Voir votre entraînement comme un médicament

L’exercice physique a une connotation positive. On lui confère un impact positif sur la santé, la réduction des douleurs et les performances sportives.

Pour certains il est possible de voir l’exercice physique comme un médicament. Un remède pour une meilleure santé, moins de douleurs physiques et de meilleures performances sportives.

Si l’on considère l’exercice physique comme un médicament, il faut, comme pour ce dernier, aller jusqu’au bout de la logique.

 

1/ L’exercice physique / le médicament a un impact positif, des effets attendus

Si vous mettez en place des exercices pour le développement de la force ou de la technique, vous vous attendez à des améliorations de la force ou de la technique.

Vous prenez votre médicament/exercice et espérez des résultats.

 

2/ L’exercice physique / le médicament présente un seuil d’efficacité

Au-delà d’une certaine quantité de cet exercice / médicament, toute dose supplémentaire n’apportera pas forcément plus d’effets positif.

L’exemple le plus frappant pour la force ou la vitesse, où au-delà d’un certain volume  (temps sous tension ou nombre de répétitions dans la séance) ou d’une certaine intensité (dégradation du temps sur la même distance de course), il n’y a pas d’effets positifs à poursuivre la séance.

 

3/ L’exercice physique / le médicament a des effets indésirables

Autrement dit, tout exercice physique / médicament n’est pas bon pour tout le monde tout le temps (vous ne lisez jamais la notice de votre médicament !!??). Exemple avec une méthode très à la mode actuellement :  l’entraînement par intervalles à haute intensité (HIIT en anglais). Oui il y a des effets positifs à cette méthode. Mais également des effets indésirables. Exemple avec HIIT via des sprints, qui, pour le débutant ou le sportif en reprise, permettrait d’améliorer rapidement les performances, mais ne serait pas bon pour la santé à long terme (Larsen 2016).

 

4/ Il y a des mélanges d’exercice physique / de médicament à éviter

Vous ne saviez pas qu’il ne fallait pas mélanger certains médicaments entre eux ? Vous ne lisez décidément jamais la notice !

C’est la même chose pour l’exercice physique. Hormis chez le débutant ou la personne dés-entraînée, pour lesquels tout ou presque permet d’améliorer les performances sportives, certains mélanges sont plutôt à éviter chez le sportif plus expérimenté.

Trop d’exercices énergétiques à dominante aérobie dans la semaine a un impact négatif sur le développement de la force musculaire.

Un exercice énergétique à dominante aérobie trop proche d’une séance de développement de la force musculaire a un impact négatif sur celle-ci (Fyfe 2014).

 

Tous les exercices et toutes leurs méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients. Il n’y a pas de solution miracle. Votre entrainement doit s’adapter à vos besoins.

 

Parents de jeune sportif, votre enfant a-t-il besoin d’un préparateur physique

pyramide entrainement

Outre-Atlantique, cela fait des années que des programmes d’entraînement et de préparation physique à l’intention des jeunes sportifs (collège et lycée) se sont développés dans des structures privées externes aux équipes.

En France, tous les acteurs du monde sportif peuvent constater que ce secteur est en plein développement. L’offre de préparateurs physiques et de coachs sportifs pour les jeunes, parfois très jeunes (dès 11 ans), est en expansion.

Avec un recrutement de plus en plus jeune, certains parents pensent donner toutes les chances à leur enfant en faisant appel à un professionnel des qualités physiques. Je suis un père moi aussi et je dois bien avouer que je trouve la démarche légitime.

Mais je suis aussi un préparateur physique depuis plus de 10 ans avec une expérience du parcours d’excellence sportive, anciennement appelée filière d’accès au haut-niveau, dans 3 structures et dans 2 sports différents, et j’échange régulièrement avec d’autres préparateurs physiques qui interviennent auprès des jeunes sportifs dans différents sports.

C’est pourquoi, si vous êtes parent d’un jeune sportif et pensez faire appel à un préparateur physique pour votre enfant, je pense pouvoir vous aider dans votre réflexion.

Baby-Sport

 

Le constat ?

Allons directement aux faits : les jeunes français pratiquent de moins en moins d’activité physique et sportive. Certains préparateurs physiques, entraîneurs et professeurs d’EPS qui ont l’opportunité de rester sur les mêmes structures, club et pôle, pendant 10 ans vous parleront de régression.

Impossible d’en vouloir aux professeurs des écoles et aux enseignants d’éducation physique et sportive (EPS). Leur rôle n’est pas de faire émerger les futurs athlètes de haut-niveau et on leur demande déjà beaucoup dans l’école actuelle. De plus ce n’est pas avez le maigre temps dévolu aux activités physique et sportives qu’il peuvent faire quelques chose.

Dans les clubs, tout d’abord, le temps d’entraînement dédié au développement des compétences physiques est ridicule, à quelques exception prêt (sport et club). 15 jours de physique (hum hum !) lors de la reprise, des pompes en punition pendant l’entraînement et des “suicides” (super nom pour un exercice) en fin de séance, quand il y a le temps.

Les entraîneurs de jeunes ne sont pas formés pour prendre en charge de développement athlétique des jeunes sportifs. De surcroît, les entraîneurs sur les catégories de jeunes sont souvent les débutants, et donc inexpérimentés. Enfin, combien de clubs bénéficient de l’apport d’un préparateur physique pour les plus jeunes ? Au moins pour la planification à long terme des compétences physiques en coordination avec la planification à long terme de compétences technico-tactique. Réponse : une extrême rareté.

Ensuite, les enfants veulent jouer, les dirigeants veulent des licenciés, donc l’entraîneur est tenté de faire beaucoup de situations de jeu correspondant à la compétition. Il n’y a pas tant de temps que cela pour préparer une équipe à la saison.

Parfois les dirigeants veulent aussi des résultats. Je connais un entraîneur de basket auquel on a reproché le manque de résultats… En U11 (poussins).

Impossible d’en vouloir à grand monde. Plus le club a de licenciés et de résultats, plus le club aura de reconnaissance et de soutien des partenaires publics et privés.

Pas de jugement de valeur ici, mais juste un constat sur le fonctionnement du système pour nos jeunes sportifs.

Ce fonctionnement arrive t-il à former des bons sportifs et des adultes en bonne santé ?

Ce fonctionnement est-il suffisant ? Je répondrais globalement que non.

Sinon certaines fédérations/clubs ne proposeraient pas un programme de préparation physique l’année AVANT l’entrée en pôle ou en centre de formation et de réaliser en plus des entraînements avec le club.

Sinon certains préparateurs physiques ne seraient pas obligés de revoir à la baisse leurs exigences lors des arrivées en pôle ou lors de la montée dans la catégorie d’âge supérieure.  

Ok. Le constat est là, mais moi parent, je fais quoi pour mon enfant ?

 

La première option est de lui faire pratiquer différentes activités physiques.

 

La spécialisation dans un sport ne devrait commencer qu’à partir de 14 ans environ. Il n’y a pas d’intérêt avant. Au contraire. La pratique intensive d’un sport, pendant toute l’année, et l’exposition accrue à la compétition dans celui-ci augmenteraient le risque de blessure chez les adolescents (Olsen 2006).

Il est même bénéfique pour les jeunes sportifs d’être exposés à un grand nombre d’activités physiques.

 

 

Autrement dit, vous pouvez réduire les risques pour la santé de votre enfant et conserver son potentiel, et sa motivation, lorsque sera venu le temps de se spécialiser dans un sport en particulier.

Le choix d’un sport très différent est préférable.

 

Option 2 : demander de l’aide

 

Comme je vous le disais précédemment, en tant que père et professionnel de la préparation physique, je ne peux pas vous jeter la pierre si vous souhaitez faire appel à un préparateur physique pour accompagner votre enfant et compléter le travail réalisé avec le club.

Laissez-moi donc vous donner quelques conseils pour bien choisir la personne à qui confier votre enfant.

 

1/ Soyez regardant sur les diplômes, la formation et l’expérience. Le savoir faire n’est pas le savoir enseigner. Une expérience de joueur, même à haut-niveau, n’est pas une garantie. Pensez aux enseignants : même s’ils excellent dans leur matière, ils sont aussi formés à la pédagogie.

 

2/ S’il est sur les réseaux sociaux, regardez comment il se comporte et communique. Voulez-vous de cet adulte en relation avec votre enfant ? Quelle image donne-t-il du monde sportif ? Donne-t-il un exemple à suivre ?

 

3/ Si vous échangez avec lui, s’informe-t-il du planning des entraînements ET de l’organisation scolaire ? Je suis intervenu pendant plusieurs années auprès de sportifs avec entraînements quotidiens (voir biquotidiens). Le problème n’est pas le manque de temps. Le problème est un manque d’organisation. Soyez attentifs s’il ne parle que de ses entraînements et pas de l’intégration au planning global.

 

4/ Vérifiez qu’il maîtrise le modèle de développement à long terme de l’athlète. Le modèle de Développement à Long Terme de l’Athlète (DLTA) est un modèle de développement en sept stades, intégrant l’entraînement, la compétition et la récupération. Il donne des recommandations sur les périodes les plus propices au développement de certaines habilités, compétences et qualités physiques. Il donne une hiérarchisation d’étapes et de pré-requis sur une formation à long terme.

Application concrète : une des fenêtres optimales pour le développement de la vitesse chez les adolescent est 13-16 ans, fuyez si celui-ci vous parle que de développer la vitesse spécifique pour votre fils de 11ans.

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5/ Appréciez si son travail s’inscrit dans un développement à long terme de votre enfant. Notamment par son intérêt pour les compétences physiques fondamentales, et non pas les compétences spécifiques. Plus l’enfant est jeune, plus l’objectif doit être la maîtrise des compétences fondamentales.

 

pyramide entrainement

 

Application concrète : méfiance s’il ne vous parle que de spécifique, d’exercices avec ballons.

 

6/ Préférez les séances semi-privées ou en petits groupes. Il n’y a aucun intérêt aux séances individuelles ou de coaching personnel. Avoir quelqu’un derrière vous constamment n’est pas la garantie de mieux apprendre l’exécution correcte des exercices. Le développement de l’autonomie et de la responsabilité, ainsi que l’appropriation du processus d’entraînement “hors-terrain” ou en dehors du sport pratiqué fait partie de la formation du jeune sportif.

Ne payez pas quelqu’un pour compter les répétitions, hurler pour “motiver”, dire “c’est bien” et donner la gourde d’eau.

Un bon préparateur physique, un bon coach en général, donne des consignes claires, précises et concises.

Ce n’est pas un spectacle.

 

7/ Méfiez-vous s’il y a des tests physiques d’entrée ou de sélection. Veillez alors à ce que le contenu des séances avec votre enfant s’inscrit bien dans le DLTA, et non pas dans la recherche de performance sur ces tests. C’est bien la capacité de votre enfant à pratiquer un sport qui est recherchée. Les qualités physiques sont en soutien. Donc l’objectif n’est pas de faire telle performance sur tel test. Votre enfant n’est pas un “poulain” à partir duquel on peut se faire une réputation de préparateur physique. De plus une telle approche peut rapidement mener à des mauvais et dangereux choix d’exercices et de méthodes.

