Voir votre entraînement comme un médicament

L’exercice physique a une connotation positive. On lui confère un impact positif sur la santé, la réduction des douleurs et les performances sportives.

Pour certains il est possible de voir l’exercice physique comme un médicament. Un remède pour une meilleure santé, moins de douleurs physiques et de meilleures performances sportives.

Si l’on considère l’exercice physique comme un médicament, il faut, comme pour ce dernier, aller jusqu’au bout de la logique.

 

1/ L’exercice physique / le médicament a un impact positif, des effets attendus

Si vous mettez en place des exercices pour le développement de la force ou de la technique, vous vous attendez à des améliorations de la force ou de la technique.

Vous prenez votre médicament/exercice et espérez des résultats.

 

2/ L’exercice physique / le médicament présente un seuil d’efficacité

Au-delà d’une certaine quantité de cet exercice / médicament, toute dose supplémentaire n’apportera pas forcément plus d’effets positif.

L’exemple le plus frappant pour la force ou la vitesse, où au-delà d’un certain volume  (temps sous tension ou nombre de répétitions dans la séance) ou d’une certaine intensité (dégradation du temps sur la même distance de course), il n’y a pas d’effets positifs à poursuivre la séance.

 

3/ L’exercice physique / le médicament a des effets indésirables

Autrement dit, tout exercice physique / médicament n’est pas bon pour tout le monde tout le temps (vous ne lisez jamais la notice de votre médicament !!??). Exemple avec une méthode très à la mode actuellement :  l’entraînement par intervalles à haute intensité (HIIT en anglais). Oui il y a des effets positifs à cette méthode. Mais également des effets indésirables. Exemple avec HIIT via des sprints, qui, pour le débutant ou le sportif en reprise, permettrait d’améliorer rapidement les performances, mais ne serait pas bon pour la santé à long terme (Larsen 2016).

 

4/ Il y a des mélanges d’exercice physique / de médicament à éviter

Vous ne saviez pas qu’il ne fallait pas mélanger certains médicaments entre eux ? Vous ne lisez décidément jamais la notice !

C’est la même chose pour l’exercice physique. Hormis chez le débutant ou la personne dés-entraînée, pour lesquels tout ou presque permet d’améliorer les performances sportives, certains mélanges sont plutôt à éviter chez le sportif plus expérimenté.

Trop d’exercices énergétiques à dominante aérobie dans la semaine a un impact négatif sur le développement de la force musculaire.

Un exercice énergétique à dominante aérobie trop proche d’une séance de développement de la force musculaire a un impact négatif sur celle-ci (Fyfe 2014).

 

Tous les exercices et toutes leurs méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients. Il n’y a pas de solution miracle. Votre entrainement doit s’adapter à vos besoins.

 

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Le débat de la spécialisation des préparateurs physiques

Depuis une quinzaine d’année on assiste à une spécialisation par sport des préparateurs physiques (voir une hyper spécialisation des rôles une fois la barrière des sports passée).

Rares sont les PP avec le label multisport. Certes, nous avons Fred Aubert au sein de la FF de football qui est passé par le basket, le badminton et le rugby qui fait office de robinson tant il semble unique. Le débat entre ceux qui prônent la spécialisation et ceux qui pensent défendent une horizontalité de la profession de préparateurs physiques.

L’idée de ce billet est donc de faire une revue des arguments de nos 2 participants qui proposent de définir leur point de vue sur la profession de PP et la formation de ceux-ci.

Stéphane Morin
PhD, enseignant UFR STAPS Nantes, chercheur associé, co-fondateur de TrainingLoad Pro – www.trainingloadpro.com

Je fais souvent le parallèle PP “généraliste” / PP “spécialiste” avec médecin “généraliste” /médecin “spécialiste”. Ils ne s’opposent pas. Ils sont complémentaires.

L’un est polyvalent, travaille avec toutes sortes de sportifs (du jeune au moins jeune) et gère des niveaux de condition physique variés. Le “généraliste” par définition, doit avoir des compétences très étendues pour dépister les points forts et les points faibles de ses sportifs et proposer les exercices adaptés.

L’autre est spécialiste de l’activité. Il a une connaissance très approfondie de son sport. Il maîtrise avant tout les versants techniques et tactiques. En ce sens il doit être un entraîneur. Mais il doit aussi maîtriser aussi les aspects biologiques, physiologiques, psychologiques, psychologiques et sociologiques, comme les technologies utilisées dans son sport.

Le PP “spécialiste” maîtrise les codes culturels de son sport, leurs évolutions. Cela continue à légitimer leur crédibilité auprès sportifs avec lesquels ils travaillent.

Le PP “généraliste” a pour vocation principale de s’occuper des sportifs non experts, non professionnels, mais aussi de thématiques « généralistes » (e.g. : planification de l’entrainement…).

Le PP “spécialiste” a pour vocation de s’occuper des sportifs experts, professionnels.

Ce qui les différencie principalement, c’est la connaissance de l’activité qui confère la capacité à pouvoir analyser l’activité, à la comprendre pour mieux identifier les origines réelles des succès et des échecs. A ne pas s’arrêter aux évidences.

Des années de pratique au contact de sportifs experts, professionnels lui permettent d’enrichir ses connaissances de l’activité. Les nombreux échanges avec les pairs suscitent le doute méthodique. Sa passion pour son sport le poussera souvent à étudier, se former sur tout ce qui pourrait contribuer à améliorer le niveau de performance de ses sportifs.

Le PP “généraliste” ne pourra consacrer autant de temps à mieux connaître tous les sports des sportifs dont il a la charge. Une semaine ne contient que sept jours.

Le danger majeur pour le PP “généraliste” ? Faire un prêt-à-porter, c’est-à-dire, tendre à proposer toujours les mêmes contenus quels que soient les sportifs, alors que des sportifs professionnels imposent de la “haute couture”, du “sur-mesure”.

Le danger majeur pour le PP “spécialiste” ? Croire que son expérience lui donne les clés du succès, ne pas comprendre que tout évolue, que le niveau de compétence des sportifs experts évolue vite, très vite, d’une semaine sur l’autre, dans un sens comme dans un autre et qu’il doit tout recommencer à chaque fois.

L’un n’est pas supérieur à l’autre. Ils font deux métiers qui portent le même nom, mais dans des contextes différents. Les fédérations ne s’y sont pas trompées à former leurs propres PP “spécialistes”. Ils sont, ils doivent avant tout être des entraîneurs. Ces PP ont une vision souvent technocentrée.

Les PP “généralistes” sont le plus souvent formés à l’université.

Aux uns on reproche le manque de connaissances scientifiques, aux autres on reproche le manque de connaissances techniques et tactiques. Pour les deux, on est souvent dans la caricature. Ces PP ont souvent une vision physio-centrée.

En ce sens généraliste et spécialiste renvoient à la connaissance de l’APS.

Il existe bien sûr des PP qui ont cette double formation.

Ce qui fait qu’on est l’un ou l’autre, c’est peut-être le temps que l’on consacre à son sport et le niveau des sportifs auxquels on s’adresse.

Les deux ont néanmoins pour caractéristique commune d’être des personnes de terrain. Ils sont en contact direct avec les sportifs.

Un PP “spécialiste” ce n’est pas un PP qui écrit un livre, ou fait des articles scientifiques, ou intervient en colloque. Il peut le faire pour partager ses connaissances, mais il doit rester avant tout un entraîneur au sens premier du terme. C’est là qu’est sa place. C’est un artiste.

Un PP “généraliste” n’est pas un incompétent qui n’arrive pas à être un PP “spécialiste”. C’est un spécialiste du “transversal”, de la thématique plus que du sport. Il doit pouvoir dans une même semaine intervenir sur des nageurs, des athlètes, des cyclistes etc. C’est-à-dire maîtriser les “fondamentaux” de différents types de motricité, de physiologie etc. C’est un artisan.

En ce sens, ils sont donc tous les deux des spécialistes : l’un dans un sens vertical, l’autre dans un sens horizontal.

Rien n’empêche évidemment à l’un de devenir l’autre et à l’autre de devenir l’un. C’est simplement un problème de motivation et de formation.

