouer avec des douleurs augmente drastiquement le risque local également.


J-P Roll décrit la proprioception comme le sens premier (Roll 2005). Dans les années 90, il a conçu les vibrateurs tendineux afin de modifier les informations proprioceptives et de transformer la conscience du corps pour modifier la posture et la gestion de son équilibre. Ces vibrateurs de 30Hz se placent sur les tendons et magiquement, vous sentez du mouvement sans mouvement. Comme si la force était avec vous ! Si vous n’avez jamais essayé, c’est bluffant. Encore très peu utilisés bien que disponibles depuis la fin des années 90 (!), des études viennent enfin valider l’intérêt thérapeutique et montrent que l’on accélère le retour au jeu.  En perspective, c’est l’idée que la proprioception et la contraction musculaire sont directement liées. Autrement dit, lorsque la production d’informations proprioceptives est modifiée, atténuée, l’activité musculaire disponible sera modifiée ; tantôt sur activée, tantôt sous-activée voir « inhibée ».

Du coté des publications scientifiques, il est avancé que la perte des afférences proprioceptives  semble diminuer le contrôle du tonus musculaire, perturber les réflexes posturaux (Allum et al., 1998; Dietz, 2002; Rossignol et al., 2006), et sévèrement affecter les aspects spatiaux (Gordon et al., 1995) et temporels (Gentilucci et al., 1994) des mouvements volontaires ; enfin, de  provoquer des blessures aux ligaments, capsules articulaires et aux muscles (Barrack et al., 1989; Lephart et al., 1994; Fridén et al., 1997).

La dégénération ligamentaire provoque des troubles sensori-moteurs (Solomonow, 2008). L’activité musculaire serait modifiée lorsque les ligaments subissent des phénomènes d’étirements, de laxité, de tensions répétées. Le jeu de l’articulation sera compensé par une augmentation du tonus musculaire de base ; le récepteur musculaire compenserait pour la perte de sensibilité du récepteur ligamentaire. En creusant, on pourrait s’interroger sur la réciprocité ; certes à des degrés infiniment plus faibles, la contraction des ligaments et fascia existe et engendre peut-être une diminution de l’activité musculaire.
Cette réflexion nous amène à considérer le syndrome d’AMI (pour Arthrogenique Muscle Inhibition). Ce syndrome bien connu des chirurgiens a des conséquences désastreuses sur les retours au jeu (Return To Play ou RTP) pour de nombreux athlètes post ligamentoplastie ou post méniscectomie. Au-delà du volume musculaire, les AMI s’accompagnent fréquemment de pathologies rotuliennes. Amyotrophie + pathologie peuvent nous faire penser à des problèmes d’activation musculaire (le fameux manque de « firing » si vous voulez la jouer à la sauce US…).
Juste une hypothèse lancée à la volée mais qui nous guiderait vers la conclusion suivante :
la modification des informations proprioceptives [pour rappel, les informations provenant des capteurs articulaires, fuseaux neuromusculaires, ligamentaires et fascia], aurait des effets directs sur la régulation du tonus musculaire locale comme de la production de force.

En résumé, la production comme le traitement des informations proprioceptives est variable donc source à entraînement et dégradation. Cette amélioration s’établie au travers du seuil d’excitabilité et de l’intégration des signaux.

Sans proprioception, on ne peut avoir de contrôle musculaire ; et pour finaliser mon idée, on ne peut avoir de contraction musculaire (et je vais revenir sur ce point dans quelques lignes).

La proprioception est donc l’élément essentiel de l’activité motrice ; pourtant on traite ce composant par un travail d’équilibre non spécifique. Pourtant, à quoi bon entraîner à la réactivité si vous n’êtes pas en pleine possession de votre control moteur ? ? A quoi bon pratiquer de « l’entraînement fonctionnel » si vous n’êtes pas « proprioceptif » ? Tout cela c’est très bien, mais en pratique que peut-on faire pour améliorer la proprioception de son vastus medialis?