Si tout est fait correctement selon le DLTA, les performances physiques de votre enfant s’amélioreront, mais ce n’est pas l’objectif principal. L’objectif principal est de développer les bonnes compétences physiques, au bon âge, pour une pratique sportive au plus haut-niveau possible le plus longtemps possible.

 

8/ Le meilleur pour la fin : la phrase de vente “vous avez AB-SO-LU-MENT besoin d’un préparateur physique personnel pour que votre enfant de 12 ans arrive au plus haut-niveau. Ce n’est pas possible sans”.
Vous avez affaire à un commercial, pas un professionnel de l’entrainement. Plus d’entrainement n’est pas mieux. Un meilleur entrainement est mieux.

 

J’espère que ces quelques lignes pourront vous aider si vous êtes parent d’un jeune sportif et que vous souhaitez l’aider.

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Comment détruire votre dos, vos épaules et coudes avec une barre guidée et un banc

En préparation physique, les règles devraient être simples :

aucun équipement n’est interdit,

aucun exercice n’est interdit,

aucun équipement n’est obligatoire,

aucun exercice n’est obligatoire.

 

Tout dépend de l’utilisation, du contexte et de la personne. La musculation comme outil de préparation physique n ‘y fait pas exception.

En musculation les barres guidées sont souvent présentées comme moins dangereuses que les barrer libres. Certainement car la barre est facile à contrôler car il n’y a qu’un seul mouvement possible de haut en bas (et permet de mettre beaucoup plus de poids).

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C’est donc un équipement qui peut parfois, dans certains cas, correspondre à un besoin bien spécifique.

La barre guidée est souvent utilisée pour un exercice de développé épaule (ou militaire). C’est un exercice de poussée verticale qui sollicite principalement triceps, deltoïde, trapèze et pectoraux.

Le gros problème de cet exercice est qu’il ne permet pas à l’épaule de respecter le rythme scapulo-huméral en coordination avec les mouvement thoracique.

rythme scapulo humeralPour bien comprendre comment fonctionne votre épaule il faut imaginer un orchestre avec de nombreux instruments de musique. Chaque instrument doit jouer à un moment bien précis selon la partition. Utiliser une barre guidée, encore plus avec un banc, c’est comme empêcher de jouer certains instruments de l’orchestre quand ils le devraient.

Le rythme des mouvements thoracique, scapulaire et huméral est un rythme fixe en lien les uns avec les autres.

  • Utiliser le banc restreint les mouvements au niveau thoracique.
  • Utiliser une barre guidée impose le placement du bras et du coude.
  • Utiliser une barre guidée ne tient pas compte des asymétries entre épaule droite et épaule gauche.

Au final vous verrouillez certaines positions, et forcez votre épaule à compenser sur d’autres articulations. Augmentant ainsi vos risques de blessures à long terme.

Pour le développé militaire, si le coude n’est pas à la verticale de la barre, vous créez un stress important au niveau des ligaments du coude. Ligaments déjà bien sollicité dans les sports de lancer par exemple.

Pour arriver à positionner le coude en dessous de la barre, l’autre compensation est de chercher plus d’extension thoracique. Dommage car le banc dans le dos vous empêche de faire cela. C’est donc au niveau en dessous, lombaire, que la compensation s’observe ensuite. La courbure lombaire s’accentue plaçant un stress plus important sur les vertèbres et disques intervertébraux (exemple ci dessous avec la version haltères).

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Notez combien de fois le banc recule – il est le seul à pouvoir bouger, ne comptez pas sur le rack- preuve que la poussée n’est pas verticale.

Votre corps cherche tout simplement le meilleur moyen de répondre à la demande (poussée verticale), malgré les verrous que vous lui imposez. Ce moyen est d’aligner la charge avec le centre de gravité (ici pensez l’axe de la colonne vertébrale). Impossible avec un barre guidée et un banc. Les compensations n’en sont que la conséquence.

Utiliser une barre guidée pour le développé épaule (ou militaire) n’est pas une option si vous présentez des douleurs à l’épaule ou au dos (et que vous ne voulez pas en avoir), ou que vous pratiquez un sport de lancer.

Vous n’êtes ni un robot, ni un playmobil. Votre corps est fait pour bouger librement. Laissez-le faire, il trouvera un chemin. Évitez juste de lui compliquer la tâche avec une mauvaise sélection d’exercices. 

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Conseils réduction des risques de blessures – Episode 4

3 simples conseils de base, mais très souvent mis de coté, pour une préparation physique plus efficace :

1/ Avoir une planification

“Ne pas prévoir, c’est déjà gémir”

Mettre en place une plan / une programmation annuelle, mensuelle, hebdomadaire.

Définissez les objectifs, les compétitions importantes et préparez au maximum ce que vous allez faire pendant vos séances.

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2/ Suivre son état de forme

Il existe de nombreuses méthodes de suivi de l’état de forme (questionnaire, FC, détente, grip, HRV…). Subjectif ou objectif, peu importe le moyen, vous devez être constant  sur le long terme dans l’utilisation de cet outil. Ne changez pas de thermomètre toutes les semaines. Cela vous aidera à apprécier plus précisément votre état de forme du moment.

 

3/ Adapter selon les points #1 et #2

Si vous constatez que votre état de forme du moment ne correspond pas au programme prévu ce jour, il n’y a qu’une seule solution : adapter la séance.

Il faut ici penser en terme de fenêtre d’entrainabilité. Chaque séance est une opportunité pour vous de développer ou maintenir vos qualités physiques.

Les solutions sont nombreuses : difficulté de la séance, équilibre entre les différentes qualités physiques, le choix des exercices.

Exemple concret que je rencontre souvent avec les sportifs dont je m’occupe : vous avez des douleurs musculaires suite à la dernière séance/compétition et votre niveau de forme est bas.

Face à cela vous pouvez :

– ajouter des exercices préparatoires pour diminuer ces sensations

– diminuer la difficulté de la séance

– choisir une méthode moins avancée que prévue mais restant dans le thème de la séance

– choisir des exercices moins propices à déclencher ces douleurs pendant la séance, puis aggraver des sensations (pas idéal s’il y a une compétition dans les prochains jours)

– modifier les tempo des exercices de musculation, s’il y en a, afin de réduire la partie excentrique.

– ajuster le charges/résistance utilisées pour les exercices

– permettre plus de récupération entre les exercices

– etc.

 

Bref en un mot : s’adapter.

Impossible cependant sans les points #1 et #2. C’est aussi à ce moment bien précis qu’il est important d’être supervisé. Car il faut faire les choix les plus efficaces, pas les plus faciles ou préférés.

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Pourquoi votre programme spécial détente verticale est une escroquerie

La corrélation entre performance lors d’un test de détente verticale et les performances de vitesse (changement de direction et agilité réactive), ainsi que les performances dans le jeu sur le terrain est loin d’être certaine. Ce n’est pas parce que vous sautez haut lors d’un test de détente verticale que vous allez automatiquement être rapide ou performant dans le jeu. Non, non, n’essayez pas de faire un raccourci, de me dire que c’est évident que si et que pourtant blablablabla…. ! Trouvez-moi des faits prouvés (comprendre études scientifiques), entre les tests de détente verticale et des situations de vitesse multidirectionnelle réactive (j’insiste sur le réactif !!). Bonne chance !

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Malgré tout, les sportifs ont toujours voulu impressionner les entraîneurs. Surtout lors des tests physiques. Surtout car l’entraîneur décide qui est sur le terrain, ou pas. Donc quand l’entraîneur fait des tests, il faut être bon dans les tests. C’est pourquoi de nombreux joueurs cherchent à améliorer leur détente verticale. Vous pouvez ainsi trouver et télécharger de nombreux programmes d’entraînement “spécial détente” déjà tout prêts. C’est magique, il n’y a qu’a suivre le programme !

Tellement magique que c’est comme croire au Père-noel !

Le profil Force-vitesse, est une mesure de vos qualités musculaires. C’est-a-dire, savoir si vous êtes plus efficace pour produire un haut niveau de force (à vitesse lente), une vitesse élevée (à faible force), ou bien avec un profil “équilibré”.

Quel lien avec la détente verticale ? Simple : il existe un profil Force-vitesse optimal théorique qui vous permet de sauter le plus haut possible.

Si vous ne connaissez pas votre profil, vous ne pouvez pas le comparer avec le profil optimal théorique et donc vous ne pouvez pas savoir ce qu’il vous faut travailler : force ou vitesse ?

Prenons un cas concret avec le graphique ci-dessous, une mesure d’un profil F-v.

profil force vitesse

Un déficit de force maximale (à gauche) est identifié en comparaison avec le profil optimal théorique. Si le programme propose principalement des efforts à haute vitesse (vers la droite), ou de puissance (au milieu), ou un peu de tout, votre entrainement ne sera pas le plus efficace possible. Voir pas efficace du tout.

Cela veux dire que vos exercices de pliometrie tout mignons ou votre beau cycle de stato-dynamique n’aura pas d’effet positif sur votre détente.

Donc, comment un programme “spécial détente” tout prêt à télécharger peut-il correspondre à votre besoin et être efficace ? Réponse : la chance, le hasard.

Outre la question du profil F-v, comment faire des recommandations sur les exercices à utiliser sans rien connaître de l’historique des blessures, douleurs, ou bien encore de la période dans l’année et du planning des compétitions ?

C’est comme vouloir un diagnostique du médecin, mais sans RDV. “Vous avez mal à la tête ? Mettez cette pommade anti-inflammatoire sur votre genou. Ça va peut-être faire effet !”.

Les sportifs sérieux connaissent l’importance des évaluations et de l’individualisation de l’entraînement qui doivent en découler.

 

Le débat de la spécialisation des préparateurs physiques

Depuis une quinzaine d’année on assiste à une spécialisation par sport des préparateurs physiques (voir une hyper spécialisation des rôles une fois la barrière des sports passée).

Rares sont les PP avec le label multisport. Certes, nous avons Fred Aubert au sein de la FF de football qui est passé par le basket, le badminton et le rugby qui fait office de robinson tant il semble unique. Le débat entre ceux qui prônent la spécialisation et ceux qui pensent défendent une horizontalité de la profession de préparateurs physiques.

L’idée de ce billet est donc de faire une revue des arguments de nos 2 participants qui proposent de définir leur point de vue sur la profession de PP et la formation de ceux-ci.

Stéphane Morin
PhD, enseignant UFR STAPS Nantes, chercheur associé, co-fondateur de TrainingLoad Pro – www.trainingloadpro.com

Je fais souvent le parallèle PP “généraliste” / PP “spécialiste” avec médecin “généraliste” /médecin “spécialiste”. Ils ne s’opposent pas. Ils sont complémentaires.

L’un est polyvalent, travaille avec toutes sortes de sportifs (du jeune au moins jeune) et gère des niveaux de condition physique variés. Le “généraliste” par définition, doit avoir des compétences très étendues pour dépister les points forts et les points faibles de ses sportifs et proposer les exercices adaptés.

L’autre est spécialiste de l’activité. Il a une connaissance très approfondie de son sport. Il maîtrise avant tout les versants techniques et tactiques. En ce sens il doit être un entraîneur. Mais il doit aussi maîtriser aussi les aspects biologiques, physiologiques, psychologiques, psychologiques et sociologiques, comme les technologies utilisées dans son sport.