Personnellement, j’ai autant d’admiration pour l’un que pour l’autre. En tant que professeur d’EPS, je n’ai jamais considéré que j’avais moins de mérite qu’un entraîneur professionnel.  En tant qu’enseignant et chercheur à l’université, je n’ai pas plus de mérite qu’un enseignant en collège. Je fais un autre métier. Lorsque j’étais PP en clubs de football pros, je ne considérais pas être un PP “spécialiste” car je n’avais pas de diplôme d’entraineur de football. J’étais donc plus un PP “généraliste” spécialiste des processus d’amélioration de la performance.  Ne pas connaître parfaitement le football était un handicap. C’est pour cela que je travaille maintenant toujours en équipe et que je me considère beaucoup plus comme un “responsable de la performance” au service des entraineurs.

Quand j’entrainais des athlètes de haut niveau, j’étais par contre un entraîneur-PP “spécialiste”. Avoir eu toutes ses étiquettes m’a permis de mieux cerner les rôles, les demandes et les missions de chacun, sachant qu’elles ne sont ni fixes ni clairement délimitées, mais évolutives et floues.

Mais, à mon avis, ce qui pose le plus de problèmes, c’est le terme “préparateur physique” et les connotations qui y sont associées. Aujourd’hui cela ne veut plus rien dire. On oppose trop PP à entraîneur. Pourtant un PP est aussi un entraîneur. S’il n’est pas reconnu à juste titre, c’est sans doute à cause de cela. Le droit du sport français reconnaît les statuts de sportif, de dirigeant, de juge, d’entraineur. Mais pas de PP ni de PM.

Ne soyons pas naïfs également. Certains veulent avoir l’étiquette PP “spécialiste” pour satisfaire leur égo. Et chez certains il est surdimensionné. Les réseaux sociaux sont de ce point de vue des prismes très déformants. Les enjeux économiques sont aussi à prendre en compte. Beaucoup de PP ne vivent pas de leur métier. C’est la course aux clients. Se revendiquer “spécialiste” leur fait croire qu’ils pourront trouver plus facilement du travail, des contrats. Ils oublient trop souvent que c’est la compétence que les clients recherchent. Être pérenne dans ce métier, c’est déjà par certains côtés un gage de compétence.

Je ne parlerai pas des PP “multitâches”. Ceux qui savent tout faire, du terrain jusqu’au laboratoire scientifique, qui souvent prêche la bonne parole, qu’on découvre “spécialiste” de nutrition, de mentale, d’une molécule hyper vitale, d’un détail physiologique hyper incontournable, d’un gène, sans formation ni diplôme reconnus, ou alors avec des diplômes et formations sans rapport avec leur “expertise”, voire même sans expérience. Ceux-là, je les admire. Ils revendiquent souvent être autodidactes, sont très critiques vis-à-vis des systèmes de formation établis et ont une capacité à échanger assez limitée. Leurs remarques et critiques semblent promouvoir une certaine anarchie puisqu’ils dénigrent systématiquement le “système”. Ce qui est paradoxal, c’est de revendiquer une légitimité officielle sans cadre de références. On a vu ce que cela donnait avec les ostéopathes. Ils m’impressionnent donc trop pour que j’en parle. Ce sont les nouveaux “dieux” de la PP.

La réathlétisation/réentrainement ? Là aussi il y a des PP “généralistes” et des PP “spécialistes”. Mais on est dans un cadre légal ambigu.

Le problème majeur reste que les “pros” PP “généralistes” ont souvent tendance à raisonner en méthodes, en idéologies, en doctrines plutôt qu’en lois, en règles, en principes.

Ce serait nier la différence entre la technique et le style. L’un est l’ensemble des comportements généralisables, l’autre est la personnalisation de ces comportements. Il ne faut pas les opposer. L’un n’existe pas sans l’autre. L’un évolue avec l’autre.

La motricité humaine a ainsi des principes communs, qu’elle soit aquatique ou terrestre : l’amplitude, la fréquence, le temps de contact, le temps d’envol. Mais la motricité d’un joueur de sport collectif de salle a des différences importantes avec la motricité d’un joueur de sport collectif d’extérieur. La nature du terrain influence énormément le temps d’appuis, la surface du pied en contact avec le sol et donc la nature et la séquence des contractions musculaires. Combien de PP “généralistes” sont venus de l’athlétisme pour aller dans le football et ne l’ont pas compris. On les a vu reproduire les mêmes exercices de terrain, de musculation. Par exemple, la phase de production de vitesse est différente. Mais ont-ils réellement compris que le footballeur ne cherche pas à produire une vitesse maximale comme un sprinter sur une piste d’athlétisme ? Que les jambes qui lui servent à se déplacer sont aussi celles qui lui permettent de contrôler le ballon et que cela est déterminant. Que le joueur de football n’a pas de starting-blocks ? Qu’il ne démarre presque que jamais arrêté ? On ne court pas de la même manière si on est sur une piste d’athlétisme, dans un gymnase avec un ballon à la main, ou sur un terrain de football avec une balle aux pieds. La réalité me fait dire que beaucoup de PP ne connaissent pas tous ses aspects. Il suffit de regarder les exercices qu’ils proposent. Tous les sportifs de tous les sports du monde pourraient les faire. Ça m’interroge beaucoup. Cela ne les empêche pourtant pas de dire qu’ils individualisent.

Définir un profil de force, un score FMS, une VMA etc : cela ne peut avoir un sens que si on tient compte des caractéristiques du sport, de niveau de pratique, de l’expertise du sportif, de son âge … Ce n’est pas toujours flagrant quand on lit certains écrits.

Les PP “généralistes ” peuvent donc sous-estimer ce qui est essentiel à haut niveau : la prise en compte du contexte spécifique, ses influences sur l’organisme.

Prôner des bains froids, différentes méthodes de musculation, c’est bien. Mais si l’équipe se déplace en jet privé en hôtel de luxe, ce n’est pas la même chose que si on voyage plusieurs heures en bus et qu’on dort dans un hôtel bas de gamme.

C’est ainsi le reproche majeur que je fais au modèle de Banister, lorsque l’on parle de charge d’entraînement. Pourtant cette prise en compte du milieu, l’influence du milieu sur l’organisme n’est pas nouvelle. Jean-Baptiste Lamarck l’évoquait déjà au 18e siècle. Sa théorie transformiste s’appuie sur deux principes :

– “la complexification croissante de l’organisation des êtres vivants sous l’effet de la dynamique interne propre à leur métabolisme,

– leur diversification, ou spécialisation, en espèces, à la suite d’une adaptation à leur milieu de leur comportement ou de leurs organes.”

Jean Piaget reprendra ses idées ultérieurement. Tous les étudiants STAPS le connaissent. “ L’éclairage qu’il apporte sur l’« intelligence », comprise comme une forme spécifique de l’adaptation du vivant à son milieu, sur les stades d’évolution de celle-ci chez l’enfant et sa théorie de l’apprentissage exercera une influence notable sur la pédagogie et les méthodes éducatives”.

C’est aussi la différence entre génétique et épigénétique : “Alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’épigénétique s’intéresse à une « couche » d’informations complémentaires qui définit comment ces gènes vont être utilisés par une cellule ou… ne pas l’être. C’est un concept qui dément en partie la “fatalité” des gènes »

L’homéostasie et la notion de milieu intérieur chère à Claude Bernard ne fait que renforcer cette influence. Il en est de même pour le Syndrome d’Adaptation Générale de Hans Selye, souvent repris par Verkhoshansky dans ses interventions sur l’entraînement.

Se revendiquer spécialiste de la force ? Des étirements ? De la musculation ? De la proprioception ? … Cela ne me choque pas. Mais le PP doit néanmoins avoir une connaissance approfondie de tous les facteurs de la performance. Attention à ne pas devenir spécialiste du détail du détail. On n’entend pas en effet dire un entraineur qu’il est spécialiste du pénalty, de la touche, du coup franc. Il est plutôt spécialiste des gardiens de but, des attaquants, des défenseurs. Mais il a une connaissance approfondie de son sport.

