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Le Squat est-il dangereux ? Le Squat est-il indispensable en préparation physique ?

De nombreux mythes sont présents dans le milieu de l’entraînement et de la préparation physique.
Il est même parfois difficile de se faire entendre et comprendre lorsque l’on tient un discours différent.

Prenons l’exercice de musculation du Squat.
Son utilisation est-elle culturelle (empirique) ou logique ?
Pour certains sportifs, le squat est indispensable. Retirez leur le squat des séances et vous avez droit à une crise de nerfs.
Pour d’autre, le squat est un exercice trop dangereux et n’est donc jamais présent dans leurs séances.
Difficile d’avoir des positions plus à l’opposée !
Comme souvent, lorsque deux visions s’opposent, la vérité est quelque part au milieu.
Pour vous le prouver, tout comme je l’avais fait à propos des crunchs (à lire : faut-il faire des crunchs), j’ai sollicité des préparateurs physiques et coachs sportifs au sujet de l’exercice de musculation du Squat
Je leur ai posé 2 questions :
“Le Squat est-il dangereux ? Si oui, pour qui et pourquoi. Le Squat est-il un exercice de musculation indispensable pour la préparation physique d’un sportif de compétition ?”
Voici les réponses de 8 professionnels (dont moi-même), de culture, de formation et de sport différents.
Je suis certain que vous apprécierez les points de vues développés ! Grand merci à eux pour leur participation !

 

Frederick Henderson 

Msc(SportsScience), NSCA-CSCS

Pour faire court : Non et Oui.

Plus sérieusement le squat est sûrement le mouvement que tout le monde effectue le plus souvent tous les jours. S’asseoir, se lever d’une chaise, aller aux toilettes… Si on considère qu’un sportif de compétition est avant tout une personne, nul doute qu’il est préférable pour lui de pouvoir réaliser cette action sans la moindre difficulté.

Ensuite il n’existe pas ‘le’ squat, il existe tellement de variations possibles que ce terme n’a plus aucun sens si l’on ne précise pas comment il est exécuté. Back squat, front squat, power-lifting squat, squat olympique, squat bulgare, box squat, ATG [Ass-To-(the)Ground] squat, half squat, pistol squat…

Chacune de ces variations offre une approche et un travail de la ceinture pelvienne (i.e. hanches et tout ce qui s’y rattache) particuliers qui trouveront obligatoirement leur place dans la préparation physique d’un athlète quel qu’il soit et quelque soit son niveau de pratique/compétition.

La véritable question n’est plus de savoir si le squat trouvera sa place dans un programme de

préparation physique mais quel squat intégrer dans le dit programme. Il y aura inévitablement un

mouvement de hanche impliqué dans un geste sportif que l’athlète aura à réaliser. Il y aura donc un type de squat qui s’imposera dans le programme. D’un point de vu ‘sûreté’, si un mouvement est exécuté correctement il ne posera aucun problème.


Ludovic Bois

Limoges Hand 87 et Expression athlétique (twitter)

Oui et non! Quelle angulation? Oui pour des personnes qui sont peu mobiles au niveau de la hanche ou des chevilles car chez ces personnes la flexion de hanche va se transformer par une flexion lombaire ou un décollement des talons lors de la réalisation. Et donc… le dos va prendre cher et travaillera plus que les muscles des membres inférieurs donc pas trop d’utilité!

Par contre c’est le boulot du préparateur physique de travailler ce problème avec son sportif pour par la suite bosser le squat. Car après, c’est quand même l’un des mouvements les plus complets pour entraîner l’explosivité, la force, la puissance des membres inférieurs.

C’est même un exercice fantastique pour développer la coordination et la souplesse naturelle du corps (idéal pour nos jeunes assis et avachis devant leur smartphone toute la journée^^). Il reprend un schéma moteur que nous réalisons dans pas mal d’activités sportives (pas toutes).

Le transfert est plus important que la presse ou leg extension pour le travail sur un terrain. Il permet de plus d’améliorer la coordination entre les différents muscles des différentes articulations et ces mêmes articulations. Pour moi c’est un principe de base pour diminuer le risque de blessure.

Bref c’est un exercice indispensable chez les sujets qui possèdent une certaine mobilité. J’ajouterai que chez des sujets avec de grands leviers, les articulations sont beaucoup plus traumatisées donc faire attention à l’angulation de travail et à la charge. Technique, Progression, Charge, Transfert, Performance!