Le PP “spécialiste” maîtrise les codes culturels de son sport, leurs évolutions. Cela continue à légitimer leur crédibilité auprès sportifs avec lesquels ils travaillent.

Le PP “généraliste” a pour vocation principale de s’occuper des sportifs non experts, non professionnels, mais aussi de thématiques « généralistes » (e.g. : planification de l’entrainement…).

Le PP “spécialiste” a pour vocation de s’occuper des sportifs experts, professionnels.

Ce qui les différencie principalement, c’est la connaissance de l’activité qui confère la capacité à pouvoir analyser l’activité, à la comprendre pour mieux identifier les origines réelles des succès et des échecs. A ne pas s’arrêter aux évidences.

Des années de pratique au contact de sportifs experts, professionnels lui permettent d’enrichir ses connaissances de l’activité. Les nombreux échanges avec les pairs suscitent le doute méthodique. Sa passion pour son sport le poussera souvent à étudier, se former sur tout ce qui pourrait contribuer à améliorer le niveau de performance de ses sportifs.

Le PP “généraliste” ne pourra consacrer autant de temps à mieux connaître tous les sports des sportifs dont il a la charge. Une semaine ne contient que sept jours.

Le danger majeur pour le PP “généraliste” ? Faire un prêt-à-porter, c’est-à-dire, tendre à proposer toujours les mêmes contenus quels que soient les sportifs, alors que des sportifs professionnels imposent de la “haute couture”, du “sur-mesure”.

Le danger majeur pour le PP “spécialiste” ? Croire que son expérience lui donne les clés du succès, ne pas comprendre que tout évolue, que le niveau de compétence des sportifs experts évolue vite, très vite, d’une semaine sur l’autre, dans un sens comme dans un autre et qu’il doit tout recommencer à chaque fois.

L’un n’est pas supérieur à l’autre. Ils font deux métiers qui portent le même nom, mais dans des contextes différents. Les fédérations ne s’y sont pas trompées à former leurs propres PP “spécialistes”. Ils sont, ils doivent avant tout être des entraîneurs. Ces PP ont une vision souvent technocentrée.

Les PP “généralistes” sont le plus souvent formés à l’université.

Aux uns on reproche le manque de connaissances scientifiques, aux autres on reproche le manque de connaissances techniques et tactiques. Pour les deux, on est souvent dans la caricature. Ces PP ont souvent une vision physio-centrée.

En ce sens généraliste et spécialiste renvoient à la connaissance de l’APS.

Il existe bien sûr des PP qui ont cette double formation.

Ce qui fait qu’on est l’un ou l’autre, c’est peut-être le temps que l’on consacre à son sport et le niveau des sportifs auxquels on s’adresse.

Les deux ont néanmoins pour caractéristique commune d’être des personnes de terrain. Ils sont en contact direct avec les sportifs.

Un PP “spécialiste” ce n’est pas un PP qui écrit un livre, ou fait des articles scientifiques, ou intervient en colloque. Il peut le faire pour partager ses connaissances, mais il doit rester avant tout un entraîneur au sens premier du terme. C’est là qu’est sa place. C’est un artiste.

Un PP “généraliste” n’est pas un incompétent qui n’arrive pas à être un PP “spécialiste”. C’est un spécialiste du “transversal”, de la thématique plus que du sport. Il doit pouvoir dans une même semaine intervenir sur des nageurs, des athlètes, des cyclistes etc. C’est-à-dire maîtriser les “fondamentaux” de différents types de motricité, de physiologie etc. C’est un artisan.

En ce sens, ils sont donc tous les deux des spécialistes : l’un dans un sens vertical, l’autre dans un sens horizontal.

Rien n’empêche évidemment à l’un de devenir l’autre et à l’autre de devenir l’un. C’est simplement un problème de motivation et de formation.

Personnellement, j’ai autant d’admiration pour l’un que pour l’autre. En tant que professeur d’EPS, je n’ai jamais considéré que j’avais moins de mérite qu’un entraîneur professionnel.  En tant qu’enseignant et chercheur à l’université, je n’ai pas plus de mérite qu’un enseignant en collège. Je fais un autre métier. Lorsque j’étais PP en clubs de football pros, je ne considérais pas être un PP “spécialiste” car je n’avais pas de diplôme d’entraineur de football. J’étais donc plus un PP “généraliste” spécialiste des processus d’amélioration de la performance.  Ne pas connaître parfaitement le football était un handicap. C’est pour cela que je travaille maintenant toujours en équipe et que je me considère beaucoup plus comme un “responsable de la performance” au service des entraineurs.

Quand j’entrainais des athlètes de haut niveau, j’étais par contre un entraîneur-PP “spécialiste”. Avoir eu toutes ses étiquettes m’a permis de mieux cerner les rôles, les demandes et les missions de chacun, sachant qu’elles ne sont ni fixes ni clairement délimitées, mais évolutives et floues.

Mais, à mon avis, ce qui pose le plus de problèmes, c’est le terme “préparateur physique” et les connotations qui y sont associées. Aujourd’hui cela ne veut plus rien dire. On oppose trop PP à entraîneur. Pourtant un PP est aussi un entraîneur. S’il n’est pas reconnu à juste titre, c’est sans doute à cause de cela. Le droit du sport français reconnaît les statuts de sportif, de dirigeant, de juge, d’entraineur. Mais pas de PP ni de PM.

Ne soyons pas naïfs également. Certains veulent avoir l’étiquette PP “spécialiste” pour satisfaire leur égo. Et chez certains il est surdimensionné. Les réseaux sociaux sont de ce point de vue des prismes très déformants. Les enjeux économiques sont aussi à prendre en compte. Beaucoup de PP ne vivent pas de leur métier. C’est la course aux clients. Se revendiquer “spécialiste” leur fait croire qu’ils pourront trouver plus facilement du travail, des contrats. Ils oublient trop souvent que c’est la compétence que les clients recherchent. Être pérenne dans ce métier, c’est déjà par certains côtés un gage de compétence.

Je ne parlerai pas des PP “multitâches”. Ceux qui savent tout faire, du terrain jusqu’au laboratoire scientifique, qui souvent prêche la bonne parole, qu’on découvre “spécialiste” de nutrition, de mentale, d’une molécule hyper vitale, d’un détail physiologique hyper incontournable, d’un gène, sans formation ni diplôme reconnus, ou alors avec des diplômes et formations sans rapport avec leur “expertise”, voire même sans expérience. Ceux-là, je les admire. Ils revendiquent souvent être autodidactes, sont très critiques vis-à-vis des systèmes de formation établis et ont une capacité à échanger assez limitée. Leurs remarques et critiques semblent promouvoir une certaine anarchie puisqu’ils dénigrent systématiquement le “système”. Ce qui est paradoxal, c’est de revendiquer une légitimité officielle sans cadre de références. On a vu ce que cela donnait avec les ostéopathes. Ils m’impressionnent donc trop pour que j’en parle. Ce sont les nouveaux “dieux” de la PP.

La réathlétisation/réentrainement ? Là aussi il y a des PP “généralistes” et des PP “spécialistes”. Mais on est dans un cadre légal ambigu.

Le problème majeur reste que les “pros” PP “généralistes” ont souvent tendance à raisonner en méthodes, en idéologies, en doctrines plutôt qu’en lois, en règles, en principes.

Ce serait nier la différence entre la technique et le style. L’un est l’ensemble des comportements généralisables, l’autre est la personnalisation de ces comportements. Il ne faut pas les opposer. L’un n’existe pas sans l’autre. L’un évolue avec l’autre.

La motricité humaine a ainsi des principes communs, qu’elle soit aquatique ou terrestre : l’amplitude, la fréquence, le temps de contact, le temps d’envol. Mais la motricité d’un joueur de sport collectif de salle a des différences importantes avec la motricité d’un joueur de sport collectif d’extérieur. La nature du terrain influence énormément le temps d’appuis, la surface du pied en contact avec le sol et donc la nature et la séquence des contractions musculaires. Combien de PP “généralistes” sont venus de l’athlétisme pour aller dans le football et ne l’ont pas compris. On les a vu reproduire les mêmes exercices de terrain, de musculation. Par exemple, la phase de production de vitesse est différente. Mais ont-ils réellement compris que le footballeur ne cherche pas à produire une vitesse maximale comme un sprinter sur une piste d’athlétisme ? Que les jambes qui lui servent à se déplacer sont aussi celles qui lui permettent de contrôler le ballon et que cela est déterminant. Que le joueur de football n’a pas de starting-blocks ? Qu’il ne démarre presque que jamais arrêté ? On ne court pas de la même manière si on est sur une piste d’athlétisme, dans un gymnase avec un ballon à la main, ou sur un terrain de football avec une balle aux pieds. La réalité me fait dire que beaucoup de PP ne connaissent pas tous ses aspects. Il suffit de regarder les exercices qu’ils proposent. Tous les sportifs de tous les sports du monde pourraient les faire. Ça m’interroge beaucoup. Cela ne les empêche pourtant pas de dire qu’ils individualisent.

Définir un profil de force, un score FMS, une VMA etc : cela ne peut avoir un sens que si on tient compte des caractéristiques du sport, de niveau de pratique, de l’expertise du sportif, de son âge … Ce n’est pas toujours flagrant quand on lit certains écrits.

Les PP “généralistes ” peuvent donc sous-estimer ce qui est essentiel à haut niveau : la prise en compte du contexte spécifique, ses influences sur l’organisme.

Prôner des bains froids, différentes méthodes de musculation, c’est bien. Mais si l’équipe se déplace en jet privé en hôtel de luxe, ce n’est pas la même chose que si on voyage plusieurs heures en bus et qu’on dort dans un hôtel bas de gamme.

C’est ainsi le reproche majeur que je fais au modèle de Banister, lorsque l’on parle de charge d’entraînement. Pourtant cette prise en compte du milieu, l’influence du milieu sur l’organisme n’est pas nouvelle. Jean-Baptiste Lamarck l’évoquait déjà au 18e siècle. Sa théorie transformiste s’appuie sur deux principes :

– “la complexification croissante de l’organisation des êtres vivants sous l’effet de la dynamique interne propre à leur métabolisme,

– leur diversification, ou spécialisation, en espèces, à la suite d’une adaptation à leur milieu de leur comportement ou de leurs organes.”

Jean Piaget reprendra ses idées ultérieurement. Tous les étudiants STAPS le connaissent. “ L’éclairage qu’il apporte sur l’« intelligence », comprise comme une forme spécifique de l’adaptation du vivant à son milieu, sur les stades d’évolution de celle-ci chez l’enfant et sa théorie de l’apprentissage exercera une influence notable sur la pédagogie et les méthodes éducatives”.

C’est aussi la différence entre génétique et épigénétique : “Alors que la génétique correspond à l’étude des gènes, l’épigénétique s’intéresse à une « couche » d’informations complémentaires qui définit comment ces gènes vont être utilisés par une cellule ou… ne pas l’être. C’est un concept qui dément en partie la “fatalité” des gènes »

L’homéostasie et la notion de milieu intérieur chère à Claude Bernard ne fait que renforcer cette influence. Il en est de même pour le Syndrome d’Adaptation Générale de Hans Selye, souvent repris par Verkhoshansky dans ses interventions sur l’entraînement.