Le PP « généraliste » (en référence à un sport) peut donc être un PP « spécialiste » (en référence à un domaine de la performance).

Personnellement, mes journées ne sont pas assez longues, mes semaines non plus, pour connaître les subtilités de chaque sport. Je me considère donc comme un PP « généraliste » et j’en suis fier. C’est la raison qui me pousse à travailler avec des experts des sports dans lesquels j’interviens. C’est un grand plaisir que d’échanger avec eux, de chercher les meilleures stratégies d’entraînements pour être en forme au bon moment, plusieurs fois de suite. Car c’est cela que les sportifs attendent.

Par contre quand on parle de stratégies d’entraînement, de charge d’entraînement, d’effets cumulés différés, je deviens « spécialiste » et les entraîneurs deviennent des « généralistes » !

Le PP « spécialiste » et le PP « généraliste » peuvent donc bien sûr travailler dans une même structure. Ce qu’il faut définir c’est le référentiel : le sport ou le domaine de la performance ?

Quoi qu’il en soit, les logiques « verticales » et les logiques « horizontales » ne sont pas antinomiques. Elles sont complémentaires. Que les unes rejettent les autres doit interroger, inquiéter.

Mais les revendications de certains PP d’être reconnus, d’être étiquetés comme des spécialistes me font beaucoup plus penser à un problème existentiel, à un mal-être, qu’à un réel problème. Ces PP voient souvent l’herbe plus verte ailleurs, le soleil plus brillant, décrivent l’arbre comme étant une forêt, et font de l’exception une règle. J’ai plus l’impression qu’ils prêchent pour leur paroisse que pour la profession.
Ce qui me fait sourire ? C’est qu’à ce moment précis ils semblent prendre conscience de l’importance du milieu, du contexte. Le monde idéal n’existe pas, pas plus que le pays ou les PP sont une institution respectée. Une compétence importante est de savoir s’y adapter.

Il est surtout indispensable d’avoir une approche systémique, c’est-à-dire de considérer le sportif, ses aptitudes, ses capacités comme celles d’un être humain évolutif en relation permanente avec son contexte d’évolution. De comprendre que c’est un être émotif.

Le PP est un acteur parmi d’autres, ni moins important, ni plus important.
Savoir s’il est généraliste ou spécialiste, personnellement, je n’y attache aucune importance.
Je suis beaucoup plus sensible au fait qu’il soit compétent, motivé et optimiste.

Arnaud Ferec

Préparateur physique, fondateur de PRO-FTS – www.pro-fts.com

Ce qui me gêne toujours dans les raisonnements sur la spécialisation, c’est que cela ne pose aucun problème que le kinésithérapeute ou le médecin ne soit pas annoncés comme spécialiste. Après tout si l’on suit ce raisonnement, c’est bien un enchaînement naturel non?

L’utilisation de l’exemple de médecin spécialiste et généraliste est fumeuse. Nos médecins dans les équipes sportives sont médecin du sport. Cette spécialité se suffit à elle-même. Nos kinés sont (en générale) marque du sceau kiné du sport. Ces 2 notions “du sport” n’impliquent pas qu’il soit spécifique à un sport. Pourquoi un PP devrait il être spécifique à un sport X.  Mais quelle est la différence entre un kiné et un kiné du sport ? Entre un médecin et un médecin du sport? Une meilleur connaissance des problématiques liées aux activités physiques. Ce n’est pas en ayant une pseudo connaissance de l’activité X ou Y mais bien une connaissance précise, approfondie, en biomécanique, l’anatomie, la neurophysiologie, les conceptions d’apprentissage moteur et la psychologie et plus. C’est d’abord en connaissant l’homme que l’on peut entraîner l’homme.

L’analyse de l’activité est bien plus fumeuse qu’on ne le pense. D’une part parce que d’un entraîneur à l’autre, il y a des méthodes d’entraînement différentes, des idéologies de jeu différentes et donc des recrutements de joueurs différents. Croire que l’on connaît l’activité parce que 3 statistiques et 4 études c’est très limite. Croire que l’on connaît l’activité parce qu’on l’a pratiquée depuis l’âge de 10, c’est également limite, non seulement le niveau auquel on a joué ne correspond peut être pas à celui où on est entrain d’entraîner mais en plus les règles et les techniques évoluent et avec elles le jeu. Et à l’heure où les motricités des sports s’entremêlent de plus en plus, le footballeur prend ses un contre un comme le basketteur grâce a une meilleur technique de dribble, la latéralisation est de plus en plus importante avec les défenses à 10 qui ferment les espaces. Le rugbyman explore les passes lobées et la verticalité, on voit que si les corps sont spécifiques au sport (par une sélection génétique ou bien une adaptation aux contraintes des entraînements), les motricités elles, se ressemblent de plus en plus. Mais au final le problème pour un préparateur physique est-il de connaître l’activité et d’être un entraîneur bis ou bien d’être un spécialiste de la motricité afin de travailler sur les besoins de l’athlète en terme d’optimisation de la performance.

D’ailleurs si on est spécialiste de son activité, ne va t’on pas aussi spécialiser la formation des jeunes? Et bien évidement, c’est ce qui s’est passée. Et c’est cette spécialisation de la PP, où on met le sport au centre et non le jeune athlète, qui est remise en cause intensément depuis plusieurs années dans des pays qui “innovent” en travaillant sur la variété et la variabilité des motricités.

Le débat sur la spécialisation et la généralisation est bien plus large que l’on pense aux premiers abords. C’est une question de définition de notre activité et une affaire sur notre place au sein des staffs pro. Et oui la France souffre d’un manque de professionnalisme dans notre métier de PP. Reconnaissons-le. Quand on voit nos voisins Européens, nos oncles d’Amérique, ou nos cousins d’Australie, le PP à sa place indiscutablement.

Quand on parle de PP généraliste, on pense également à la PPG et dans un soucis de toujours coller à l’activité et d’augmenter le nombre d’heure de pratique comme le transfert, on se veut de plus en plus spécifique. C’est à dire que l’on va faire 2 passes et un sprint derrière ou bien on va faire des sprints avec le ballon au pied. Moi j’appelle cela de l’entraînement technique. Mais c’est peut être mon bagage de coach de basket qui parle; le basket est depuis longtemps habitué aux situations de un contre un, de faire 3 petits sauts avant d’aller chercher un rebond, ou bien de jouer des situations de contre-atttaque après un sprint défensif… mais on appelle pas ça de la préparation physique. Et aux USA, terre de basket, ce n’est pas le rôle du PP que de faire ce type d’animation.

Alors bien évidemment si on approche le travail du PP comme un analyste de data pour calculer la pseudo charge interne de travail (pour ceux qui font de “l’individualisation”) sur les 2-4h d’entrainement de la journée, et qu’il est animateur du choix des exercices [ aujourd’hui c’est 3×3, demain c’est 7×7 sans goal…], et si on pense que individualiser c’est donner un poids différent dans la salle de muscu, un temps d’entrainement différent, et 3 exercices de prévention différents, alors effectivement je recommande des entraineurs du sport, voir je file le boulot a l’assistant et j’engage un data analyste qui peut coder; comme ca j’aurais des beaux graphiques et des statistiques le lundi matin au top.

Mais si on considère que la préparation physique, c’est avant tout l’optimisation de la performance motrice du sportif; c’est a dire de placer l’athlète, l’homme, au centre de nos préoccupations et que l’on individualise les charges de travail alors il faut une formation qui s’applique à l’humain et non au sport.

La connaissance de l’activité se fait rapidement quand on a les outils pour l’analyser. Par contre, les histoires de vestiaires sur qui a marqué le but en 1997, ou le plaquage raté de X en finale de la coupe…tout ce qui fait la culture et l’histoire du sport est important pour établir des liens avec les joueurs et d’accaparer leur confiance. Mais dans un monde sportif qui se professionnalise de plus en plus, le rugby de potes (pour prendre cet exemple) n’existe presque plus (bien ou mal à vous de choisir), la 3ème mi temps est moins terroir qu’elle ne l’était. Et entre un gars compétent et un autre qui a une besace d’histoires, moi je choisis la compétence pour m’entraîner. mais c’est mon avis.