Rudy Coia

www.rudycoia.com

Le problème de savoir si c’est un exercice dangereux ou pas est une question qui ne peut être traitée qu’individuellement pour chaque athlète. Le Squat est un exercice très technique qui nécessite avant tout une bonne mobilité et une bonne souplesse que beaucoup n’ont malheureusement pas. C’est pourquoi il a cette réputation d’être un exercice dangereux.

Lorsque l’on ne dispose pas des qualités nécessaires à son exécution, le Squat ou n’importe quel exercice peut vite devenir dangereux. Autrement, si on travaille avec intelligence en s’assurant de disposer de ce qu’il faut comme mobilité, gainage et sans se laisser emporter par son ego pour la charge, il s’agit d’un exercice extrêmement efficace en préparation physique.

Après, est-il incontournable ? Disons qu’il est un réel plus dans toute préparation physique, bien plus que de la presse à cuisse mais encore une fois, tout dépend de l’athlète en question, de ses antécédents (blessures) pour savoir s’il s’avère toutefois plus bénéfique que dangereux aussi.


Christophe Carrio

www.christophe-carrio.com

Le squat ni bon ni mauvais et certainement pas incontournable!

Pour moi le squat n’est n’y bon n’y mauvais. Bien exécuté avec la mobilité et la stabilité nécessaire autour des chevilles, des genoux, des hanches, et de la colonne vertébrale, c’est même un excellent mouvement.

Premièrement peu de gens possèdent naturellement cette mobilité et cette stabilité ce qui peut rendre le squat dangereux pour beaucoup.

Deuxièmement chez de nombreux athlètes (moi compris) après des années d’entraînement, le facteur limitant n’est pas la force des jambes, mais plus le manque de tolérance des disques intervertébraux aux forces de compression (qui peut être dramatique s’il est ajouté aux problèmes de mobilité et stabilité pré cités).

Troisièmement le développement de la force peut se faire de façon beaucoup plus fonctionnelle tout en étant moins problématique au niveau articulaire et tendineux pour un athlète grâce à l’utilisation de squat d’une jambe, fente, split squat en combinaison avec différents régimes de contraction musculaire (plyométrique, excentrique, isométrique).


Benjamin Latraye

Essentiel Coaching – www.essentiel-coaching.com

1, Le Squat est-il dangereux ?
Non, ce n’est en aucun cas dangereux dans la mesure ou il est correctement exécuté :
-> un bon placement des membres inférieurs, du rachis et d’un bon blocage de la barre par les membres supérieurs.
-> une bonne exécution de la flexion et de l’extension, un dos qui reste droit, des genoux qui suivent l’axe des pointes de pieds, et une barre qui reste dans son couloir de poussé
-> et surtout une charge adaptée !!!
Dans un rôle éducatif, le squat va permettre une meilleure stabilisation des hanches et donc éviter les compensations corporelles (principales causes des maux de dos) et maintenir une position du bassin neutre.
De plus les articulations humaines sont faites de façon à mieux résister à une charge de compression verticale (squat) qu’à une force de cisaillement (leg extension).
Mais il est vrai que dans certaines conditions le squat peut devenir dangereux :
-> une mauvaise exécution : flexion du dos et non des hanches, ce qui provoque une compression des disques intervertébraux ; genoux sortis de leur axe d’extension/flexion, ce qui provoque des syndrômes rotuliens ou un pincement des ménisques
-> un débutant non encadré
-> une charge non adaptée
Mais tout cela est vrai pour n’importe quel exercice de musculation globale ou même segmentaire (développé couché, soulevé de terre…).
Le squat indispensable pour une prépa physique?
OUI, car le squat fait parti des exercices globaux et poly articulaires : hanches genoux chevilles et tronc (abdos/spinaux).
Ce mouvement forme une chaîne cinétique fermée et sa spécialité de posture et son système de recrutement musculaire jouent un rôle énorme dans le transfert des gains de force.
De plus le mouvement du squat apporte dans un même mouvement une contraction concentrique, isométrique et pseudo-iso.
Le squat est donc spécifique à de nombreux gestes quotidiens des sportifs.

 

Xavier Roy

XR Performance – www.xrperformance.net

L’exercice du squat a récemment fait l’objet d’une controverse, au même titre presque que les redressements assis. L’exercice du squat, et spécialement le squat arrière, est-il aussi dangereux que certains le prétendent ?