L’ENTRAÎNEMENT DE LA PROPRIOCEPTION

L’équilibre dans une certaine mesure semble participer à l’entrainement de la proprioception. D’où bien logiquement l’amalgame qui s’est installé. Encore une fois, au risque de se répéter, l’équilibre est la résultante de l’ensemble des informations et de l’activité posturale. Vouloir stimuler la proprioception spécifiquement en utilisant des exercices d’équilibre peut marcher mais c’est loin d’être l’outil idéal. De plus, étant donné la vicariance et la variabilité de chaque individu à un instant T, cette approche ne nous donne pas de précision sur la stratégie mise en place pour s’équilibrer; cela revient à enfoncer une punaise à la massue…

Mais vous me direz, c’est la finalité qui compte : améliorer son équilibre. Peut-être, mais l’entraînement par l’équilibre ne semble pas apporter un gain réel et un transfert vers l’activité (Giboin, L.-S., Gruber, M. & Kramer, A., 2015. Task-specificity of balance training. – PubMed – NCBI. Human Movement Science, 44, pp.22–31.), ce qui est quand même dommageable étant donné commant le monde médical s’appuie sur ce concept pour prendre en charge le travail de prévention.

Une définition de l’entraînement proprioceptif :

L’entraînement proprioceptif est une intervention qui cible l’amélioration des fonctions proprioceptives, en se centrant sur l’utilisation de signaux somatosensoriels ou tactiles afférents combinés à l’absence d’informations d’autres capteurs telle que la vision. Son objectif principal est de restaurer ou optimiser les fonctions sensorielles et/ou sensorimotrices. (Aman et al. 2014)
Personnellement, l’absence d’informations des autres capteurs me semble non seulement peu envisageable mais également peu nécessaire. Et je vais m’expliquer sur ce point dans quelques paragraphes. Les méthodes d’entraînement proprioceptives peuvent être classées en 5 catégories que nous allons décrire.

revue techniques

Les mouvements actifs/ entraînement à l’équilibre (MAEE)

Les mouvements actifs/ entraînement à l’équilibre incluent les exercices où les participants bougent une ou des parties du corps. Les mouvements pluri-articulaires du haut du corps consistent à réaliser des tâches telle qu’attraper ou atteindre une cible avec ou sans support sensoriel additionnel (ex : yeux fermés).

Les mouvements passifs

Ce type d’entraînement nécessite bien souvent un matériel qui va pouvoir réaliser le mouvement et cible aussi bien des exercices mono-articulaires (genou, poignet) (Carel et al., 2000; Dechaumont-Palacin et al., 2008; Ju et al., 2010; Beets et al., 2012) que pluri-articulaires (mouvement du pouce, ou de l’assistance via un bras robot) (Kaelin- Lang et al., 2005; Wong et al., 2011).

Les stimulations somatosensorielles

Cette méthode utilise différentes formes de stimulations, l’objectif est de modifier le signal. Les stimulations intègrent :
– les vibrations globales ou locales, (van Nes et al., 2004, 2006; Haas et al., 2006; Ebersbach et al., 2008; Rosenkranz et al., 2008, 2009; Cordo et al., 2009; Chouza et al., 2011; Conrad et al., 2011),
– le stimulations thermiques (Chen et al., 2011),
– les stimulations magnétiques (Struppler et al., 2003),
– les stimulations électriques (Yozbatiran et al., 2006),
– l’acupuncture (Liu et al., 2009).
Enfin, on peut également intégrer des stimulations multi-somatosensorielle (Kaelin- Lang et al., 2005).

Concernant les vibrations, elles sont comprises entre 25 et 30 Hz ou inférieures à 10 Hz appliquées pendant moins d’une minute – il y a d’autres protocoles cependant qui utilisent des séquences de 15 minutes (Ebersbach et al., 2008). Après 4 répétitions de 45s de vibrations à 30 Hz yeux fermés, on observe une diminution significative du déplacement du centre de pression sur la plateforme stabilométrique chez des patients atteints de syndrome de paralysie cérébrale. Suite à l’arrêt des vibrations, les progrès sont observés dans d’autres tâches (van Nes et al., 2004).

La combinaison de plusieurs méthodes

Par exemple, on couple la méthode des mouvements actifs avec des stimulations somatosensorielles (McKenzie et al., 2009).

Il existe donc plusieurs méthodes pour arriver à stimuler la proprioception. L’ensemble de ces méthodes a démontré des progrès de l’ordre de 30% à l’exception de la méthode des mouvements passifs chez des sujets atteints de différentes maladies (Han et al., 2015). Les études proposant des résultats sur des adultes sains sont plus rares. Elles sont pourtant fondamentales pour comprendre jusqu’à quel point la proprioception et le contrôle moteur peuvent être améliorés et la pertinence de ces techniques. Basé sur 14 études intégrant des adultes sains, l’amélioration moyenne est de 26%, avec cependant une variabilité importante (0-73%) et 4 études qui rapportent un gain faible (<5%). Il reste donc encore un besoin pour éclaircir les progrès que ce type de méthodes pourrait avoir sur des sportifs.

