Préparation physique : Etre en forme??

Contrairement à ce que l’on pourrait penser le niveau de forme n’est pas stable. C’est-à-dire qu’un sportif n’a pas les mêmes capacités à la performance tout le temps. Ceci est vrai dans la journée, dans la semaine, dans le mois et bien évidemment dans l’année.

Les illustrations sont nombreuses : est-on capable d’effort physique dès le réveil ou en fin de journée après une dure journée de labeur ? N’accueillons-nous pas avec bonheur en fin de semaine ce repos bien mérité ?

Le sportif va subir une alternance de périodes de forme et de fatigue. L’entrainement a pour but de provoquer cette fatigue conduisant à l’amélioration de la capacité de performance. Cette phase d’amélioration de la performance porte le nom de surcompensation.

Tout l’art du préparateur physique va être d’équilibrer et de planifier les charges d’entrainement et de récupération afin d’obtenir un pic de performance lors des périodes désirées. Ceci tout en évitant de dépasser les capacités d’entrainement du sportif et de provoquer surentrainement et blessures. Il est facile, en effet, de constater qu’à la fin de la phase de travail les capacités physiques du sportif sont particulièrement diminuées.

Ainsi, on ne peut que s’interroger sur les programmes d’entrainement proposant des contenus identiques pendant plusieurs semaines.

On ne peut qu’être curieux également de la logique des programmes dont la charge d’entrainement maximale est atteinte à la veille des objectifs sportifs.

De plus, cela implique une réflexion face à la multiplication des compétitions et les longueurs des calendriers. Le pic de performance n’étant pas de longue durée (lire revue Sport, Santé et Préparation physique-Université Paris 12- juillet 2003), il oblige les entraineurs à élaborer des stratégies dans la gestion de l’état de forme des sportifs. L’utilisation du « turnover » en sports collectifs en est un exemple.

Enfin, constatant des pics de formes d’une durée limitée, on comprend l’importance d’une préparation physique annualisée. Fini donc le temps de la préparation uniquement estival et avant saison.

En d’autre termes, l’amélioration des performances est une réponse à une équation que l’on pourrait illustrer de la manière suivante : travail + récupération = performance.

C’est là tout le paradoxe de l’entraînement. En effet, l’entraînement induit une fatigue (état de décompensation pour Korobkov 1958) qui est en même temps le moteur central de la performance et le facteur limitant. L’entraîneur doit vivre dans cet équilibre instable et permanent.