Se revendiquer spécialiste de la force ? Des étirements ? De la musculation ? De la proprioception ? … Cela ne me choque pas. Mais le PP doit néanmoins avoir une connaissance approfondie de tous les facteurs de la performance. Attention à ne pas devenir spécialiste du détail du détail. On n’entend pas en effet dire un entraineur qu’il est spécialiste du pénalty, de la touche, du coup franc. Il est plutôt spécialiste des gardiens de but, des attaquants, des défenseurs. Mais il a une connaissance approfondie de son sport.

Le PP « généraliste » (en référence à un sport) peut donc être un PP « spécialiste » (en référence à un domaine de la performance).

Personnellement, mes journées ne sont pas assez longues, mes semaines non plus, pour connaître les subtilités de chaque sport. Je me considère donc comme un PP « généraliste » et j’en suis fier. C’est la raison qui me pousse à travailler avec des experts des sports dans lesquels j’interviens. C’est un grand plaisir que d’échanger avec eux, de chercher les meilleures stratégies d’entraînements pour être en forme au bon moment, plusieurs fois de suite. Car c’est cela que les sportifs attendent.

Par contre quand on parle de stratégies d’entraînement, de charge d’entraînement, d’effets cumulés différés, je deviens « spécialiste » et les entraîneurs deviennent des « généralistes » !

Le PP « spécialiste » et le PP « généraliste » peuvent donc bien sûr travailler dans une même structure. Ce qu’il faut définir c’est le référentiel : le sport ou le domaine de la performance ?

Quoi qu’il en soit, les logiques « verticales » et les logiques « horizontales » ne sont pas antinomiques. Elles sont complémentaires. Que les unes rejettent les autres doit interroger, inquiéter.

Mais les revendications de certains PP d’être reconnus, d’être étiquetés comme des spécialistes me font beaucoup plus penser à un problème existentiel, à un mal-être, qu’à un réel problème. Ces PP voient souvent l’herbe plus verte ailleurs, le soleil plus brillant, décrivent l’arbre comme étant une forêt, et font de l’exception une règle. J’ai plus l’impression qu’ils prêchent pour leur paroisse que pour la profession.
Ce qui me fait sourire ? C’est qu’à ce moment précis ils semblent prendre conscience de l’importance du milieu, du contexte. Le monde idéal n’existe pas, pas plus que le pays ou les PP sont une institution respectée. Une compétence importante est de savoir s’y adapter.

Il est surtout indispensable d’avoir une approche systémique, c’est-à-dire de considérer le sportif, ses aptitudes, ses capacités comme celles d’un être humain évolutif en relation permanente avec son contexte d’évolution. De comprendre que c’est un être émotif.

Le PP est un acteur parmi d’autres, ni moins important, ni plus important.
Savoir s’il est généraliste ou spécialiste, personnellement, je n’y attache aucune importance.
Je suis beaucoup plus sensible au fait qu’il soit compétent, motivé et optimiste.

Arnaud Ferec

Préparateur physique, fondateur de PRO-FTS – www.pro-fts.com

Ce qui me gêne toujours dans les raisonnements sur la spécialisation, c’est que cela ne pose aucun problème que le kinésithérapeute ou le médecin ne soit pas annoncés comme spécialiste. Après tout si l’on suit ce raisonnement, c’est bien un enchaînement naturel non?

L’utilisation de l’exemple de médecin spécialiste et généraliste est fumeuse. Nos médecins dans les équipes sportives sont médecin du sport. Cette spécialité se suffit à elle-même. Nos kinés sont (en générale) marque du sceau kiné du sport. Ces 2 notions “du sport” n’impliquent pas qu’il soit spécifique à un sport. Pourquoi un PP devrait il être spécifique à un sport X.  Mais quelle est la différence entre un kiné et un kiné du sport ? Entre un médecin et un médecin du sport? Une meilleur connaissance des problématiques liées aux activités physiques. Ce n’est pas en ayant une pseudo connaissance de l’activité X ou Y mais bien une connaissance précise, approfondie, en biomécanique, l’anatomie, la neurophysiologie, les conceptions d’apprentissage moteur et la psychologie et plus. C’est d’abord en connaissant l’homme que l’on peut entraîner l’homme.

L’analyse de l’activité est bien plus fumeuse qu’on ne le pense. D’une part parce que d’un entraîneur à l’autre, il y a des méthodes d’entraînement différentes, des idéologies de jeu différentes et donc des recrutements de joueurs différents. Croire que l’on connaît l’activité parce que 3 statistiques et 4 études c’est très limite. Croire que l’on connaît l’activité parce qu’on l’a pratiquée depuis l’âge de 10, c’est également limite, non seulement le niveau auquel on a joué ne correspond peut être pas à celui où on est entrain d’entraîner mais en plus les règles et les techniques évoluent et avec elles le jeu. Et à l’heure où les motricités des sports s’entremêlent de plus en plus, le footballeur prend ses un contre un comme le basketteur grâce a une meilleur technique de dribble, la latéralisation est de plus en plus importante avec les défenses à 10 qui ferment les espaces. Le rugbyman explore les passes lobées et la verticalité, on voit que si les corps sont spécifiques au sport (par une sélection génétique ou bien une adaptation aux contraintes des entraînements), les motricités elles, se ressemblent de plus en plus. Mais au final le problème pour un préparateur physique est-il de connaître l’activité et d’être un entraîneur bis ou bien d’être un spécialiste de la motricité afin de travailler sur les besoins de l’athlète en terme d’optimisation de la performance.

D’ailleurs si on est spécialiste de son activité, ne va t’on pas aussi spécialiser la formation des jeunes? Et bien évidement, c’est ce qui s’est passée. Et c’est cette spécialisation de la PP, où on met le sport au centre et non le jeune athlète, qui est remise en cause intensément depuis plusieurs années dans des pays qui “innovent” en travaillant sur la variété et la variabilité des motricités.

Le débat sur la spécialisation et la généralisation est bien plus large que l’on pense aux premiers abords. C’est une question de définition de notre activité et une affaire sur notre place au sein des staffs pro. Et oui la France souffre d’un manque de professionnalisme dans notre métier de PP. Reconnaissons-le. Quand on voit nos voisins Européens, nos oncles d’Amérique, ou nos cousins d’Australie, le PP à sa place indiscutablement.

Quand on parle de PP généraliste, on pense également à la PPG et dans un soucis de toujours coller à l’activité et d’augmenter le nombre d’heure de pratique comme le transfert, on se veut de plus en plus spécifique. C’est à dire que l’on va faire 2 passes et un sprint derrière ou bien on va faire des sprints avec le ballon au pied. Moi j’appelle cela de l’entraînement technique. Mais c’est peut être mon bagage de coach de basket qui parle; le basket est depuis longtemps habitué aux situations de un contre un, de faire 3 petits sauts avant d’aller chercher un rebond, ou bien de jouer des situations de contre-atttaque après un sprint défensif… mais on appelle pas ça de la préparation physique. Et aux USA, terre de basket, ce n’est pas le rôle du PP que de faire ce type d’animation.

Alors bien évidemment si on approche le travail du PP comme un analyste de data pour calculer la pseudo charge interne de travail (pour ceux qui font de “l’individualisation”) sur les 2-4h d’entrainement de la journée, et qu’il est animateur du choix des exercices [ aujourd’hui c’est 3×3, demain c’est 7×7 sans goal…], et si on pense que individualiser c’est donner un poids différent dans la salle de muscu, un temps d’entrainement différent, et 3 exercices de prévention différents, alors effectivement je recommande des entraineurs du sport, voir je file le boulot a l’assistant et j’engage un data analyste qui peut coder; comme ca j’aurais des beaux graphiques et des statistiques le lundi matin au top.

Mais si on considère que la préparation physique, c’est avant tout l’optimisation de la performance motrice du sportif; c’est a dire de placer l’athlète, l’homme, au centre de nos préoccupations et que l’on individualise les charges de travail alors il faut une formation qui s’applique à l’humain et non au sport.

La connaissance de l’activité se fait rapidement quand on a les outils pour l’analyser. Par contre, les histoires de vestiaires sur qui a marqué le but en 1997, ou le plaquage raté de X en finale de la coupe…tout ce qui fait la culture et l’histoire du sport est important pour établir des liens avec les joueurs et d’accaparer leur confiance. Mais dans un monde sportif qui se professionnalise de plus en plus, le rugby de potes (pour prendre cet exemple) n’existe presque plus (bien ou mal à vous de choisir), la 3ème mi temps est moins terroir qu’elle ne l’était. Et entre un gars compétent et un autre qui a une besace d’histoires, moi je choisis la compétence pour m’entraîner. mais c’est mon avis.

Aussi pour moi le PP généraliste c’est celui qui va travailler avec la population en générale où la santé va être le point important. Quand on a besoin de remplir un objectif précis,on va aller voir un spécialiste. Celui-ci est formé à des techniques particulières pour répondre à des besoins particuliers.

Cela ne choque personne si un médecin chirurgien est spécialiste du pied et du genou. Pourquoi est il choquant si un PP est spécialiste de la vitesse et de la force? Après c’est avant tout une question d’évaluer les profils de résistance de l’activité afin d’adapter individuellement au profil de force de mes joueurs. Et ça c’est amusant mais les spécialistes des activités ne le mentionnent que rarement pour ne pas dire jamais..

En d’autres termes, si on considère que pour avoir sa place comme PP, je dois me pourvoir en entraîneur et gérer les 4 allers-retour et les 10 sauts, faire 3 graphiques des datas GPS, je pense que l’on ne fait pas le même métier, mais je comprends. La partie financière est plus intéressante quand on a le titre d’assistant coach que quand on est PP.

Si par contre on considère que le métier de PP c’est d’évaluer les profils de force et de construire les exercices pour adapter les profils de résistances afin de permettre à l’athlète de progresser dans son contrôle moteur, alors je ne vois pas ou se situe le problème de travailler avec un basketteur, un sprinter ou un tennisman. Les kiné et osteo n’ont pas de problème à passer d’un footballeur à un kayakiste. Et si l’on poursuit sur la connaissance de l’activité comme élément fondamentale, les coachs qui entraînent le sport féminin ne devrait pas passer chez les hommes et vice-versa. L’activité est quand même assez différente. En basket, par exemple, l’exploitation de la verticalité est presque absente chez les féminines alors qu’elle est essentielle chez les hommes. A trop vouloir se trouver un travail et une place sur le banc, on a oublié notre métier de base: Force et Conditionnement physique pour le traduire de l’anglais. Mais surtout se réfugier derrière la pseudo spécificité de son sport enseigner par des spécialistes, cela revient à marier les rois et les reines ensembles. Et sans apport nouveau, sans créativité, et avec une rigidité sur les consensus d’entraînements, on ne fait pas avancer son activité. Et dans le haut niveau, si on avance pas, on régresse.