Les gains lors de travail en équilibre sont spécifiques à la position d’entraînement ou de la tâche. On est en droit de se poser la question de savoir si, à l’instar des exercices d’équilibre, le gain reporté en proprioception ou en contrôle moteur est transférable. Et là, surprise, il y a encore peu d’études qui se penchent sur ce sujet. Cependant, en creusant, on s’aperçoit que les données sur la réorganisation corticale suite à un traitement propose une ligne de réflexion (Carel et al., 2000; Dechaumont Palacin et al., 2008; Fiehler and Rosler, 2010). Ces études semblent indiquer que l’entraînement proprioceptif implique des changements neurologiques globaux qui ne sont pas dépendants de la tâche entraînée. Cependant, il n’y pas de preuves exhaustives des effets transférables de l’ensemble des méthodes.


PROPOSITION D’UNE NOUVELLE MÉTHODE DE L’ENTRAÎNEMENT PROPRIOCEPTIF

L’objectif de la proprioception (informer pour produire/adapter les réponses musculaires) doit nous amener à réfléchir sur la partie motrice également.

Les relations entre les fibres afférentes et les fibres efférentes sont simples à comprendre :

Prenons le cas de notre jambe et plus particulièrement du genou. Depuis la position tendue, une force est appliquée :

  • Les capteurs articulaires et fascia via les récepteurs de Ruffini et de Pacini codent pour les pressions et changements de pressions
  • Les capteurs ligamentaires via les OTG codent pour leur étirement..
  • Les fuseaux neuromusculaires (simplifié au quadriceps et à l’ischio) codent pour leurs étirements respectifs.

Donc lors d’une extension de genou, tout en restant très simplifié, on a l’ischio qui envoie des informations d’étirement, les capteurs ligamentaires qui envoie des informations d’étirement et les capteurs articulaires.

Ces informations permettent, entre autres, de qualifier et de quantifier la force appliquée à un point précis afin d’être capable de produire une réponse.

Maintenant, restez avec moi et imaginez que vous ayez un temps de latence entre la prise d’information, son traitement et la production d’une force pour contrer la force initialement appliquée. Par exemple lors de la pose d’appuis, la gravité aidant, la force appliquée va s’accélérer. On n’est pas en isocinétisme: si vous sautez, à votre atterrissage tout délai d’activation va donner du temps à votre corps d’accélérer négativement, pesant plus lourd. Aussi, plus la latence est grande et plus la production de force devra être importante pour contrer la force. L’impulsion ou taux de développement de la force est un élément clé de la performance sportive mais timing on perd du temps et la même action requiert plus d’énergie pour amortir le même mouvement. On s’approche ici du concept d’efficacité motrice au travers de la proprioception.

On pense souvent la contraction musculaire comme provenant du cerveau vers les muscles. Du proximal au distal. Or rien n’est plus faux. Sans organes de renseignement, il peut y avoir contraction musculaire mais celle-ci est inorganisée. aussi c’est bien une organisation qui part de la proprioception au cerveau et revient aux muscles. Une production d’information proprioceptive faibles, erronées et c’est la contraction musculaire qui sera perturbée.

Aussi, comme première technique,  je propose d’évaluer la proprioception par la capacité à produire de la force musculaire en course interne ou au plus proche afin de se focaliser sur l’action des fuseaux neuromusculaires qui vont produire des informations. En effet, l’application d’une force en course interne ou à proximité va avoir pour effet d’étirer les fibres musculaires et donc de stimuler les fuseaux neuromusculaires. Pour être spécifique, on évalue le couple proprioception – contrôle musculaire. Le premier est au service du deuxième mais sans le premier, le deuxième n’existe pas!

Bien sûr, plusieurs paramètres doivent être considérés afin d’être précis sur la production de l’application de la force externe (position du sujet, direction, intensité, points d’application de la force externe ainsi que l’impulsion et son temps d’application.)

Dès lors que l’on évalue la capacité à contrer le vecteur de force proposé, on pourra stimuler la proprioception et optimiser le contrôle musculaire, pré-requis au contrôle moteur. L’augmentation de l’activation, peut se mettre en pratique par un travail ciblé d’isométrie – encore une fois, la précision sur l’application de la résistance, direction, position du sujet sont de rigueur.