Aussi pour moi le PP généraliste c’est celui qui va travailler avec la population en générale où la santé va être le point important. Quand on a besoin de remplir un objectif précis,on va aller voir un spécialiste. Celui-ci est formé à des techniques particulières pour répondre à des besoins particuliers.

Cela ne choque personne si un médecin chirurgien est spécialiste du pied et du genou. Pourquoi est il choquant si un PP est spécialiste de la vitesse et de la force? Après c’est avant tout une question d’évaluer les profils de résistance de l’activité afin d’adapter individuellement au profil de force de mes joueurs. Et ça c’est amusant mais les spécialistes des activités ne le mentionnent que rarement pour ne pas dire jamais..

En d’autres termes, si on considère que pour avoir sa place comme PP, je dois me pourvoir en entraîneur et gérer les 4 allers-retour et les 10 sauts, faire 3 graphiques des datas GPS, je pense que l’on ne fait pas le même métier, mais je comprends. La partie financière est plus intéressante quand on a le titre d’assistant coach que quand on est PP.

Si par contre on considère que le métier de PP c’est d’évaluer les profils de force et de construire les exercices pour adapter les profils de résistances afin de permettre à l’athlète de progresser dans son contrôle moteur, alors je ne vois pas ou se situe le problème de travailler avec un basketteur, un sprinter ou un tennisman. Les kiné et osteo n’ont pas de problème à passer d’un footballeur à un kayakiste. Et si l’on poursuit sur la connaissance de l’activité comme élément fondamentale, les coachs qui entraînent le sport féminin ne devrait pas passer chez les hommes et vice-versa. L’activité est quand même assez différente. En basket, par exemple, l’exploitation de la verticalité est presque absente chez les féminines alors qu’elle est essentielle chez les hommes. A trop vouloir se trouver un travail et une place sur le banc, on a oublié notre métier de base: Force et Conditionnement physique pour le traduire de l’anglais. Mais surtout se réfugier derrière la pseudo spécificité de son sport enseigner par des spécialistes, cela revient à marier les rois et les reines ensembles. Et sans apport nouveau, sans créativité, et avec une rigidité sur les consensus d’entraînements, on ne fait pas avancer son activité. Et dans le haut niveau, si on avance pas, on régresse.

 

Conclusion de Xavier Barbier

Je pense que les 2 visions se défendent. Mais pour avoir une expérience auprès de sportifs de haut-niveau ou pro des différents sports, ma vision se rapproche plus de celle d’Arnaud. Loin de moi l’idée de vous rejouer l’excellent film “le cercle des Poètes disparus” (oh capitaine mon capitaine !), mais je pense que le spécialiste risque d’avoir une vision étriquée, trop centrée sur l’activité, et pas assez sur l’individu (et les points communs avec d’autres sports). Il est parfois bon de prendre du recul et de voir comment font les autres dans d’autres sports, organisations, situations.

Enfin, et pour conclure, les réseaux sociaux libèrent la parole, mais plus rarement le débat constructif et l’intelligence. J’échange et apprends bien plus par email, skype ou en direct avec un collègue, que via les réseaux sociaux ou il est impossible d’échanger sans que cela dérive dans tous les sens. Donc merci à Arnaud Ferec de m’avoir soumis ce texte qui laisse à chacun le temps de développer sa position et ses arguments. Très heureux d’apporter ma modeste contribution au métier de préparateur physique.

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La guerre des DATA

Les enjeux liés à une victoire dans le sport ne sont pas uniquement sportifs. C’est toute l’économie d’une ville ou d’un pays qui profite du titre de champion comme de la signature d’une star. La perte d’un match peut s’expliquer via une multitude de raisons : une différence de niveau de jeu, choix technico-tactique, “la chance”, blessures, mauvais coaching… L’intégration de technologies dans le sport de haut niveau ne date pas d’hier mais bien de la fin des années 90. Ce n’est que récemment que l’utilisation de ces technos comme outils de décision se sont systématisées. Encore relativement nouveau pour les clubs français, nos cousins anglo-saxons (surtout ceux « down under ») ont transposé le courant de “big data” dans le sport. Phénomène de mode ou outil exceptionnel, toujours est-il que l’intégration de systèmes de partage (le cloud) doit se faire avec un certain recul. Se reposer sur les datas pour prendre des décisions implique de prendre des risques. Les businessmen, et autres traders, par qui le big data est né et dont le sport se targue d’intégrer leurs algorithmes, ont l’habitude de prendre des risques au travers de l’analyse de leur donnée sur leur écran. Quid de nos coachs et managers qui fonctionnent plus souvent « à l’instinct » ? Quand on se prépare à se lancer dans le big data sportif, il faut s’assurer d’avoir couvert ses bases. Et à l’instar du monde du business, le management par les données crée son lot de problèmes. Penchons-nous sur 8 points qu’il parait important de mettre en lumière. Que l’on soit déjà high- tech ou que l’on s’apprête à franchir le pas, il est impératif de comprendre et gérer ces risques associés au « big data » dans le sport.

La sécurité
C’est évident mais bien trop souvent ignoré dans notre monde sportif. Le vol de données numériques est en augmentation constante. La fréquence des attaques est de plus en plus importante ; 5 des 6 attaques les plus destructrices de tous les temps ont été perpétrées dans les 2 dernières années (eBay, JP Morgan Chase, Adobe, Target et Evernote).
L’espionnage industriel est commune mesure dans le monde du business. Mais il a également fait son apparition aussi dans le monde sportif. Souvenez-vous le survol de drone lors de la dernière coupe du monde ! Combien de coachs de basket avouerons avoir caché des caméras dans les tribunes de leur salle lors du shoot-around de l’équipe adverse le matin du match afin d’espionner les stratégies adverses ?
Les grandes sociétés dépensent des centaines de milliers de dollars, voir des millions, pour protéger leur data. Que faisons-nous dans le sport ? Combien de temps avant qu’un hacker se connecte à un serveur d’un club pour ensuite manipuler les datas ? Imaginez l’installation d’un virus qui vous fera perdre l’ensemble de vos précieux pattern ?

Allons vers un cas pratique où une porte dérobée vers votre serveur donne un accès à votre système intranet. L’équipe que vous allez jouer au prochain ¼ de final de la prestigieuse Champion’s League va ainsi découvrir que votre arrière droit est dans dans le rouge depuis 3 semaines avec notamment une légère pubalgie à gauche qui l’empêchera de défendre à 100% lors de débordement.
Autre cas envisageable, le hacker va simplement changer vos variables d’entraînement et ainsi vous laisser avec de mauvaises informations pour prendre vos décisions ! Rappelons que les enjeux financiers sont suffisamment importants pour motiver ce type de comportement.
« Gagner ce n’est pas tout, c’est la seule chose » comme le dit le sophrologue L. Fernandez. Et le « dopage » numérique est un moyen qui n’est pas contrôlé.
[MISE À JOUR 7 Janvier 2015 : Le directeur du scouting des Cardinal passe au tribunal pour avoir
piraté la base de donné d’une équipe adverse…). Comme quoi ce scénario « catastrophe » n’est pas si éloigné de notre réalité. On note que les spécialistes en sécurité évaluent le niveau de ce hack come « enfantin » (source : http://www.wsj.com/articles/ex-cardinals-scouting-director-to-plead-guilty-to- hacking-houston-astros-1452271222).]