En premier lieu, il faut mentionner que le mouvement de squat est un mouvement fondamental chez l’être humain. Chaque jour, nous réalisons de nombreuses répétitions du squat bilatéral à chaque fois que nous nous asseyons. L’exécution du mouvement de squat démontre la capacité de soutenir la colonne vertébrale dans une position neutre, combinée à une mobilité adéquate aux articulations de la cheville, du genou et de la hanche. Nous pouvons dire que le squat présente une belle complémentarité entre contrôle moteur et amplitude de mouvement.

Le squat et ses variations (Poids du corps – bras vers l’avant; Squat du prisonnier : Squat avant & squat d’arraché) permettent également d’évaluer la triple flexion, soit l’opposé du concept de triple extension du complexe cheville-genou-hanche. Cette triple flexion permet d’absorber ou réduire les forces comme lors de la réception d’un saut ou la réception de la barre lors du mouvement d’épaulé à partir du sol.

En termes de préparation physique, certains préparateurs physiques sont de la vieille école et d’autres font partie de la nouvelle ligne de pensée de l’entraînement fonctionnel. Les premiers continuent d’intégrer le squat traditionnel dans leurs programmes, tandis que les seconds travaillent majoritairement avec des exercices unilatéraux. Le squat et ses variations ont tous leur place dans un système d’entraînement. Il suffit d’examiner les demandes du sport ainsi que d’évaluer la capacité actuelle des athlètes. Beaucoup d’activités sportives requièrent un appui sur une seule jambe (course, changement de décélération, sauts), de là l’importance d’entraîner les qualités d’absorption et de déploiement de la force et de recrutement musculaire des muscles de la hanche avec des exercices comme le single-leg squat ou le squat bulgare. Ces exercices sont donc plus sécuritaires sur le bas du dos. D’un autre côté, les squats traditionnels sont importants dans le développement d’une force importante pour supporter les forces dans des activités comme la course et la pliométrie de type «shock». De plus, si l’on utilise les exercices d’haltérophilie comme moyen de développer la puissance, le squat bilatéral fait partie intégrale de ces mouvements.

Personnellement, je crois que le squat ainsi que les exercices unilatéraux sont tous aussi importants les uns que les autres dans une optique de préparation physique optimale. Je ne crois pas qu’il faut utiliser l’un au détriment de l’autre, mais de voir comment les deux se complémentent.


Benoit Hennart

Sport Pro Santé Toulouse – www.sportprosante.com

Tout d’abord lequel ? On utilise maintenant de nombreux squats différents : front, back, single leg, goblet, split, bulgarian…Et j’en passe.

D’une manière générale tout exercice peut potentiellement être dangereux en fonction de la qualité de son exécution, et est dangereux s’il repose sur des dysfonctions : « we should not put fitness on movement dysfonction » – Gray Cook

Donc impensable de proposer un deep squat dans un programme d’un rugbyman présentant des problèmes de mobilité de la colonne thoracique, des hanches voire même des chevilles sur lesquels se rajoutent une faible stabilité du complexe coxo-pelvien-lombaire.

Cependant on retrouve dans la majorité des sports le besoin d’augmenter les qualités de force et de posture sollicitées par le squat. Il est donc difficile à mon sens de s’en passer dans des programmes de renforcements de compétiteurs, mais son utilisation devra être précédée des corrections fonctionnelles nécessaires à sa parfaite exécution et la forme du squat proposée devra être adaptée à l’athlète (âge, niveau, anamnèse) et à son sport.

 

Xavier Barbier

Je ne pense pas que le Squat soit un exercice dangereux. Je pense qu’aucun exercice n’est dangereux en soi. En revanche, je pense que certains exercices sont dangereux pour certains sportifs en raison de déséquilibres musculaires, de problèmes de mobilité, de shémas moteurs ou de morphologies. Le fait est que je constate qu’une faible partie des sportifs qui me font confiance présentent les pré-requis cités ci-dessus lors de leur arrivée dans le centre.

Ensuite, je pense qu’aucun exercice n’est obligatoire. Ce qui est obligatoire c’est de provoquer des tensions musculaires pour progresser sur le terrain. Il est également indispensable qu’un programme de préparation physique comporte des exercices d’extension de la jambe et des exercices d’extension de la hanche. Il faut donc trouver des exercices adaptés au profil du sportif et qui permettent de créer ces tensions musculaires selon l’objectif (force, vitesse, force-vitesse).

Enfin, je travaille principalement avec des joueurs de sports collectifs (football, basketball, rugby, hockey sur glace, football américain). Améliorer leur capacité à accélérer, décélérer et changer de direction est essentiel. J’ai ainsi plutôt tendance à davantage utiliser des exercices unilatéraux dans ces objectifs.

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