La deuxième technique afin de travailler la proprioception, revient à modifier les informations proposées. Le placement d’élastiques entourées sur le corps permet de modifier la facilitation et la sur-activation de structures musculaires ciblées. L’objectif est de favoriser la centration articulaire et de transformer l’activité sensorielle, plus précisément la production des informations proprioceptives. On peut alors travailler de manière globale tout en stimulant des informations différentes et donc des ré-apprentissages moteurs.

Cette stratégie présente également l’intérêt d’offrir une solution de corrections internes non verbales. Comprendre les interactions et les redirections de contraintes sur lesquelles on peut agir permet de créer des conditions de stimulations proprioceptives et de modifier les comportements moteurs.

PROFTS

Les aller-retour entre les deux techniques permettent de travailler tantôt localement, tantôt globalement et sont au service de l’amélioration de la qualité de mouvement. Dans un futur proche, je souhaite pouvoir mettre en place des évaluations scientifiques de ces techniques. L’application pratique a montré une validation de terrain.

PRO-ACTION, PRÉ-ACTION ET CONTRÔLE MOTEUR

Proprioception et contraction musculaire sont au service du contrôle moteur.
Précédemment, nous avons parlé des techniques pour tester et améliorer la proprioception. Ici nous allons traiter du versant pédagogique qui je pense est aussi important pour s’assurer d’un bon apprentissage. Si on se souvient du schéma de l’orchestration du mouvement proposé, on peut voir que le contrôle moteur est la résultante des informations proprioceptives, du contrôle musculaire et des intentions. L’apprentissage ou rétention est l’ultime étape dans la reprogrammation motrice.

L’utilisation de la proprioception dans l’entraînement sportif dépend du fait que la proprioception est, en substance, un mécanisme de rétroaction organisé : une force est appliquée, le corps se déplace (ou est déplacé), puis les informations à ce sujet sont envoyées au cerveau, à la suite de quoi des ajustements peuvent être apportés.

Plus récemment, des réflexions sur les mécanismes de l’entorse de la cheville suggèrent que le rôle des réflexes pourrait être, dans les faits, plus limité à cause de leur long temps de latence (au niveau de la moelle épinière), alors que l’entorse de la cheville survient en 100 ms ou moins. En application, un modèle incluant une « pré-action » (par opposition à la rétroaction) de la proprioception a été proposé. Ce modèle suggère que le sujet aurait également une information centralisée sur la position de son corps avant même d’atteindre cette dernière – proprioception, contrôle musculaire et contrôle moteur.

C’est le concept d’entraînement appelé Feed-Forward, concept qui se retrouve aujourd’hui dans la programmation des algorithmes des AI (Artificial Intelligence) les plus puissants, avec pour objectifs de diminuer les incertitudes et de favoriser l’anticipation des actions. Physiologiquement, un pic de pré activation musculaire (le fameux concept de “neural drive” chère à un professeur canadien ou de In-tension® pour les cousins américains) permettrait de diminuer les contraintes locales et protégerait les structures. Ces pré-activation se retrouvent notamment dans des exercices de drop-jump et séparent les débutants des experts.

Ne serait-ce pas là le summum de l’entraînement des techniques et de la réactivité cognitive, liant entre contrôle moteur et apprentissage moteur ?
Notez que c’est une méthode pédagogique utilisée naturellement par les (bons) entraîneurs en sports collectifs, notamment en basket-ball ou foot US, ultimes sports collectifs de réactivité cognitive, où la prise d’informations nécessaires à une décision rapide différencie l’activité Élite de celle du débutant/novice. Quand la science rejoint l’intuition et les méthodes de terrain, on ne peut que se réjouir. Et tout découle du contrôle musculaire, car sans lui, le mouvement ne sera qu’une succession d’adaptations, de programmes moteurs par éliminations, de plans subsidiaires compensatoires comme proposés dans notre orchestration du mouvement.

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Conseils réduction des risques de blessures – Episode 3

Nouvel épisode de conseil préparation physique :

1/ Ne sortez plus jamais sans votre bâton de massage
Si votre sport implique la saisie d’un objet (balle, raquette) ou de l’adversaire, il est probable que les douleurs aux avant-bras soient courantes.
N’hésitez donc pas à vous auto-masser les avant-bras avant les séances d’entraînement avec un baton de massage :

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Surtout avant l’utilisation de barres et haltères. Cela devrait aider à réduire ces douleurs ainsi que les risques de blessures à long terme.

2/ Souvenez vous des ninjas ou des enfants
Lorsque vous utilisez des exercices pliométriques avec emphase sur la partie excentrique, l’objectif est d’amortir l’atterrissage. Pour facilement retenir l’idée, chercher à faire comme les ninjas ou les enfants sages : on peut vous voir mais on ne doit pas vous entendre.