Le respect de la propriété
Très proche de la sécurité, le débat sur l’utilisation des datas doit être pris en compte par les divers acteurs. Ces datas sont proches de la santé et devraient faire l’objet d’une charter d’utilisations. Ces datas ne devraient pas être vendues, utilisées ou même échangées sans l’accord explicite des joueurs. Imaginez que l’algorithme propriétaire d’un club A estime que son joueur présente un risque élevé de rupture du tendon d’Achille. Le joueur en fin de contrat quitte le club et s’apprête à signer dans le club B. Est-il déontologique pour le club A de partager ses datas avec le club B ? Il est crucial que les fédérations et le comité olympique statuent rapidement sur ce problème. On peut également imaginer que des membres ayant accès à ces datas les utilisent à des fins personnelles. Outre la publication d’études scientifiques, pensez à de la revente vers d’autres clubs tel l’espionnage mais aussi pour sécuriser la signature d’un joueur lors de négociation d’un contrat. Enfin, dernier point qui est à méditer par rapport à l’utilisation des datas, lors de la renégociation d’un contrat, les datas sont utilisées en interne bien souvent contre le joueur. Les agents n’ayant pas accès à la base de données pour se construire une défense. En parallèle, le monitoring devient de plus en plus intrusif. Il n’y a qu’un pas avant de se faire tatouer ou d’avaler un traqueur d’activité. Les associations de joueurs de la NBA et la NFL ont compris ce créneau et ont récemment engagé un directeur de la performance au sein de leurs associations respectives pour s’assurer du futur des datas récupérées et tenter de légiférer de leur utilisation. En Europe, et plus particulièrement en France, la CNIL réglemente l’utilisation des données informatiques. Cependant, nombreux sont les clubs qui font signer des avenants aux contrats qui violent les lois et libertés individuelles.

Les coûts
La capture de datas, leur agrégation, stockage, analyse et l’élaboration de stockage ont un coût. Et par dessus tout, si on se met en règle avec les 2 points précédemment cités, on augmente drastiquement la note. Budgéter cet investissement permet d’éviter 2 biais : sous-utiliser les datas en se contentant d’être un agrégateur de données ; diminuer les capacités de son staff en

le noyant de données non traitées et non applicables. L’argent c’est le nerf de la guerre. La notion de rendement est essentielle. Pouvoir se rapprocher d’un rendement de 1, c’est-à-dire que pour chaque euro dépensé, on a un retour sur la performance.
Tout club qui souhaite entrer dans le monde du data doit impérativement établir une stratégie. Acheter un GPS pour dire que l’on en a acheté un est aussi inutile qu’acheter un smartphone sans avoir prévu un budget pour le forfait mensuel, les applications et les accessoires.
Bien sûr le revendeur oublie souvent de mentionner ce coût. Mais un GPS sans analyste ne vous servira pas à grand chose. Pensez-vous que le rouge et le vert soient suffisants pour gérer votre équipe ? Pensez-vous que votre ordinateur soit doté d’une intelligence artificielle pour savoir établir la différence entre fatigue et récupération, les deux s’exprimant par un manque de déplacement à l’entraînement, mais différant fondamentalement dans la prise en charge de l’athlète ? Enfin, pensez-vous que votre staff n’avait pas assez de travail et que leur donner de l’analyse de datas en plus ne va pas les éloigner de leur métier initial : entraîner et coacher ? Enregistrer trop de datas augmente le coût de stockage et d’analyses ; ou bien alors, on fait semblant. Car après tout, on n’a pas les moyens de réellement s’impliquer dans le « big data » et on n’a ni les installations pour s’entraîner correctement ni le personnel pour mettre en place une politique de haut niveau. Faire un peu de datas pour rester dans le coup avec les autres équipes, accrocher le wagon à la mode et se contenter de masquer son manque d’investissement est également une stratégie. Mais elle a un coût, au-delà de celui des dépenses, et ce coût s’exprime en terme de résultats. Dans le sport de haut niveau, l’histoire du petit Poucet fait toujours rêver dans la coupe de France de football – cela reste le seul sport où David peut gagner contre Goliath – mais soyons franc, cela ne dure pas dans le temps. On ne peut pas tricher avec le haut niveau, avec le temps l’enfumage disparaît et la chute sera inexorable.

Le temps
Le temps, bien que relié à la notion de coût – ne dit-on pas le « le temps c’est de l’argent » ? – mérite son propre paragraphe. La notion de temps prend ici 2 aspects.
Tout d’abord, par manque de moyens financiers, le temps de votre staff à agréger et analyser les données sera du temps qu’ils ne passeront pas à faire leur travail pour lequel ils sont spécialistes. Le traitement des données prend du temps. Du temps supplémentaire au préparateur physique si celui-ci est en charge de l’analyse des données. Ou bien cela implique une personne de plus dans le staff, et donc un coût supplémentaire, pour éviter de sous-utiliser les datas en se contentant d’être un agrégateur de données.

Ensuite, combien de temps avant d’obtenir des données fiables et utilisables pour mettre en place des actions concrètes ? Pour combien de temps ? Face aux réponses individuelles, affiner l’utilisation de l’outil Data, va prendre des semaines, voir des mois avant d’avoir construit une base de données sur les réponses individuelles à l’entraînement (charge interne). Certains sportifs ont besoin d’une charge d’entraînement plus importante que d’autres pour être performants lors du prochain match. Autre exemple, un indice de VFC bas à l’approche de la compétition, donc mauvais dans l’absolu, peut être une bonne chose pour certains sportifs si cela est dû à une augmentation de l’activité sympathique. Connaître quels marqueurs, selon quels joueurs, permettent d’être plus compétitif requiert du temps, nécessite des périodes pour calibrer les outils. Dans certains sports le calendrier des compétitions est tellement dense que vous n’obtenez que très rarement cette période de calibrage. Dans certains sports, les joueurs restent si peu de temps dans l’effectif que les indices individuels que vous avez mis plusieurs mois à déterminer ne sont utilisables que quelques mois avant que le joueur parte sous d’autres cieux et doivent être remplacé par un nouveau joueur. Le basket est le parfait exemple avec les contrats mi-saison, mais on pourrait citer le football avec des joueurs qui arrivent également à la trêve hivernale et se retrouvent en prêt à l’été dans un autre club.

La collaboration
L’acquisition correspond-elle à une volonté du staff ou à l’irrésistible envie de faire comme les concurrents ? Pensez-vous que tous les entraîneurs ont, comme vous, scientifiques du sport ou préparateurs physiques à tendance technophile, un attrait pour les données ? Soyez sûrs et certains que non. Amasser et traiter ces données est le dernier souci de nombreux entraîneurs et certains ne changeront absolument rien à leurs entraînements même si vous leur proposez des indicateurs adaptés.
N’oublions pas le coté pratique pour les joueurs. De simples questionnaires, peu coûteux certes, ne rencontrent qu’un accueil mitigé, pour au final obtenir des données subjectives. Tout d’abord, pensez bien que certains joueurs(euses) sont parfaitement capables de faire rapidement la corrélation entre fatigue affichée au monitoring = repos. Ensuite, pensez également que pour d’autres joueurs(euses) le monitoring et les datas c’est avant tout un moyen pour le staff de fliquer leur implication pendant les séances et/ou ne pas le laisser jouer le prochain match pour cause de fatigue. C’est un défi auquel on ne pense pas immédiatement : faire accepter ces outils aux sportifs. Dans un monde parfait, les joueurs font confiance au staff et travaillent dans le même objectif : gagner. La réalité du sport collectif professionnel est quelque peu différente. Et bien souvent les plus motivés se retrouvent dans le staff. Un directeur de la performance confiait il y a un an, sa difficulté de faire porter un cardio-fréquence et un GPS à la star de son équipe. Le joueur n’aime pas être traqué dans ces entraînements et la ceinture le gêne dans ses mouvements. Un an après il a toujours les mêmes problèmes.
Autre exemple avec un simple questionnaire de fatigue matinale. La joueuse se réveille à 8h, complète le questionnaire sous les draps depuis son lit, se rendort, se lève 45min avant l’entraînement prévu à 12h et s’y présente sans prendre de petit déjeuner. Les données du questionnaire ne servent strictement à rien et leur analyse sera faussée et donc erronée. Pensez-vous que l’approche de la joueuse sera différente si vous mettez à disposition de la joueuse des outils hi-tech pour recueillir des données différentes sur le sommeil, l’activité cardiaque ou cérébrale au réveil ?