 

Conclusion de Xavier Barbier

Je pense que les 2 visions se défendent. Mais pour avoir une expérience auprès de sportifs de haut-niveau ou pro des différents sports, ma vision se rapproche plus de celle d’Arnaud. Loin de moi l’idée de vous rejouer l’excellent film “le cercle des Poètes disparus” (oh capitaine mon capitaine !), mais je pense que le spécialiste risque d’avoir une vision étriquée, trop centrée sur l’activité, et pas assez sur l’individu (et les points communs avec d’autres sports). Il est parfois bon de prendre du recul et de voir comment font les autres dans d’autres sports, organisations, situations.

Enfin, et pour conclure, les réseaux sociaux libèrent la parole, mais plus rarement le débat constructif et l’intelligence. J’échange et apprends bien plus par email, skype ou en direct avec un collègue, que via les réseaux sociaux ou il est impossible d’échanger sans que cela dérive dans tous les sens. Donc merci à Arnaud Ferec de m’avoir soumis ce texte qui laisse à chacun le temps de développer sa position et ses arguments. Très heureux d’apporter ma modeste contribution au métier de préparateur physique.

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A lire : Entraînement Fonctionnel

Tous les préparateurs physiques et coachs devraient posséder des connaissances sur l’entrainement fonctionnel.

Non, ce n’est pas faire n’importe quoi sur les surfaces instables. C’est comprendre comment fonctionne le corps. Bien au delà de l’anatomie tel qu’elle est enseignée dans les formations.

Le livre de Sébastien Bême et Benjamin Dumortier vous propose une plongée dans une philosophie de l’entrainement centrée sur le corps humain.

Vous pouvez vous procurer le livre sur la boutique Gymsanté : Entraînement Fonctionnelcovertureebook (1)

Voici un large extrait de ce livre :

Il est important de comprendre que les articulations et les muscles travaillent dans un système continu, sous contrôle du système neuromusculaire, assurant ainsi la sécurité de la chaîne cinétique.

En termes simples, il s’agit d’observer le fonctionnement de ce pour quoi le corps a été programmé. Par exemple, une flexion sur une jambe nous apprend beaucoup plus sur la capacité fonctionnelle des adducteurs qu’un effort de résistance à l’adduction couché sur une table.

En réalité, l’observation du mouvement peut être faite à partir de n’importe quel exercice fonctionnel ou de n’importe quelle partie de ce même exercice.

Même si cela peut sembler très compliqué au départ, les mouvements de bases et ses options correspondantes permettent une expérience véritable, révélant une infinité de possibilités. Facilitant l’identification des dysfonctionnents, la possibilité de création de programmes réellement personnalisés est dès lors possible, avec la mise en place de tests fonctionnels rapides pour qualifier les progrès.

Entraînement Fonctionnel ou kinésithérapie

L’objectif n’est en aucun cas le remplacement du corps médical. Les entraîneurs, préparateurs physiques et coaches sportifs n’ont pas les compétences pour soigner. Par contre, s’offrir une détection précoce des dysfonctionnements mécaniques ou des asymétries permettra une forte réduction des risques de blessures ou des troubles quotidiens.

De même, après l’intervention d’un kiné ou d’un ostéopathe réparant le trouble (tendinopathie, entorse, blessure musculaire, blocage articulaire, réhabilitation chirurgicale, résolution de problèmes oculaires, etc.), cette manière de travailler évitera ou résoudra les déséquilibres, inévitables à moyens ou longs termes.

Les tests fonctionnels

Les tests seront classés en fonction de la comparaison entre les côtés droite-gauche et la capacité d’exécution d’un mouvement dans son ensemble. Les appréciations de la qualité et de la fluidité seront également importantes.

Au final, la mise en place de ces tests couplés avec une stratégie d’amélioration des mouvements permet une approche prophylactique (prévention des blessures) et une amélioration de la souplesse et de la stabilité. Ces dernières citées pourront alors être développées pour améliorer les performances, servant de base à la force et à la puissance.

L’amélioration des schémas moteurs fonctionnels est donc une préparation physique avant la préparation physique, le programme de réathlétisation nécessaire après une blessure ou une opération.

A qui s’adresse ce livre et donc l’entraînement fonctionnel ?

La lecture de ce livre et donc l’application de l’Entraînement Fonctionnel cible 100% de la population française que ce soit dans un but professionnel (prévention), sportif (préparateurs physique ou entraîneurs) ou de bien être (réduction des douleurs quotidiennes).

l’Entraînement Fonctionnel a montré (en Amérique du nord notamment) qu’il est tout à fait capable de remédier à un très grand nombre de douleurs récurrentes, de blessures apparemment ingérables (liées au hasard !). Le sport aussi a montré ses bienfaits dans le domaine de l’entreprise (augmentation de la productivité, baisse des absences).

Cible compétition

Les clubs de sports et entraîneurs

l’Entraînement Fonctionnel est la cible prioritaire des préparateurs physiques, entraîneurs, clubs sportifs et salles de remises en forme.

Il est socialement important, voir vital, que les professionnels du sport prennent conscience de leurs obligations et des immenses possibilités qui s’ouvrent à eux.

Combien de tests cohérents (en dehors des performances pures et de la capacité à faire un geste d’entraînement) les salles de remises en forme pratiquent-elles ? Pourtant, le premier objectif des adhérents est la santé (source Anses). L’intérêt de proposer directement des cours collectifs ou l’usage de machines guidées sans évaluation des déséquilibres et des asymétries des adhérents peut se poser.

Combien de clubs de sport observent les limitations fonctionnelles des nouveaux adhérents ? Pourtant ils pratiquent tous (ou presque) des tests physiques de performance !

Que vaut une performance si le fonctionnement du corps n’est pas optimal ? Rien ! Elle est sous-évaluée et surtout potentiellement dangereuse : l’orientation et la détection des sportifs en clubs de sport ne prenant en compte que des qualités sportives est la porte ouverte aux graves blessures mais aussi aux erreurs d’orientation. Le parcours client/adhérent ou fédération/athlète doit intégrer cette évaluation !

Les sportifs

L’Entraînement Fonctionnel intéressera aussi les sportifs, qui sont pour la grande majorité exclusivement axés sur la performance. Ils comprendront alors l’importance de l’amélioration générale du physique prolongeant la carrière sportive, réduisant les défauts souvent apparentés à une génétique irrécupérable, diminuant les blessures (progression optimisée par une plus grande assiduité à l’entraînement). L’optimisation du potentiel par cette démarche amènera à une optimisation des performances pures.

Les non-compétiteurs

Les sédentaires, les sportifs loisirs et les personnes souffrant régulièrement de troubles physiques (maux de dos, tendinites, raideurs quotidiennes, etc.) sauront tirer profit de ce type de pratique sportive.

En effet, le fonctionnement de l’organisme se dérègle naturellement en compensant par des postures incorrectes, des douleurs passagères, des gestes douloureux. Si ces compensations ne sont pas détectées, elles s’autoalimentent pour produire des douleurs chroniques, amplifiant ou accélérant les problèmes articulaires, les blessures bénignes (lombalgies, syndrome rotulien par exemple).

La vie professionnelle devenant particulièrement répétitive (postures longues devant un ordinateur, téléphone vissé à l’oreille, gestes répétitifs) est nécessairement génératrice de ces troubles : Les TMS (Troubles Musculo-Squelettiques). Ces TMS sont responsables de la plupart des blessures et des douleurs du quotidien (voire de beaucoup de maladies, type dépressions, névralgies…).

Les entreprises

De même, les entreprises font nécessairement partie de la cible de l’Entraînement Fonctionnel. Les TMS sont la première cause des arrêts de travail en France (85% en 2010). Ils correspondent à l’une des principales causes de démotivation et d’absentéismes répétitifs, baissant ainsi la productivité. Ils sont également le premier poste de dépense de la santé professionnelle provoquant ainsi une augmentation des charges patronales.

C’est pourquoi le Plan Santé-Travail (2010-2014) place la lutte contre les TMS en première position. Des entreprises pilotes (Michelin, Toyota, Mobalpa, hôtel Lutetia à Paris) ont montré la grande potentialité de proposer une activité physique à leurs employés. Les bénéfices humains (plus grande cohésion comparée à un stage de cohésion) et financiers (diminution des coûts) ont été démontrés. Ajoutez-y le coût de l’Intérim et de la formation pour les remplacements d’arrêts de travail, l’équation financière est simple à comprendre. Tellement simple qu’une rencontre entre le Medef et le CIO (septembre 2012) a débouché sur un accord visant à promouvoir l’activité physique au sein des entreprises.

Entreprise Agroalimentaire et exploitations agricoles, commerce, métallurgie, BTP, habillement, imprimerie, industrie pharmaceutique, services aux entreprises et à la personne… les TMS touchent tous les secteurs d’activité sans distinction et concernent toutes les entreprises, quelle qu’en soit la taille.

Post blessure ou post-opératoire

Les personnes ayant eu une correction (prothèse articulaire, semelles orthopédiques, chirurgie réparatrice voir correction de la vue à l’aide de lunettes) seront également intéressées par l’entraînement fonctionnel.

En effet, chaque intervention, chaque modification sur le corps implique une correction naturelle des schémas moteurs et de la coordination. Ces corrections amèneront obligatoirement à des déséquilibres.

A termes, ces déséquilibres, provoqués par des gestes répétitifs ou le maintien de positions statiques longues, dégénéreront très probablement en troubles musculaires ou articulaires (mal de dos, migraine avec nuque raide, sciatiques…).

Et la médecine ?

Enfin, les professionnels de la santé (chirurgiens, kinésithérapeutes, ostéopathes, podologues, orthopédistes, dentistes) pourront aussi largement bénéficier des notions de mouvement primaire.

En allant exclusivement à la remise en état d’un fonctionnement ‘normé’ des différentes parties du corps, la politique actuelle de la santé génère de futures dépenses. La prévention et surtout le rééquilibrage du fonctionnement de l’organisme n’est pas possible par leurs interventions (non remboursement, réduction drastique du nombre de séances de rééducation). Vos patients, bien que soignés, ne sont pas complètement opérationnels et risquent des rechutes, des déséquilibres provenant de vos interventions.

C’est donc le rôle des préparateurs physiques, des coaches que de les prendre en main à l’aide de vos indications pour re-fonctionnaliser vos patients.

La démarche de ce livre sur l’Entraînement Fonctionnel

Plus que des outils, Nous essayons d’apporter un mode d’emploi pour utiliser l’Entraînement Fonctionnel.

Le contenu de ce livre n’est pas une simple liste de tests et d’exercices à proposer pour améliorer la mobilité.

La démarche est clairement de former les lecteurs pour comprendre et adhérer à la démarche de l’entraînement fonctionnel (Functional Training chez nos amis anglo-saxons). Les ouvrages et références en matière de tests fonctionnels sont rares et presque exclusivement disponibles dans la langue de Shakespeare. L’accessibilité est donc difficile pour la plupart de nos concitoyens.

Les sources des tests fonctionnels

Ainsi, en prenant appui sur ce qui fonctionne outre-Atlantique (Functional Movement Screening™, SEBT™, Applied Functional Science™, Physical Solutions, etc.) et en les personnalisant, vous pourrez produire vos propres tests et surtout propres programmes de préparation physique préalable (réathlétisation, normalisation de la mobilité…).