3/ La mobilité est N°1 chez les jeunes sportifs
Si l’on recherche le développement à long terme, l’objectif N°1 est la mobilité. Un manque de mobilité entraîne trop de compensation dans l’exécution des mouvements fondamentaux. Donc à terme l’intégration de mauvais schémas moteurs.
Le manque de mobilité de la chaîne postérieure est très fréquent. Testez cette étirement actif.

 

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Sportifs : arrêtez de laisser faire n’importe quoi avec votre corps !

En tant que préparateur physique, rien n’est plus important pour moi que la réductions des risques de blessures et la santé en générale des sportifs dont j’ai la responsabilité.

C’est pourquoi j’ai de plus en plus en sentiment que quelque chose ne va pas dans la préparation physique dont ont bénéficié beaucoup des sportifs adultes avec lesquels je collabore. Pour être plus précis, je ne comprends pas comment on peut considérer normal d’avoir des sportifs(ves) de 25 ans avec plusieurs opérations (déjà), injection de PRP et des pathologies chroniques (tendinopathie, usure).

 

Ne nous méprenons pas, je sais que plus le niveau de compétition augmente, plus cela implique un certain niveau “d’inconfort” et que dans certains sports le seul moment ou l’on n’est pas “blessé” c’est avant le 1er match de saison (et encore).

Mais ce que je sais aussi c’est que blessures et douleurs signifient un entraînement moins efficace ou pas d’entraînement du tout. Voir pas de compétition du tout. Personne n’atteint son plein potentiel lorsqu’il est ralenti par des blessures et des douleurs.

L’approche “no pain, no gain” rassure, mais pose rapidement problème. En cas de douleur, l’origine est-elle le fait de s’entraîner dure ou le choix d’un mauvais exercice ?

N’y a-t-il pas des exercices à éviter selon certains sports ? Est-il normal de constater des douleurs et blessures chroniques chez des jeunes sportifs(ves) a peine leur développement à long terme fini (21-23 ans) ? Il y a forcement quelque chose de manqué, que nous manquons depuis des années, dans leur formation athlétique !

Prenez les sports de lancer (handball, football américain, baseball) ou de raquette (tennis). L’incroyable sollicitation de l’épaule n’est pas sans conséquence pour la santé de celle-ci.

2 approches sont possibles :

1/ On ne change rien (No pain, no gain !), on pousse/tire FORT dans tous les exercices de musculation.

Traduction : vous appuyez sur l’accélérateur, placez vos mains sur les yeux et espérez qu’il n’y ait pas de virages sur la route (bonne chance !)

 

 

2/ Vous considérez que certains exercices sont à éviter afin de conserver une épaule en bonne santé.

 

Comment savoir quels sont les exercices de musculation a éviter ?

Tout d’abord vous pouvez faire quelques hypothèses sur la base de généralités anatomiques.

Mais le plus efficace est sans aucun doute de bénéficier d’une évaluation complète afin d’identifier les exercices à risque.

Restons sur le sujet des sports de lancer ou de raquette. Parmi les 7-8 tests pour l’épaule que j’utilise, le test de mobilité du grand dorsal sur le mur est celui qui permet de définir la place des exercices de tirage vertical (ex : traction).

Voyons pourquoi ensemble.

Le grand dorsal est un muscle rotateur interne et extenseur de l’épaule.

 

Lors du test de mobilité grand dorsal sur le mur, une amplitude de mouvement (ROM) saine correspond à l’humérus perpendiculaire au sol, les mains touchant parfois le mur (comme sur la vidéo!).

En deçà, la mobilité du grand dorsal pose problème. Il va limiter la rotation externe et la flexion de l’épaule. Deux choses absolument nécessaires lorsque l’on pratique un sport de lancer si l’on ne veut pas risquer des blessures.

 

Cette mobilité limitée du grand dorsal est assez fréquente chez les passionnés des tractions (normal, l’exercice sollicite énormément ce muscle).

Ainsi, si il y a déjà un manque de mobilité, proposer un exercice comme les tractions va certainement participer à réduire cette mobilité vitale pour le pratiquant des sports de lancer et de raquette, si ce n’est pas surveillé. Ceci sans présager des risques de modification de la posture.

Prévention : l’épaule (partie 1)

Lorsque l’on pratique un sport de lancer, il n’est pas rare de constater des asymétries. Ainsi, réaliser le test de mobilité du grand dorsal sur une table permet d’observer des différences droite/gauche que l’on n’aurait pas identifiées dans sa version au mur.