L’analyse erronée
La mauvaise interprétation des pattern en établissant une causalité qui n’existe pas – simplement une coïncidence- est un biais dominant dans les analyses.
Etablir que suite à 3 entraînements les joueurs sont fatigués et les mettre au repos quand en fait ils sont entrain de récupérer (et dès lors les garder en activité adaptée serait la solution) a des incidences directes sur l’état de forme de ces joueurs. Combien de fois ne lit-on pas dans les journaux des phrases de joueurs qui se sentaient un « peu court physiquement » alors qu’ils ont eu une semaine de « repos pour préparer le match » ? Se reposer à 100% sur les datas, c’est occulter l’humain dans l’équation de la performance. L’aspect psychologique n’est pas encore mesuré, ou pas systématisé via les questionnaires et le suivi attentionnel (EEG), pourtant on sait que celui-ci joue un rôle majeur dans la performance. Le bien-être et les sensations sont les premières excuses derrière lesquelles les sportifs se réfugient après une défaite. De ce fait, les datas doivent être un accompagnement et non un tout. L’analyse est le maillon faible du « big data ».

Sans rentrer dans les détails mais seulement en proposant une histoire empruntée à N. Taleb dans son livre Cygne Noir. L’histoire rapidement résumée commence ainsi : pendant 1000 jours un fermier nourrit sa dinde, prend soin d’elle et s’assure de son bien-être. Chaque jour qui passe renforce la dinde qu’elle vie dans le meilleur des mondes. Son niveau de confiance dans le fermier, basé sur sa relation au jour précédent, de la semaine passée, du mois, trimestre, (…) ne fait que monter. Tout cela jusqu’à ce Mercredi avant le Thanksgiving où le fermier lui coupa la tête pour le servir rôtie avec une bonne sauce. En se penchant sur l’analyse des datas du niveau de confiance de la dinde, la transcription en pattern pour s’assurer que demain sera un nouveau jour sans problème ne nous renseigne en rien. Ces données ne permettent pas de prédire la performance du lendemain. L’utilisation de pattern basé sur des datas du passé limitent drastiquement leur capacité de prédiction. Sans prise en compte de l’aspect situationnel et des réponses individuelles, les prédictions sur l’état de forme ou le risque de blessures sont accompagnés d’une marge d’erreur que l’on ne connaît pas. Cela revient à comparer des oranges et des pommes. Les joueurs sont différents, et réagissent différemment aux entrainements ; et surtout ont des emplois du temps différents – les autres 15-20 heures de la journée où vous n’êtes pas avec eux – et ils possèdent des réactions aux stress différents. En gros, ils ne sont ni des robots ni des courbes sur votre écran de smartphone et dès lors, les analyses doivent prendre en compte ces aspects inter-individuels. L’utilisation de l’outil statistique pour réguler la charge d’entrainement est donc à prendre avec des pincettes. L’analyse est multifactorielle et à moins que votre logiciel n’intègre l’ensemble des paramètres, il est important d’établir un algorithme décision du poids des informations et d’utiliser des boucles rétroactives pour vérifier que ces datas soient valides, utiles et transposables.
En discutant avec un préparateur physique de football italien reconnu sur la scène internationale, il a même ajouté que, plus le niveau de précision de nos outils de mesure (en l’occurrence dans les GPS /accéléromètres dans notre conversation), plus il devenait difficile d’analyser précisément. La fréquence d’acquisition de l’instrument augmente le nombre de datas (c’est le but) mais le risque d’erreur d’interprétation augmente également. On pourrait imaginer que cette augmentation soit linéaire (5 fois plus de datas entraîne 5 fois plus d’erreur) ; non, l’augmentation du risque d’interprétation est exponentielle selon lui et d’autant plus importante quand la fatigue se présente. Par exemple, une feinte de changement de direction avec une stratégie d’épaule (qui intervient plus souvent quand les jambes sont fatiguées) pourra être analysée comme un changement de direction de par la position même du capteur lors d’une acquisition à 50Hz par rapport à 10Hz.

Les données fumeuses
C’est le dernier point mais certainement celui qui traduit clairement le manque d’une stratégie quand à l’intégration des datas dans le management. Pompeusement nommées fumeuses car avec la fumée on cache ce qui est essentiel et on perd du temps. Avec le versant physiologique totalement dominant –à tort- le psychologique et le biomécanique, la systématisation du suivi de la quantité d’entraînement a renforcé l’idée que la fatigue est le premier facteur de risque chez un athlète. Certes on sait qu’après un certain nombre d’heures de pratique, le risque de blessures augmente drastiquement, et que les blessures musculaires surviennent principalement à la fin des mi temps. Non seulement le suivi physiologique ne nous permet pas d’être précis quand une blessure va survenir, mais le pourcentage de risque par heure de pratique intègre un écart type important. Mettre un athlète au repos alors que celui-ci n’est pas fatigué augmente aussi son risque de blessure – d’où peut-être les nombreux échecs malgré un monitoring plus précis ; mais en plus le monitoring physiologique ne peut nous indiquer où la blessure va apparaître. Bien sur, ces données fumeuses ajoutent un coût, du temps humain, et augmente le risque de trouver des corrélations et des causalités qui n’ont pas d’intérêts.

Le Hasard sauvage
Plus encore que tout, la qualité des datas est essentielle. Enregistrer des artefacts et tenter une analyse de ces erreurs ne pourra que biaiser toutes les prescriptions qui vont suivre. C’est comme attribuer ce que j’appelle des valeurs « boule de cristal » à des outils qui ne le sont pas. C’est-à-dire tenter de faire dire bien plus aux datas que ce qu’elles produisent. L’extrapolation des résultats est hélas monnaie courante dans le sport de haut niveau ou les auto-proclamés super spécialistes vendent leur service pour analyser ce qu’ils ont vu (dans leur boule de
cristal). La variabilité cardiaque et l’électromyographie sont 2 outils où l’on retrouve des analyses très poussées d’un spécialiste à un autre. Les données d’accéléromètre (mouvement global ou simplement pour établir des profils inertiels) se placent également dans cette course.
Pour emprunter une idée à N. Taleb une nouvelle fois, nous sommes gouvernés par le biais de narration. Nous voulons toujours expliquer à posteriori, en connaissant la fin de l’histoire, ici la blessure. Sauf que « nous ne savons pas ce que nous ne savons pas ». Sommes-nous certains de suivre les bonnes données ? Tentons-nous d’expliquer des évènements sur la base de données incomplètes et extrapolées sans savoir ce que nous ne voyons pas ? L’explication ne vient-elle pas de données que nous n’explorons pas ?

Face aux Datas : faut-il devenir un Sceptique Empirirque ?
L’intégration de data est inhérente à la pratique sportive de haut niveau moderne. Ces
« quants », comme on les appelle dans le système bancaire sont-ils, pour autant l’apothéose et l’unique direction à prendre ? Il ne faut pas oublier que le sport professionnel reste l’un des rare métiers de l’humain à l’humain. Les ordinateurs et les calculs stratégiques prennent de plus en plus de place. Mais en fin de compte, cela reste un homme qui va marquer le but ou plaquer l’adversaire ne l’oublions pas. Aussi, avant d’investir dans des technologies qui seront rapidement dépassée (les accéléromètres ont multiplié par 100 leur vitesse d’acquisition en 3 ans de 10Hz à plus de 1200 aujourd’hui), les clubs doivent engager du personnel et continuer à les former (management, psychologie, technique de terrain, informatique).
Bien entendu, les teams qui souhaitent s’engager sur la route des datas doivent absolument éviter les problèmes que l’on vient d’exposer. Cela commence par un audit, afin d’établir la stratégie, les besoins, et surtout le budget. La partie financière est bien souvent l’élément clé comme dans tout business. Un club doit investir pour aujourd’hui et pour le futur. Simplement dit, acheter des équipements d’évaluations sans avoir les moyens de mettre en place les remédiations par manque de personnel ou d’infrastructures est une perte d’argent et de temps. Tout les clubs n’ont pas un budget de Champion’s League ; reste que la première dépense dans la mise en place d’une stratégie de data doit s’opérer sur l’humain ! En étant précis sur la stratégie, on peut espérer maximiser ses dépenses pour en produire des investissements. L’objectif ne devrait pas être non plus d’engager des Docteurs en science du sport fraîchement diplômé pour diriger votre département performance mais bien de donner les moyens aux préparateurs expérimentés pour savoir discerner le bruit de la musique.
En fin de compte, l’élément le plus important reste la transcription des datas en outils pratique, directement utilisable sur le terrain pour manager la performance des joueurs et leur risque de blessure. Et cela cher lecteur, cela restera encore et pour beaucoup d’années, l’art du coach/préparateur physique ou encore plus communément appelé le talent. Et un conseil, misez toujours sur le talent de votre staff avant de miser sur des outils technologiques. Car ce talent est venu au pris d’année de travail. Et cela n’a pas de prix !