Quels tests fonctionnels ?

Vous trouverez, dans ce livre, une batterie de tests permettant à l’évaluateur d’avoir une impression claire des qualités fonctionnelles de mouvements du testé. Ils sont conçus pour mettre en évidence les points forts et les points faibles des chaînes cinétiques et ainsi révéler les défauts et les compensations potentiels.

Les tests sont :

  • Facilement reproductibles.
  • Peu gourmands en équipement.
  • Conçus sur la base des séquences des mouvements primaires.
  • Applicables à tous les groupes d’âge et à tous les niveaux.

Domaine d’application

Les variations des tests décrits sont celles utilisées dans la réadaptation et la remise en forme. L’objectif est que l’évaluation fonctionnelle devienne monnaie courante dans ces domaines.

Comment utiliser les tests fonctionnels ?

Après l’exécution des tests, l’analyse des dysfonctionnements pourra être entreprise non pour quantifier, mais pour qualifier des déséquilibres, des ruptures de fonctionnalités. L’objectif de l’entraînement fonctionnel vise un amoindrissement de ces derniers, au travers une reprogrammation neuromusculaire et non une rééducation chiffrée (réservé au domaine médical).

Soyez logique dans votre démarche

Lorsque l’analyse est faite, le choix des exercices et des séances sera présenté de manière à permettre un travail logique : Du plus urgent/dangereux pour le fonctionnement vers le moins problématique.

Pourquoi ? La plupart du temps, les différents déficits découlent d’une cause commune qui provoque des effets en cascades (le célèbre effet papillon). Remédier à cette cause résout ainsi de nombreux aspects visibles lors de l’évaluation dynamique initiale. Rechercher la cause principale et travailler dessus simplifie la problématique.

Ensuite, lors de réévaluations, seuls les dysfonctionnements distincts réapparaissent. Ces dysfonctionnements seront alors à travailler. Le gain de temps et d’efforts est ainsi considérable.

L’Entraînement Fonctionnel et le sport

Finalement, vous découvrirez comment insérer le Functional Training dans l’entraînement :

  • soit dans un but de réhabilitation : certains déséquilibres, tellement ancrés, nécessiteront de les travailler indéfiniment pour éviter qu’ils ne réapparaissent à la première occasion,

  • soit en prévention, notamment lorsque l’activité à l’origine des déficits ne peut être modifiée ou stoppée ou quand le sport est asymétrique comme le tennis.

Vous pouvez vous procurer le livre sur la boutique Gymsanté : Entraînement Fonctionnelcovertureebook (1)

La guerre des DATA

Les enjeux liés à une victoire dans le sport ne sont pas uniquement sportifs. C’est toute l’économie d’une ville ou d’un pays qui profite du titre de champion comme de la signature d’une star. La perte d’un match peut s’expliquer via une multitude de raisons : une différence de niveau de jeu, choix technico-tactique, “la chance”, blessures, mauvais coaching… L’intégration de technologies dans le sport de haut niveau ne date pas d’hier mais bien de la fin des années 90. Ce n’est que récemment que l’utilisation de ces technos comme outils de décision se sont systématisées. Encore relativement nouveau pour les clubs français, nos cousins anglo-saxons (surtout ceux « down under ») ont transposé le courant de “big data” dans le sport. Phénomène de mode ou outil exceptionnel, toujours est-il que l’intégration de systèmes de partage (le cloud) doit se faire avec un certain recul. Se reposer sur les datas pour prendre des décisions implique de prendre des risques. Les businessmen, et autres traders, par qui le big data est né et dont le sport se targue d’intégrer leurs algorithmes, ont l’habitude de prendre des risques au travers de l’analyse de leur donnée sur leur écran. Quid de nos coachs et managers qui fonctionnent plus souvent « à l’instinct » ? Quand on se prépare à se lancer dans le big data sportif, il faut s’assurer d’avoir couvert ses bases. Et à l’instar du monde du business, le management par les données crée son lot de problèmes. Penchons-nous sur 8 points qu’il parait important de mettre en lumière. Que l’on soit déjà high- tech ou que l’on s’apprête à franchir le pas, il est impératif de comprendre et gérer ces risques associés au « big data » dans le sport.

La sécurité
C’est évident mais bien trop souvent ignoré dans notre monde sportif. Le vol de données numériques est en augmentation constante. La fréquence des attaques est de plus en plus importante ; 5 des 6 attaques les plus destructrices de tous les temps ont été perpétrées dans les 2 dernières années (eBay, JP Morgan Chase, Adobe, Target et Evernote).
L’espionnage industriel est commune mesure dans le monde du business. Mais il a également fait son apparition aussi dans le monde sportif. Souvenez-vous le survol de drone lors de la dernière coupe du monde ! Combien de coachs de basket avouerons avoir caché des caméras dans les tribunes de leur salle lors du shoot-around de l’équipe adverse le matin du match afin d’espionner les stratégies adverses ?
Les grandes sociétés dépensent des centaines de milliers de dollars, voir des millions, pour protéger leur data. Que faisons-nous dans le sport ? Combien de temps avant qu’un hacker se connecte à un serveur d’un club pour ensuite manipuler les datas ? Imaginez l’installation d’un virus qui vous fera perdre l’ensemble de vos précieux pattern ?

Allons vers un cas pratique où une porte dérobée vers votre serveur donne un accès à votre système intranet. L’équipe que vous allez jouer au prochain ¼ de final de la prestigieuse Champion’s League va ainsi découvrir que votre arrière droit est dans dans le rouge depuis 3 semaines avec notamment une légère pubalgie à gauche qui l’empêchera de défendre à 100% lors de débordement.
Autre cas envisageable, le hacker va simplement changer vos variables d’entraînement et ainsi vous laisser avec de mauvaises informations pour prendre vos décisions ! Rappelons que les enjeux financiers sont suffisamment importants pour motiver ce type de comportement.
« Gagner ce n’est pas tout, c’est la seule chose » comme le dit le sophrologue L. Fernandez. Et le « dopage » numérique est un moyen qui n’est pas contrôlé.
[MISE À JOUR 7 Janvier 2015 : Le directeur du scouting des Cardinal passe au tribunal pour avoir
piraté la base de donné d’une équipe adverse…). Comme quoi ce scénario « catastrophe » n’est pas si éloigné de notre réalité. On note que les spécialistes en sécurité évaluent le niveau de ce hack come « enfantin » (source : http://www.wsj.com/articles/ex-cardinals-scouting-director-to-plead-guilty-to- hacking-houston-astros-1452271222).]

Le respect de la propriété
Très proche de la sécurité, le débat sur l’utilisation des datas doit être pris en compte par les divers acteurs. Ces datas sont proches de la santé et devraient faire l’objet d’une charter d’utilisations. Ces datas ne devraient pas être vendues, utilisées ou même échangées sans l’accord explicite des joueurs. Imaginez que l’algorithme propriétaire d’un club A estime que son joueur présente un risque élevé de rupture du tendon d’Achille. Le joueur en fin de contrat quitte le club et s’apprête à signer dans le club B. Est-il déontologique pour le club A de partager ses datas avec le club B ? Il est crucial que les fédérations et le comité olympique statuent rapidement sur ce problème. On peut également imaginer que des membres ayant accès à ces datas les utilisent à des fins personnelles. Outre la publication d’études scientifiques, pensez à de la revente vers d’autres clubs tel l’espionnage mais aussi pour sécuriser la signature d’un joueur lors de négociation d’un contrat. Enfin, dernier point qui est à méditer par rapport à l’utilisation des datas, lors de la renégociation d’un contrat, les datas sont utilisées en interne bien souvent contre le joueur. Les agents n’ayant pas accès à la base de données pour se construire une défense. En parallèle, le monitoring devient de plus en plus intrusif. Il n’y a qu’un pas avant de se faire tatouer ou d’avaler un traqueur d’activité. Les associations de joueurs de la NBA et la NFL ont compris ce créneau et ont récemment engagé un directeur de la performance au sein de leurs associations respectives pour s’assurer du futur des datas récupérées et tenter de légiférer de leur utilisation. En Europe, et plus particulièrement en France, la CNIL réglemente l’utilisation des données informatiques. Cependant, nombreux sont les clubs qui font signer des avenants aux contrats qui violent les lois et libertés individuelles.

Les coûts
La capture de datas, leur agrégation, stockage, analyse et l’élaboration de stockage ont un coût. Et par dessus tout, si on se met en règle avec les 2 points précédemment cités, on augmente drastiquement la note. Budgéter cet investissement permet d’éviter 2 biais : sous-utiliser les datas en se contentant d’être un agrégateur de données ; diminuer les capacités de son staff en

le noyant de données non traitées et non applicables. L’argent c’est le nerf de la guerre. La notion de rendement est essentielle. Pouvoir se rapprocher d’un rendement de 1, c’est-à-dire que pour chaque euro dépensé, on a un retour sur la performance.
Tout club qui souhaite entrer dans le monde du data doit impérativement établir une stratégie. Acheter un GPS pour dire que l’on en a acheté un est aussi inutile qu’acheter un smartphone sans avoir prévu un budget pour le forfait mensuel, les applications et les accessoires.
Bien sûr le revendeur oublie souvent de mentionner ce coût. Mais un GPS sans analyste ne vous servira pas à grand chose. Pensez-vous que le rouge et le vert soient suffisants pour gérer votre équipe ? Pensez-vous que votre ordinateur soit doté d’une intelligence artificielle pour savoir établir la différence entre fatigue et récupération, les deux s’exprimant par un manque de déplacement à l’entraînement, mais différant fondamentalement dans la prise en charge de l’athlète ? Enfin, pensez-vous que votre staff n’avait pas assez de travail et que leur donner de l’analyse de datas en plus ne va pas les éloigner de leur métier initial : entraîner et coacher ? Enregistrer trop de datas augmente le coût de stockage et d’analyses ; ou bien alors, on fait semblant. Car après tout, on n’a pas les moyens de réellement s’impliquer dans le « big data » et on n’a ni les installations pour s’entraîner correctement ni le personnel pour mettre en place une politique de haut niveau. Faire un peu de datas pour rester dans le coup avec les autres équipes, accrocher le wagon à la mode et se contenter de masquer son manque d’investissement est également une stratégie. Mais elle a un coût, au-delà de celui des dépenses, et ce coût s’exprime en terme de résultats. Dans le sport de haut niveau, l’histoire du petit Poucet fait toujours rêver dans la coupe de France de football – cela reste le seul sport où David peut gagner contre Goliath – mais soyons franc, cela ne dure pas dans le temps. On ne peut pas tricher avec le haut niveau, avec le temps l’enfumage disparaît et la chute sera inexorable.

Le temps
Le temps, bien que relié à la notion de coût – ne dit-on pas le « le temps c’est de l’argent » ? – mérite son propre paragraphe. La notion de temps prend ici 2 aspects.
Tout d’abord, par manque de moyens financiers, le temps de votre staff à agréger et analyser les données sera du temps qu’ils ne passeront pas à faire leur travail pour lequel ils sont spécialistes. Le traitement des données prend du temps. Du temps supplémentaire au préparateur physique si celui-ci est en charge de l’analyse des données. Ou bien cela implique une personne de plus dans le staff, et donc un coût supplémentaire, pour éviter de sous-utiliser les datas en se contentant d’être un agrégateur de données.