 

Jusqu’à un certain point, présenter un asymétrie n’est pas dangereux. Mais que passe-t-il lorsque l’on réalise un exercice bi-latéral comme les tractions, avec 2 ROM différentes comme identifié dans la vidéo précédente ? L’épaule gauche ne va certainement pas gagner en mobilité en renforçant le grand dorsal… Donc l’épaule droite, limitée dans son amplitude par l’épaule gauche, a toutes les chances de perdre a son tour en mobilité.

Si vous pratiquez un sport de lancer ou de raquette, vous avec besoin de cette mobilité en rotation externe et flexion sur votre épaule ! Sauf si vous souhaitez vous blesser…

 

En absence d’évaluation précise, ne serait-il pas plus raisonnable d’éviter les tractions ?

En conclusion, retenez qu’il n’y a pas d’exercice dangereux en soit. Mais des exercices contre-indiqués selon votre profil et votre sport. C’est votre corps, votre santé, votre carrière sportive.
Si vous souhaitez bénéficier d’une évaluation fonctionnelle complète, ainsi que d’un programme de réduction des risques de blessures, je vous invite à consulter ma page dédiée : Evaluation fonctionnelle du mouvement

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A LIRE : L’haltérophilie au service de la préparation physique et de la performance sportive

La relation des sportifs et des préparateurs physiques ou des entraîneurs avec l’haltérophilie est souvent complexe. Soit on ne jure que par ce sport et ses mouvements (épaulé, arraché, jeté), soit on en a peur car on juge l’activité trop complexe.

Il manquait un livre sur le sujet et c’est ce que nous livrent Olivier Maurelli, Bruno Parietti, et Marc Vouillot (3 références).

Autant le dire tout de suite, j’ai plutôt apprécié le livre. Ceci pour plusieurs raison :

 

1- On parle bien de mettre l’haltérophilie “au service” de la préparation physique. Pas d’envie de transformer tout le monde en utilisateur unique et exclusif d’un matériel ou d’une méthode : kettlebell, élastique, TRX.

L’haltérophilie est un outil, comme ceux précédemment cités.

 

2- Les auteurs partent du principe que tous les sportifs qui utilisent l’haltérophilie ne disposent pas toujours des pré-requis à la réalisation des mouvements : mobilité et stabilité.

Ils proposent donc quelques exercices pour commencer à résoudre ces problèmes.

 

3- Des progressions sont proposées pour apprendre les exercices. Perso, je pense que c’est à cela que l’on reconnaît quelqu’un qui maîtrise son sujet : il est capable de décortiquer une situation complexe en exercices simples et adaptés au niveau.

 

4- Des remédiations sont proposées selon les morphologies. Car non, tout le monde n’est pas idéalement fait pour réaliser un arraché depuis le sol.

 

5- Un guide pour l’intégration des mouvements d’haltérophilie dans le développent à long terme de l’athlète. Idéal, car plus tard, il est parfois difficile de trouver le temps pour enseigner ces mouvements.
Bref, plutôt une bonne lecture, que l’on utilise déjà ou pas encore l’haltérophilie pour la préparation physique.

Vous pouvez vous procurer “L’haltérophilie au service de la préparation physique et de la performance sportive” directement :

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Retrouvez mes recommandation de lecture ICI

9 alternatives au développé couché

Je sais, je sais, TOUT LE MONDE aime de développé couché ! Il suffit pour cela de voir la place que prennent les bancs dédiés à cet exercice dans les salles.

Mais comme pour tout exercice, il est sans danger jusqu’au jour où il devient contre indiqué. Souvent en lien avec une blessure ou la sursollicitation de l’articulation de l’épaule lors de la pratique d’un sport de lancer.
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A lire : “L’affutage” et “Histoire racontée de la préparation physique”

2 recommandations de lecture si vous êtes entraîneur ou préparateur physique. 

Histoire racontée de la préparation physique – Norbert Krantz

Un livre recueil dans lequel Norbert Krantz, un de ceux qui a vu se développer la préparation physique en France et collaborateur de nombreuses manières avec l’INSEP, partage son expérience du terrain. Un livre succulent ou l’on se régale des observations, réflexions et anecdotes de l’auteur. Un ouvrage “dans la tranchée” (comme diraient nos amis nord-américains) au contact des problématiques quotidiennes du terrain, des plus simples et matérielles au plus complexes et philosophiques.

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