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Identifier risques et origines de la pubalgie à partir de la posture

L’individualisation du programme est une clé vers la réduction des blessures et de meilleures performances.
Outre l’analyse fonctionnelle du mouvement, l’analyse de la posture est également riche d’informations cruciales.

Je prends toujours soin de prendre en photo les sportifs qui me font confiance pour leur préparation. Lorsque cela s’effectue à distance, j’insiste pour obtenir des photos pour pouvoir analyser la posture.
Souvent cette analyse permet d’orienter l’évaluation et de pointer du doigt certaines douleurs ou blessures récurrentes que le sportif lui même n’avait pas pensé à signaler.
L’échange prend alors la forme suivante :

– Xavier : “ jamais de douleurs ou de blessures  ? ”

– Sportif : “ non”

– Xavier : “ même aux adducteurs ? Pubalgie ? Ta posture est assez significative…”

– Sportif : “ mmmmmmmm… Si, en fait j’ai souvent mal aux adducteurs..”

CQFD

Que vous le vouliez ou non, la posture ment rarement.

Prenons l’exemple de la pubalgie
La pubalgie est une pathologie des nombreux muscles abdominaux qui se terminent par une lame fibreuse (ligne blanche, grand droit, oblique,…) ou de la cuisse (adducteur, abducteur,…) qui viennent s’insérer sur l’aile ilio-pubienne.

C’est typiquement une blessure liée à une répétition des mêmes gestes et donc une sur-utilisation.
En fait, la pubalgie porte de nombreux noms “sportifs” en anglais : athletic pubalgia, sportman’s hernia, sports hernia, hockey hernia, groin disruption…

Le problème avec la sur-utilisation tient dans cette citation de Thomas Myers, l’auteur de Anatomy Train :
“Le geste devient habitude, l’habitude devient posture, la posture devient structure.”

Il y a toujours des conséquences à un changement de posture : douleurs et blessures.

Dans le cas de la pubalgie, c’est la posture des hanches. Particulièrement visible par la position des pieds. En position “neutre”, vos pieds sont pratiquement alignés avec les genoux.

Chez les sportifs victimes de pubalgies, on retrouve généralement une posture avec les hanches en rotation externe. Particulièrement visible par la rotation prononcée des pieds vers l’extérieur.

 

Ce lien a été vérifié pour la hanche et la pubalgie dans cette étude.

Ce n’est donc pas sans raison que cette pathologie touche beaucoup les joueurs de football et les joueurs de hockey sur glace. Deux sports comportant un nombre important d’actions avec la hanche en rotation externe (frappe, contrôle, patinage).

Il n’est pas non plus rare de retrouver ce genre de pathologie chez les joueurs de baseball (pitcher principalement) et de football américain (quart-arrière). Deux positions qui n’explorent que la rotation externe de la hanche.

 

Il n’est pas non plus rare que ces joueurs sont généralement touchés sur la jambe de pousée (jambe droite chez les droitiers). On obtient alors un changement de la posture d’un seul coté.

Note : je concède, qu’au football américain, le quart-arrière ne fait pas que lancer sur place (drop-back, remise, etc), cependant, cela reste le geste qu’il réalise le plus souvent, entraînement compris.

Enfin, les sportifs passant beaucoup de temps en position jambes fléchies, pieds très larges… et tournés vers l’extérieur (position dite défensive au basketball par exemple) entretiennent un terrain favorable.

Si vous avez ce type de douleur, le repos n’y changera pas grand chose sur le long terme.
Vous avez 2 solutions :
1 – passer sous le bistouri du chirurgien
2 – intégrer un travail de pré-habilitation et correctif à votre programme d’entraînement visant une correction de votre posture pour un retour à la normale.

Vous avez encore le choix.
Si la blessure devient trop grave, vous n’aurez plus aucun choix.

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