Ensuite, combien de temps avant d’obtenir des données fiables et utilisables pour mettre en place des actions concrètes ? Pour combien de temps ? Face aux réponses individuelles, affiner l’utilisation de l’outil Data, va prendre des semaines, voir des mois avant d’avoir construit une base de données sur les réponses individuelles à l’entraînement (charge interne). Certains sportifs ont besoin d’une charge d’entraînement plus importante que d’autres pour être performants lors du prochain match. Autre exemple, un indice de VFC bas à l’approche de la compétition, donc mauvais dans l’absolu, peut être une bonne chose pour certains sportifs si cela est dû à une augmentation de l’activité sympathique. Connaître quels marqueurs, selon quels joueurs, permettent d’être plus compétitif requiert du temps, nécessite des périodes pour calibrer les outils. Dans certains sports le calendrier des compétitions est tellement dense que vous n’obtenez que très rarement cette période de calibrage. Dans certains sports, les joueurs restent si peu de temps dans l’effectif que les indices individuels que vous avez mis plusieurs mois à déterminer ne sont utilisables que quelques mois avant que le joueur parte sous d’autres cieux et doivent être remplacé par un nouveau joueur. Le basket est le parfait exemple avec les contrats mi-saison, mais on pourrait citer le football avec des joueurs qui arrivent également à la trêve hivernale et se retrouvent en prêt à l’été dans un autre club.

La collaboration
L’acquisition correspond-elle à une volonté du staff ou à l’irrésistible envie de faire comme les concurrents ? Pensez-vous que tous les entraîneurs ont, comme vous, scientifiques du sport ou préparateurs physiques à tendance technophile, un attrait pour les données ? Soyez sûrs et certains que non. Amasser et traiter ces données est le dernier souci de nombreux entraîneurs et certains ne changeront absolument rien à leurs entraînements même si vous leur proposez des indicateurs adaptés.
N’oublions pas le coté pratique pour les joueurs. De simples questionnaires, peu coûteux certes, ne rencontrent qu’un accueil mitigé, pour au final obtenir des données subjectives. Tout d’abord, pensez bien que certains joueurs(euses) sont parfaitement capables de faire rapidement la corrélation entre fatigue affichée au monitoring = repos. Ensuite, pensez également que pour d’autres joueurs(euses) le monitoring et les datas c’est avant tout un moyen pour le staff de fliquer leur implication pendant les séances et/ou ne pas le laisser jouer le prochain match pour cause de fatigue. C’est un défi auquel on ne pense pas immédiatement : faire accepter ces outils aux sportifs. Dans un monde parfait, les joueurs font confiance au staff et travaillent dans le même objectif : gagner. La réalité du sport collectif professionnel est quelque peu différente. Et bien souvent les plus motivés se retrouvent dans le staff. Un directeur de la performance confiait il y a un an, sa difficulté de faire porter un cardio-fréquence et un GPS à la star de son équipe. Le joueur n’aime pas être traqué dans ces entraînements et la ceinture le gêne dans ses mouvements. Un an après il a toujours les mêmes problèmes.
Autre exemple avec un simple questionnaire de fatigue matinale. La joueuse se réveille à 8h, complète le questionnaire sous les draps depuis son lit, se rendort, se lève 45min avant l’entraînement prévu à 12h et s’y présente sans prendre de petit déjeuner. Les données du questionnaire ne servent strictement à rien et leur analyse sera faussée et donc erronée. Pensez-vous que l’approche de la joueuse sera différente si vous mettez à disposition de la joueuse des outils hi-tech pour recueillir des données différentes sur le sommeil, l’activité cardiaque ou cérébrale au réveil ?

L’analyse erronée
La mauvaise interprétation des pattern en établissant une causalité qui n’existe pas – simplement une coïncidence- est un biais dominant dans les analyses.
Etablir que suite à 3 entraînements les joueurs sont fatigués et les mettre au repos quand en fait ils sont entrain de récupérer (et dès lors les garder en activité adaptée serait la solution) a des incidences directes sur l’état de forme de ces joueurs. Combien de fois ne lit-on pas dans les journaux des phrases de joueurs qui se sentaient un « peu court physiquement » alors qu’ils ont eu une semaine de « repos pour préparer le match » ? Se reposer à 100% sur les datas, c’est occulter l’humain dans l’équation de la performance. L’aspect psychologique n’est pas encore mesuré, ou pas systématisé via les questionnaires et le suivi attentionnel (EEG), pourtant on sait que celui-ci joue un rôle majeur dans la performance. Le bien-être et les sensations sont les premières excuses derrière lesquelles les sportifs se réfugient après une défaite. De ce fait, les datas doivent être un accompagnement et non un tout. L’analyse est le maillon faible du « big data ».

Sans rentrer dans les détails mais seulement en proposant une histoire empruntée à N. Taleb dans son livre Cygne Noir. L’histoire rapidement résumée commence ainsi : pendant 1000 jours un fermier nourrit sa dinde, prend soin d’elle et s’assure de son bien-être. Chaque jour qui passe renforce la dinde qu’elle vie dans le meilleur des mondes. Son niveau de confiance dans le fermier, basé sur sa relation au jour précédent, de la semaine passée, du mois, trimestre, (…) ne fait que monter. Tout cela jusqu’à ce Mercredi avant le Thanksgiving où le fermier lui coupa la tête pour le servir rôtie avec une bonne sauce. En se penchant sur l’analyse des datas du niveau de confiance de la dinde, la transcription en pattern pour s’assurer que demain sera un nouveau jour sans problème ne nous renseigne en rien. Ces données ne permettent pas de prédire la performance du lendemain. L’utilisation de pattern basé sur des datas du passé limitent drastiquement leur capacité de prédiction. Sans prise en compte de l’aspect situationnel et des réponses individuelles, les prédictions sur l’état de forme ou le risque de blessures sont accompagnés d’une marge d’erreur que l’on ne connaît pas. Cela revient à comparer des oranges et des pommes. Les joueurs sont différents, et réagissent différemment aux entrainements ; et surtout ont des emplois du temps différents – les autres 15-20 heures de la journée où vous n’êtes pas avec eux – et ils possèdent des réactions aux stress différents. En gros, ils ne sont ni des robots ni des courbes sur votre écran de smartphone et dès lors, les analyses doivent prendre en compte ces aspects inter-individuels. L’utilisation de l’outil statistique pour réguler la charge d’entrainement est donc à prendre avec des pincettes. L’analyse est multifactorielle et à moins que votre logiciel n’intègre l’ensemble des paramètres, il est important d’établir un algorithme décision du poids des informations et d’utiliser des boucles rétroactives pour vérifier que ces datas soient valides, utiles et transposables.
En discutant avec un préparateur physique de football italien reconnu sur la scène internationale, il a même ajouté que, plus le niveau de précision de nos outils de mesure (en l’occurrence dans les GPS /accéléromètres dans notre conversation), plus il devenait difficile d’analyser précisément. La fréquence d’acquisition de l’instrument augmente le nombre de datas (c’est le but) mais le risque d’erreur d’interprétation augmente également. On pourrait imaginer que cette augmentation soit linéaire (5 fois plus de datas entraîne 5 fois plus d’erreur) ; non, l’augmentation du risque d’interprétation est exponentielle selon lui et d’autant plus importante quand la fatigue se présente. Par exemple, une feinte de changement de direction avec une stratégie d’épaule (qui intervient plus souvent quand les jambes sont fatiguées) pourra être analysée comme un changement de direction de par la position même du capteur lors d’une acquisition à 50Hz par rapport à 10Hz.

Les données fumeuses
C’est le dernier point mais certainement celui qui traduit clairement le manque d’une stratégie quand à l’intégration des datas dans le management. Pompeusement nommées fumeuses car avec la fumée on cache ce qui est essentiel et on perd du temps. Avec le versant physiologique totalement dominant –à tort- le psychologique et le biomécanique, la systématisation du suivi de la quantité d’entraînement a renforcé l’idée que la fatigue est le premier facteur de risque chez un athlète. Certes on sait qu’après un certain nombre d’heures de pratique, le risque de blessures augmente drastiquement, et que les blessures musculaires surviennent principalement à la fin des mi temps. Non seulement le suivi physiologique ne nous permet pas d’être précis quand une blessure va survenir, mais le pourcentage de risque par heure de pratique intègre un écart type important. Mettre un athlète au repos alors que celui-ci n’est pas fatigué augmente aussi son risque de blessure – d’où peut-être les nombreux échecs malgré un monitoring plus précis ; mais en plus le monitoring physiologique ne peut nous indiquer où la blessure va apparaître. Bien sur, ces données fumeuses ajoutent un coût, du temps humain, et augmente le risque de trouver des corrélations et des causalités qui n’ont pas d’intérêts.

Le Hasard sauvage
Plus encore que tout, la qualité des datas est essentielle. Enregistrer des artefacts et tenter une analyse de ces erreurs ne pourra que biaiser toutes les prescriptions qui vont suivre. C’est comme attribuer ce que j’appelle des valeurs « boule de cristal » à des outils qui ne le sont pas. C’est-à-dire tenter de faire dire bien plus aux datas que ce qu’elles produisent. L’extrapolation des résultats est hélas monnaie courante dans le sport de haut niveau ou les auto-proclamés super spécialistes vendent leur service pour analyser ce qu’ils ont vu (dans leur boule de
cristal). La variabilité cardiaque et l’électromyographie sont 2 outils où l’on retrouve des analyses très poussées d’un spécialiste à un autre. Les données d’accéléromètre (mouvement global ou simplement pour établir des profils inertiels) se placent également dans cette course.
Pour emprunter une idée à N. Taleb une nouvelle fois, nous sommes gouvernés par le biais de narration. Nous voulons toujours expliquer à posteriori, en connaissant la fin de l’histoire, ici la blessure. Sauf que « nous ne savons pas ce que nous ne savons pas ». Sommes-nous certains de suivre les bonnes données ? Tentons-nous d’expliquer des évènements sur la base de données incomplètes et extrapolées sans savoir ce que nous ne voyons pas ? L’explication ne vient-elle pas de données que nous n’explorons pas ?

