Etre spécifique dans sa préparation physique

Dans le vocabulaire commun les notions de sport, d’effort, de fatigue ou de préparation physique se révèlent parfois être des pièges pour les pratiquants.

Les sportifs vont alors chercher dans d’autres activités physiques et sportives des améliorations de leurs conditions physiques.

Si l’intention est bonne, cette démarche peut se révéler contre productive.

Des sports comme le jogging ou la natation sont d’admirables activités et apportent dans une problématique de santé.

L’athlétisme est un sports très riche mais très particulier : le milieu (piste, couloir, distance) et les objets (poids, javelots, perches) ne changent pas, les pratiquants de s’affrontent pas toujours “directement”.

En revanche ces pratiques sportives sont d’une utilité très relative dans le cadre d’une préparation physique à la performance pour d’autres sports, car faiblement transférables.

Tout d’abord la planification de l’entrainement en préparation physique générale (PPG) et spécifique (PPS) issue de l’athlétisme ne répond pas aux problématiques des sports dont les compétitions s’étalent sur plusieurs mois.

Des approches modernes de la préparation physique permettent de répondre plus efficacement aux contraintes des calendriers.

L’amélioration des qualités physiques est une réponse aux contenus d’entrainement. C’est un lieu commun. Si on entraine la force on devient plus fort. Si on entraine la puissance aérobie on devient plus efficace dans ce domaine.

C’est la même logique au regard des muscles sollicités par l’effort. Ce principe a été vérifié en comparant les effets de l’entrainement d’une jambe uniquement (Saltin, acta. Physiol. Scand. 1976).

Cela signifie qu’il faut bien dissocier les modifications que provoque la préparation physique au niveau central (cœur, poumons) et celles provoquées au niveau périphérique (musculaire).

Ainsi un sport comme la natation qui sollicite à 80% les membres supérieurs entrainera des modifications au niveau central et …des membres supérieurs.

Pas très efficace pour les sports « terrestres » qui sollicitent principalement les membres inférieurs…

Le type de motricité est également un facteur à prendre en considération. L’utilisation de séances issues de l’athlétisme peut être d’une certaine utilité pour améliorer la vitesse dans les sports de grand terrain dans lesquels les espaces sont importants pour certains joueurs.

Cependant le type de motricité a une influence sur la fatigue. Car celle-ci dépend de l’économie de locomotion : la qualité de l’exécution.

Pour preuve, une étude de l’université de Montréal portant sur la comparaison différence de VO² chez des hockeyeurs sur tapis roulant vs glace (Université de Montréal 1979).

On peut donc en conclure que afin d’être plus efficace pour des efforts de sprints multidirectionnels, il faut s’entrainer sur des déplacements multidirectionnels.

Un sportif qui se prépare sur des courses linéaires ne sera pas préparé à la demande d’un sport multidirectionnel.

Or les situations d’entrainements proposées par l’athlétisme ne concernent que des courses linéaires. Pas très pratique pour les sports qui demandent des changements de direction. C’est-à-dire la grande majorité…

La multiplication des compétitions sportives et la réduction des périodes de préparation ne permettent plus de rester trop loin des spécificités de l’activité.

L’acquisition de formes gestuelles spécifiques, leur développement et leur perfectionnement demande un nombre de répétitions élevées.

Proposer des contenus trop distants des taches de compétitions peut avoir des effets négatifs sur cet aspect également.

C’est notamment bien connu en athlétisme, justement, dont les participants aux épreuves combinées (déca/hepta-tlon) font volontairement le choix de mettre de coté l’entrainement sur certaines épreuves.

La préparation physique doit se rapprocher des sollicitations auxquelles le pratiquant devra répondre. Chaque qualité physique est alors sollicitée dans les formes gestuelles spécifiques.