Devez-vous sortir épuisé de vos séances ?

Avant de répondre à cette question, je précise que je n’aborderai pas le cas du pratiquant loisir d’une activité physique. Mais uniquement le cas du pratiquant compétition qui utilise des séances de préparation physique pour développer des qualités physiques (vitesse, explosivité, force, qualités énergétiques) spécifiquement pour son sport. Les 2 approches doivent être différentes.

Ma réponse à la question “Devez-vous sortir épuisé de vos séances ?” est : oui… non… ça dépend !

1 – Cela dépend de l’objectif de la séance
Sortir épuisé de vos séances dépend grandement du type de qualités physiques entraînées et des méthodes utilisées. Certaines méthodes ne vous causeront que peu de fatigue perçues (no pain !) alors que le travail a été important. A l‘inverse, certaines méthodes s’associent à une forte fatigue perçue (pain !).
Ceci signifie également que si vous terminez épuisé (ou pas) par la séance, vous avez peut-être manqué l’objectif de votre séance et travaillé sur une autre qualité physique que celle visée au départ.

2 – Cela dépend de la période dans l’année
Une charge d’entraînement importante prend du sens hors-saison lorsque l’objectif est de développer les qualités physiques.
Cela a beaucoup moins de sens lorsque vous êtes arrivé en saison. Pendant cette période, l’objectif est de maintenir les gains réalisés pendant le travail hors-saison.
Pendant la saison, vos entraîneurs vous veulent en bonne santé pendant et n’aiment pas trop vous voir arriver épuisé, plein de courbatures ou blessé par votre séance perso de la veille.

3 –  Cela dépend la planification
Vous ne pouvez aller contre la physiologie et la relation stimulus-adaptation.
Les progrès réalisés et la capacité de performance dépend de la fatigue provoquée et de la récupération.

Ceci est exprimable par l’équation TRAVAIL + REPOS = PERFORMANCE
Sans oublier que les structures passives de votre corps (articulations, tendons, ligaments) ne peuvent pas supporter des charges d’entraînement toujours plus importantes.
La récupération et la régénération font totalement partie de l’entraînement.

Résumons
L’expression “No pain, no gain” (et sa “dureté mentale”) est très répandue dans le milieu sportif. Mais elle peut être facilement mise en défaut comme l’ont exprimé sur leurs blogs Xavier Roy – Qu’est-ce que le « mental toughness »? – et Cécile Traverse – « No pain, no gain », quelles limites pour cette « idéologie » ?.

Vous mettre à genoux et vous faire vomir à chaque séance est facile. Un idiot avec un sifflet et 3 cônes en est capable. Jouer au sergent instructeur Hartman du film Full Metal Jacket à chaque séance est facile et ne procure que peu de plaisir.

Ce qui motive c’est d’aider un sportif à passer d’un niveau athlétique 1 au niveau 10 et vous accompagner dans l’amélioration de vos performances.
Cela demande, aussi, de savoir baisser la charge d’entraînement temporairement… Pour pouvoir la faire remonter encore plus par la suite (Ha !).

En somme : “Train smarter, not just harder” !