Le test du “Toe touch” indique-t-il les risques de blessures ?

En préparation physique, les évaluations et les tests ont une place importante. Grâce à eux, il est notamment possible de donner une “image” physiologique et fonctionnelle d’un sportif à un moment donné. Il est ainsi possible de définir et de vérifier l’efficacité d’un programme de préparation physique. 

Il existe de nombreux outils et tests selon la qualité physique que l’on souhaite évaluer. Un test que l’on retrouve souvent dans les protocoles de tests physiques de nombreux sports est le “toe touch” (touche orteils), version modifiée du “sit and reach” (s’asseoir et aller chercher).

C’est un test supposé évaluer la souplesse de membres inférieurs. La chaine postérieure pour être plus précis. J’avais déjà émis quelques doutes sur ce point dans un post précédent. 

Pour certains, ce test indiquerait des risques de blessures aux ischio-jambiers en cas de mauvais résultats.

C’est sur ce point que je vais me pencher dans cet article. 

En 1999 (et oui, déjà !!), une étude a cherché à savoir si le “toe touch” permettait de prédire les risques de blessure aux ischios-jambiers chez les joueurs de football australien. Elle a conclu que ce test ne semble pas être un bon indicateur des risques de blessures. 

Nous avons 2 options possibles :

1 – le sportif australien est différent du reste du globe

2 – le “toe touch” est un test inutile

Il nous faut malheureusement rejeter l’option 1 (ooooooooh !).

Une autre étude, américaine cette fois, nous indiquait en 2010 que l’évaluation de la souplesse des ichios-jambiers ne semble pas permettre de faire un lien entre souplesse et blessures.

Il reste donc à considérer l’option 2.

Rajoutons que selon une étude australienne de 2011 c’est plus un déséquilibre droite/gauche qui permettrait d’identifier les risques de blessures aux ischios-jambiers, non pas un test bilatéral (2 jambes ensembles). 

Résumons :

– Évaluer la souplesse via le “toe touch” ne serait pas un bon indicateur des risques de blessures.
– Le “toe touch” ne permettrait pas de prédire les risques de blessures.
– Une évaluation bilatérale de la souplesse ne permettrait pas d’identifier les risques de blessures.

La seule information apportée est de savoir si vous êtes souple ou non au niveau de certains muscles. Il convient alors de  poser les questions suivantes : jusqu’où faut-il être souple ? Pourquoi évaluer uniquement la souplesse de la chaîne postérieure ?

Car un muscle trop étiré (ou trop raccourci) se contractera moins bien et générera moins de force. Il existe donc une longueur optimale du muscle. Optimale pour lui-même, mais aussi optimale pour son antagoniste. C’est cette relation qui est pertinente.

De plus, le corps humain fonctionne de manière globale, en système. Pas par muscles ou chaînes musculaires isolées.

J’espère que cela vous apportera un éclairage actuel sur un test encore présent dans les protocoles d’évaluations physiques de nombreux sports. Mais qui, dans les faits, est pauvre en informations pour définir le programme de préparation physique d’un sportif.

Cela nous invite, tous, a avoir un regard critique sur nos habitudes d’entrainement, de préparation physique, mais également d’évaluations. Évitant ainsi de suivre un dogme (parfois) injustifié.