Article co-rédigé par :

Arnaud Ferec, préparateur physique, fondateur de PRO-FTS, et auteur de GENETICS FOR TRAINERS: Decoding The Sports Genes.

Xavier Barbier, préparateur physique.

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Conseils réduction des risques de blessures – Episode 3

Nouvel épisode de conseil préparation physique :

1/ Ne sortez plus jamais sans votre bâton de massage
Si votre sport implique la saisie d’un objet (balle, raquette) ou de l’adversaire, il est probable que les douleurs aux avant-bras soient courantes.
N’hésitez donc pas à vous auto-masser les avant-bras avant les séances d’entraînement avec un baton de massage :

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Surtout avant l’utilisation de barres et haltères. Cela devrait aider à réduire ces douleurs ainsi que les risques de blessures à long terme.

2/ Souvenez vous des ninjas ou des enfants
Lorsque vous utilisez des exercices pliométriques avec emphase sur la partie excentrique, l’objectif est d’amortir l’atterrissage. Pour facilement retenir l’idée, chercher à faire comme les ninjas ou les enfants sages : on peut vous voir mais on ne doit pas vous entendre.

3/ La mobilité est N°1 chez les jeunes sportifs
Si l’on recherche le développement à long terme, l’objectif N°1 est la mobilité. Un manque de mobilité entraîne trop de compensation dans l’exécution des mouvements fondamentaux. Donc à terme l’intégration de mauvais schémas moteurs.
Le manque de mobilité de la chaîne postérieure est très fréquent. Testez cette étirement actif.

 

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Sportifs : arrêtez de laisser faire n’importe quoi avec votre corps !

En tant que préparateur physique, rien n’est plus important pour moi que la réductions des risques de blessures et la santé en générale des sportifs dont j’ai la responsabilité.

C’est pourquoi j’ai de plus en plus en sentiment que quelque chose ne va pas dans la préparation physique dont ont bénéficié beaucoup des sportifs adultes avec lesquels je collabore. Pour être plus précis, je ne comprends pas comment on peut considérer normal d’avoir des sportifs(ves) de 25 ans avec plusieurs opérations (déjà), injection de PRP et des pathologies chroniques (tendinopathie, usure).

 

Ne nous méprenons pas, je sais que plus le niveau de compétition augmente, plus cela implique un certain niveau “d’inconfort” et que dans certains sports le seul moment ou l’on n’est pas “blessé” c’est avant le 1er match de saison (et encore).

Mais ce que je sais aussi c’est que blessures et douleurs signifient un entraînement moins efficace ou pas d’entraînement du tout. Voir pas de compétition du tout. Personne n’atteint son plein potentiel lorsqu’il est ralenti par des blessures et des douleurs.

L’approche “no pain, no gain” rassure, mais pose rapidement problème. En cas de douleur, l’origine est-elle le fait de s’entraîner dure ou le choix d’un mauvais exercice ?

N’y a-t-il pas des exercices à éviter selon certains sports ? Est-il normal de constater des douleurs et blessures chroniques chez des jeunes sportifs(ves) a peine leur développement à long terme fini (21-23 ans) ? Il y a forcement quelque chose de manqué, que nous manquons depuis des années, dans leur formation athlétique !

Prenez les sports de lancer (handball, football américain, baseball) ou de raquette (tennis). L’incroyable sollicitation de l’épaule n’est pas sans conséquence pour la santé de celle-ci.

2 approches sont possibles :

1/ On ne change rien (No pain, no gain !), on pousse/tire FORT dans tous les exercices de musculation.

Traduction : vous appuyez sur l’accélérateur, placez vos mains sur les yeux et espérez qu’il n’y ait pas de virages sur la route (bonne chance !)

 

 

2/ Vous considérez que certains exercices sont à éviter afin de conserver une épaule en bonne santé.

 

Comment savoir quels sont les exercices de musculation a éviter ?

Tout d’abord vous pouvez faire quelques hypothèses sur la base de généralités anatomiques.

Mais le plus efficace est sans aucun doute de bénéficier d’une évaluation complète afin d’identifier les exercices à risque.

Restons sur le sujet des sports de lancer ou de raquette. Parmi les 7-8 tests pour l’épaule que j’utilise, le test de mobilité du grand dorsal sur le mur est celui qui permet de définir la place des exercices de tirage vertical (ex : traction).

Voyons pourquoi ensemble.

Le grand dorsal est un muscle rotateur interne et extenseur de l’épaule.

 

Lors du test de mobilité grand dorsal sur le mur, une amplitude de mouvement (ROM) saine correspond à l’humérus perpendiculaire au sol, les mains touchant parfois le mur (comme sur la vidéo!).

En deçà, la mobilité du grand dorsal pose problème. Il va limiter la rotation externe et la flexion de l’épaule. Deux choses absolument nécessaires lorsque l’on pratique un sport de lancer si l’on ne veut pas risquer des blessures.

 

Cette mobilité limitée du grand dorsal est assez fréquente chez les passionnés des tractions (normal, l’exercice sollicite énormément ce muscle).

Ainsi, si il y a déjà un manque de mobilité, proposer un exercice comme les tractions va certainement participer à réduire cette mobilité vitale pour le pratiquant des sports de lancer et de raquette, si ce n’est pas surveillé. Ceci sans présager des risques de modification de la posture.

Prévention : l’épaule (partie 1)

Lorsque l’on pratique un sport de lancer, il n’est pas rare de constater des asymétries. Ainsi, réaliser le test de mobilité du grand dorsal sur une table permet d’observer des différences droite/gauche que l’on n’aurait pas identifiées dans sa version au mur.

 

Jusqu’à un certain point, présenter un asymétrie n’est pas dangereux. Mais que passe-t-il lorsque l’on réalise un exercice bi-latéral comme les tractions, avec 2 ROM différentes comme identifié dans la vidéo précédente ? L’épaule gauche ne va certainement pas gagner en mobilité en renforçant le grand dorsal… Donc l’épaule droite, limitée dans son amplitude par l’épaule gauche, a toutes les chances de perdre a son tour en mobilité.

Si vous pratiquez un sport de lancer ou de raquette, vous avec besoin de cette mobilité en rotation externe et flexion sur votre épaule ! Sauf si vous souhaitez vous blesser…

 

En absence d’évaluation précise, ne serait-il pas plus raisonnable d’éviter les tractions ?

En conclusion, retenez qu’il n’y a pas d’exercice dangereux en soit. Mais des exercices contre-indiqués selon votre profil et votre sport. C’est votre corps, votre santé, votre carrière sportive.
Si vous souhaitez bénéficier d’une évaluation fonctionnelle complète, ainsi que d’un programme de réduction des risques de blessures, je vous invite à consulter ma page dédiée : Evaluation fonctionnelle du mouvement

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Entraînement en saison des qualités neuro-musculaires et leur effet sur la vitesse maximale intermittente chez la joueuse de handball

Photo : Carinne COLIN

 

Dans le cadre du Diplôme Universitaire de Préparation Physique et Réathlétisation de l’université d’Evry Val d’Essonne, j’ai eu à réaliser un mémoire sous forme d’article scientifique.

Pour mon thème, j’ai fait le choix d’évaluer l’effet de mes séances. Choix risqué diront certains.

Cette idée est partie du constat que font tous les préparateurs physiques : le manque de temps en saison. En conséquence de quoi il est très difficile pendant la saison de provoquer des adaptations physiologiques par des stimuli adéquats. En d’autres termes, avec l’enchaînement des matchs, les charges d’entraînement ne peuvent pas être élevées et vous ne pouvez pas faire progresser physiquement les joueurs(euses). La stratégie est généralement d’essayer de maintenir les gains réalisés lors de la préparation physique d’avant-saison. La question est toujours : ma stratégie est-elle efficace ?

Ainsi, le sujet de mon mémoire/étude, a porté sur l’effet de l’entraînement des qualités neuromusculaires sur la vitesse maximale aérobie chez les joueuses de handball de D2 de la Stella Saint-Maur.

 

4 informations essentielles :

1/ Les qualités neuromusculaires sont abordées dans un sens large (vitesse sous ses aspects biomécaniques, puissance, force).

2/ C’est principalement la fatigue des joueuses qui dictait la charge d’entraînement. Pour ce faire, une évaluation bi-hebdomaire de la fatigue a été mise en place via questionnaire Hooper et test CMJ. Ceci avec tous leurs écueils (implication, honnêteté, etc).

3/ Je sais, l’échantillon est trop petit pour être significatif ! Mais la réalité de terrain fait que les joueurs/joueuses non sont pas disponibles ou en bonne santé tout le temps !

4/ Ce mémoire/article a été réalisé sous le tutorat de Claire THOMAS-JUNIUS, Maître de Conférence Université – HDR Université d’Evry Val d’Essonne et sous la supervision de Nicolas JEANSOULE, Maître de Conférence Associé Université d’Evry Val d’Essonne.

Au final à travers cette étude/mémoire, j’ai cherché à observer l’effet de mes séances sur la vitesse maximale intermittente obtenue lors d’un 30-15IFT.

Je vous propose ici une version enrichie (nous étions limité en nombre de pages) de mon mémoire.

 

https://drive.google.com/file/d/0B-KLpaM3seb6Z055VnB4d3huR3M/view?usp=sharing

 

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Question / Réponse : protocole réathlétisation entorse cheville

Question :

“Bonjour,

Je suis actuellement en stage pour mon Master 2 STAPS Entrainement et Réhabilitation chez les Geneva Seahawks (Football Américain) jusqu’à fin juin 2015.

Afin de valider mon master, je dois rédiger un mémoire sur l’entorse de cheville dans le football américain, et recenser les pratiques en vigueur concernant la reprise de l’entrainement d’une cheville ayant subi une entorse, mais aussi les pratiques se rapportant au maintien de l’activité des parties saines du sportif en question.

J’ai effectué beaucoup de recherches sur les éventuels protocoles pouvant exister, mais elles sont restées sans succès car je ne trouve que des protocoles de kinésithérapeutes.

J’ai donc décidé de vous adresser ce message pour savoir si, en tant que préparateur physique, vous accepteriez de me dévoiler les grandes lignes de votre protocole dans le cas d’une entorse de cheville, et ainsi d’être cité dans mon mémoire.

Je vous remercie d’avance.

Bien cordialement,

Ondine AUBERTIN”

Réponse

Bonjour Ondine,

Tout d’abord il est normal de ne trouver que des protocoles de soins de kinésithérapeutes. Tout d’abord, une grosse partie du temps, dégressive certes, est généralement dévolue aux soins. Et seuls les kinés peuvent le faire. Ensuite, il est difficile de situer la frontière entre soins et réathlétisation lorsque le premier se termine et le second débute. C’est un processus qui voit collaborer et se succéder le kiné et le préparateur physique. Ainsi, il est donc utile de connaître ces protocoles et d’échanger avec les personnes qui les mettent en oeuvre. Enfin la réathlétisation est un champ d’expertise assez récent et les productions sont donc limitées.

Le maintien d’activités des parties saines du sportif doit surtout veiller à ne pas le mettre en danger par le choix des exercices. Dans ce cas, la sollicitation du membre sain est même impératif pour réduire la perte de force sur le membre lésé n’étant plus à discuter (Transfert croisé).

Le travail en piscine peut également avoir l’avantage de permettre de décharger l’articulation pour l’exécution d’exercice sur l’amplitude maximale du nomment. A défaut d’avoir un system Alter-G la piscine est d’ailleurs l’option la plus accessible.

Lorsque le feu vert est validé par le kiné pour la reprise du travail en charge, mon approche ne change pas vraiment. Je considère juste que le sportif est alors sédentaire. Je m’oblige alors à repasser par les premières étapes et suivre la même progression d’exercices pour le développement de la force et la puissance musculaire :

Bilatéral → unilatéral

Plan sagittal → Plan frontal

Isolé → polyarticulaire → globaux

Lent → vite

Attendu que la reprise de la marche/course s’associe très souvent d’une reprise du processus d’inflammation, la partie énergétique, quant à elle, dépend des retours des kinés. Tant que le sportif ne peut marcher, la seule solution est de limiter les pertes au niveau central par des sollicitations sur le haut du corps. Vélo stationnaire lorsque cela est possible –> Elliptique et marche ensuite → Course enfin. Mais il n’est pas rare de revenir sur un exercice moins sollicitant pour la cheville.

Pour la partie vitesse et changement de direction, l’idée est la même, c’est-à-dire reprendre depuis le début les compétences :

Isoler → appliquer → intégrer

Linéaire → latéral → multidirectionnel

Simple → complexe → réactive

J’aimerais conclure en point. Tout d’abord, le travail réalisé avec le préparateur physique ne se substitue pas aux soins et qu’il est important de collaborer avec le staff médical. La douleur à toute les chances de réapparaître lors du processus de réathletisation.

Enfin si l’on parle ici uniquement de la cheville, mon approche est la même pour toutes les blessures sur les membres inférieurs. Je dirais même que mon approche est la même tout le temps. Dans beaucoup de sport, le seul moment ou le sportif n’est par blessé quelque part, et n’est pas en réathlétisation au sens large, c’est avant le 1er match de saison. Et encore, je suis généreux !

Un bon programme de réathlétisation doit prendre en compte les douleurs et l’historique des blessures… Et est donc un bon programme… Tout court !

Mais plus que tout, l’important n’est pas d’avoir un protocole,rigide, mais des principes généraux, plus souples. La préparation physique, la réathlétisation en particulier, reste un champ d’expertise qui nécessite le plus d’individualisation possible.

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Vitesse : 7 raisons d’utiliser des élastiques

Les élastiques font partie du matériel de préparation physique que j’utilise le plus souvent, peu importe le sport, l’âge ou le sexe du ou des sportifs.

Généralement, on voit leur utilisation en résistance avec un partenaire retenant le sportif en action. C’est en effet une des possibilités. Mais elles sont nombreuses dans le but de développer la vitesse chez le sportif.

Voici 7 possibilités :

 

1/ Augmenter la force produite au sol

Plus de force = plus de chance d’avoir une accélération importante.

 

2/ Mettre en lumière des défauts techniques

Ajouter une résistance révélera sans aucun doute les compensations/modifications des postures et des actions des jambes/bras.

Continuer la lecture de « Vitesse : 7 raisons d’utiliser des élastiques »

A lire également... :

Quelle relation entre changement de direction, puissance et force musculaire ?

C’est une très bonne question !

Dans la majorité des sports collectifs, le temps est très limité lorsque vient la préparation physique. Il est donc important d’opter pour des exercices et méthodes avec un fort rendement et transfert vers le sport en question, au regard du temps disponible.

Autrement dit : l’exercice et la méthode choisis auront-ils un impact positif sur la performance dans le jeu ?

Ainsi, par exemple, augmenter mes performances en squat va-t-il améliorer mes changements de direction ?

C’est justement ce qu’une récente étude a cherché à déterminer.

Qu’ont-ils conclu ?

– Il semble qu’il n’y a pas de relation entre les performances aux changements de direction et celles aux tests de puissance/explosivité (CMJ, DJ) et de force (Squat).

Continuer la lecture de « Quelle relation entre changement de direction, puissance et force musculaire ? »

A lire également... :

Lourd / léger : quelles charges / résistances pour l’entraînement de l’accélération ?

Un étude publiée récemment est revenue sur les effets sur l’accélération de différentes résistances lors de l’utilisation de chariot.

Selon cette étude, il semblerait encore un fois que les résistances plus importantes auraient des effets plus importants sur l’accélération (5 et 10 m).

Explications possibles ?

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