Face aux Datas : faut-il devenir un Sceptique Empirirque ?
L’intégration de data est inhérente à la pratique sportive de haut niveau moderne. Ces
« quants », comme on les appelle dans le système bancaire sont-ils, pour autant l’apothéose et l’unique direction à prendre ? Il ne faut pas oublier que le sport professionnel reste l’un des rare métiers de l’humain à l’humain. Les ordinateurs et les calculs stratégiques prennent de plus en plus de place. Mais en fin de compte, cela reste un homme qui va marquer le but ou plaquer l’adversaire ne l’oublions pas. Aussi, avant d’investir dans des technologies qui seront rapidement dépassée (les accéléromètres ont multiplié par 100 leur vitesse d’acquisition en 3 ans de 10Hz à plus de 1200 aujourd’hui), les clubs doivent engager du personnel et continuer à les former (management, psychologie, technique de terrain, informatique).
Bien entendu, les teams qui souhaitent s’engager sur la route des datas doivent absolument éviter les problèmes que l’on vient d’exposer. Cela commence par un audit, afin d’établir la stratégie, les besoins, et surtout le budget. La partie financière est bien souvent l’élément clé comme dans tout business. Un club doit investir pour aujourd’hui et pour le futur. Simplement dit, acheter des équipements d’évaluations sans avoir les moyens de mettre en place les remédiations par manque de personnel ou d’infrastructures est une perte d’argent et de temps. Tout les clubs n’ont pas un budget de Champion’s League ; reste que la première dépense dans la mise en place d’une stratégie de data doit s’opérer sur l’humain ! En étant précis sur la stratégie, on peut espérer maximiser ses dépenses pour en produire des investissements. L’objectif ne devrait pas être non plus d’engager des Docteurs en science du sport fraîchement diplômé pour diriger votre département performance mais bien de donner les moyens aux préparateurs expérimentés pour savoir discerner le bruit de la musique.
En fin de compte, l’élément le plus important reste la transcription des datas en outils pratique, directement utilisable sur le terrain pour manager la performance des joueurs et leur risque de blessure. Et cela cher lecteur, cela restera encore et pour beaucoup d’années, l’art du coach/préparateur physique ou encore plus communément appelé le talent. Et un conseil, misez toujours sur le talent de votre staff avant de miser sur des outils technologiques. Car ce talent est venu au pris d’année de travail. Et cela n’a pas de prix !

Article co-rédigé par :

Arnaud Ferec, préparateur physique, fondateur de PRO-FTS, et auteur de GENETICS FOR TRAINERS: Decoding The Sports Genes.

Xavier Barbier, préparateur physique.

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Proprioception, contrôle moteur et préparation physique

Article invité : Arnaud Ferec préparateur physique et fondateur de PRO-FTS™ une méthodologie d’entraînement qui propose l’acquisition de techniques de stimulation et de modification de la motricité via la proprioception et le contrôle musculaire. Plus d’informations sur nos formations: www.pro-fts.com
Extrait du livre: Techniques de reprogrammation motrice.

Pour ceux qui n’ont pas le temps.

  1. La proprioception = informations provenant de la stimulation de récepteurs ligamentaires, musculaires et articulaires pour créer la conscience du corps.
  2. La proprioception n’est pas l’équilibre mais participe à sa régulation. La proprioception est faîte d’informations conscientes et inconscientes.
  3. Le contrôle moteur ou l’orchestration du mouvement, est le traitement des informations (proprioceptives + sensorielles) + contrôle musculaire + les intentions dans l’exécution de tâches spécifiques à un instant T.
  4. Proprioception et contrôle musculaire sont liés, d’où la proposition de travailler la proprioception par l’augmentation de la qualité contractile dans des positions spécifiques.
  5. L’ajout de bandes élastiques enroulées sur le corps permet également de jouer sur la production des informations proprioceptives.
  6. La proprioception n’est pas seulement un mécanisme de pro-action mais aussi de pré-action d’où l’importance d’être en contrôle de son corps.

 

Dans notre petit monde de l’entraînement sportif, en 2015, il est difficile d’ouvrir une page internet ou un livre sans que les termes de proprioception ou de contrôle moteur ne soient glissés ici et là.

Si vous arpentez les blogs et pages Facebook qui parlent d’entraînement, vous avez forcément croisé des articles et vidéos sur la proprioception. Que l’on soit en train de s’informer sur la prévention, sur la réhabilitation/réathlétisation, sur l’optimisation des performances ou bien sur la récupération, c’est certainement l’un des mots les plus fréquents et pourtant l’un des plus mal utilisés. Les erreurs et la vulgarisation à outrance ont sorti ce mot et les méthodes qui l’accompagnent hors de son contexte. Dans l’esprit de la majeure partie des gens – et certainement bien plus en fait – quand on évoque la proprioception, on se réfère à des exercices d’équilibre… Le fameux travail en situation debout unipodal sur un plateau instable (le célèbre plateau de Freeman) ou sur un coussin gonflable est le premier exemple qui vient en tête. Autrement dit, la proprioception serait le travail d’équilibre souvent réalisé sur plan instable ou les yeux fermés. Dans une revue de littérature, Ashton-Miller et al., avec le titre ‘La proprioception peut-elle être réellement améliorée par les exercices ?“ annoncent la couleur de notre exposé :

« Nous ne remettons pas en question le fait que les exercices d’équilibre améliorent l’équilibre dans une tâche spécifique ; notre point est que le résultat devrait être défini par lui-même : une amélioration de l’équilibre et non une amélioration de la proprioception ». Et les auteurs de conclure : « Attribuer toute amélioration de cette performance d’équilibre à une meilleure kinesthésie ou proprioception est très prématurée. » (Ashton-Miller et al. 2001).

 

Recadrons le terme de proprioception

La proprioception (formé de proprio-, tiré du latin proprius, « propre », et de [ré]ception) ou sensibilité profonde désigne la perception, consciente ou non, de la position des différentes parties du corps. Elle fonctionne grâce à de nombreux récepteurs musculaires et ligamentaires, et aux voies et centres nerveux impliqués.

La proprioception est une partie de la somesthésie. La somesthésie étant l’ensemble des différentes sensations provenant de plusieurs régions du corps (la peau, les poils…).

On parle également de kinesthésie, où sans rentrer dans la guerre sémantique, ce dernier terme serait plus utilisé pour la partie consciente de la position et du mouvement des différentes parties du corps. Bien que liés sur un plan cognitif, proprioception inconsciente et kinesthésie (ou proprioception consciente) font appel à des mécanismes physiologiques différents.

La proprioception fonctionne grâce à des propriocepteurs. Ceux-ci sont de 3 ordres:

  1. Les fuseaux neuromusculaires présents dans les muscles codent pour la vitesse d’étirements
  2. Les organes tendineux de golgi présents dans les tendons codent également pour les étirements
  3. Les corpuscules de Pacini et de Ruffini présents dans les ligaments/fascias – l’enveloppe fibreuse/tissu conjonctif qui entoure les muscles et organes – et les articulations (le premier répond aux pressions rapides et le deuxième avec un temps de latence aux pressions continues.

 

Les propriocepteurs vont produire des informations sur les accélérations, angles et tensions qui s’appliquent aux muscles et articulations.

Ces informations sensorielles vont depuis les récepteurs au cortex moteur (afférence). Le cortex moteur est lié au planning, au contrôle, et à l’exécution de mouvements volontaires.
La proprioception est une perception consciente ou non. Vous n’êtes pas constamment conscient de votre mollet au moment où vous lisez ces lignes, mais dès que vous les avez lu, vous avez pris conscience du statut de mollet. Une partie de votre cerveau est dédié à l’écoute de ces messages afférents.

 

muscle spindle

Han et al. précisent « pour être spécifique, la proprioception est la perception de la position du corps et de ces mouvements dans l’espace ; et la performance en proprioception est déterminée par la qualité à la fois des informations proprioceptives disponibles et par la capacité de traitement d’un individu. » (Han et al. 2015).

Par conséquent, les mécanorécepteurs périphériques (le hardware) proposent des informations au cerveau afin d’être traitées (software), intégrées puis utilisées.

L’extension de la proprioception, c’est le contrôle musculaire.
A ne pas confondre avec le contrôle moteur (“motor control” en anglais), l’autre terme à la mode egalement dans les blog et articles. D. Delignières propose la définition suivante du contrôle moteur en le différenciant de l’apprentissage moteur : « Il convient enfin de bien distinguer deux thématiques de recherches, parfois confondues dans les esprits : d’une part le contrôle moteur, et d’autre part l’apprentissage moteur. Les théories du contrôle moteur tentent de rendre compte de la manière dont les sujets produisent des comportements moteurs adaptés aux contraintes de taches spécifiées. On se situe ici dans une problématique de production. Les théories de l’apprentissage visent à comprendre comment un sujet s’adapte à une tâche inédite, par l’adoption d’un comportement nouveau. On se situe alors dans une problématique d’acquisition. D’une manière générale, les théories du contrôle moteur s’intéressent à la gestion des habiletés sur-apprises, c’est-à-dire à la motricité de l’expert. A l’inverse les théories de l’apprentissage portent sur la construction de l’habileté. » (Delignière 2004).

Plus précisément, le contrôle moteur touche plus au domaine des neurosciences qui définissent le contrôle moteur comme la capacité de faire des ajustements posturaux dynamiques et de diriger le corps et les membres dans le but de produire un mouvement déterminé dans une situation donnée à un instant T. Au terme de contrôle moteur, je préfère celui d’orchestration du mouvement.

Le contrôle moteur renvoie à l’idée d’un simple programme informatique, d’un bouton que l’on presse, à une vision très rigide ; l’orchestration est une référence plus poétique, musicale où le chef d’orchestre est constamment en train de réguler les différents musiciens à sa disposition pour jouer la partition à sa manière. Cette image est là pour témoigner que le contrôle moteur est un processus régulé et dépendant de chaque chef d’orchestre. Il n’y a pas une seule manière de jouer la 7ème symphonie mais des interprétations diverses et variées. Certaines meilleures que d’autres, certes.

Suite à une prise d’informations initiale, le monitoring interne s’opérant constamment de manière inconsciente, le mouvement volontaire sélectionné et estimé comme la réponse motrice la plus adaptée à cet instant est initié par le cortex moteur primaire et le cortex prémoteur.

Enfin, le signal est transmis aux circuits du tronc cérébral et de la moelle épinière qui activent les muscles squelettiques disponibles qui, en se contractant, produisent un mouvement. Le mouvement produit renvoie des informations proprioceptives au système nerveux central (SNC). Suite à la rétroaction reçue, le mouvement peut être modifié, ajusté ou continué.

D’autres structures du SNC influencent le mouvement telles que les ganglions de la base et le cervelet. Les afférences sensorielles contribuent également à la rétroaction.

orchestration

Dale Purves, (Purves, 2007) dans son livre Principe of cognitive neurosciences, établit qu’une atteinte à une ou plusieurs de ces structures ou de ces voies afférentes ou efférentes auxquelles elles participent peut affecter le contrôle moteur. Plusieurs composantes sont nécessaires pour un contrôle moteur adéquat. On peut noter entre autres un tonus musculaire et postural adéquat, les mécanismes posturaux (réactions de redressement, équilibrium et réactions de protections), la disponibilité musculaire, et enfin, la coordination inter musculaire.

Le contrôle proximal favorise le contrôle moteur en distal, mais ne constitue pas un prérequis. Par exemple, l’habileté à stabiliser le poignet facilite le développement de prises plus matures au niveau des doigts (Preston et al. 2006).

L’ENTRAINEMENT DE LA PROPRIOCEPTION

Heureusement, une fois la syntaxe respectée, et étant donné l’aspect primordial de la proprioception dans le contrôle moteur, plusieurs méthodologies d’entraînement avec pour objectif de stimuler spécifiquement la proprioception post blessure ou non sont apparues. Ces stratégies, auto-proclamées Proprioceptive training, revendiquent l’amélioration de la proprioception et la fait de faciliter l’intégration du contrôle moteur, nouveau ou ré-appris. La description même de ce qu’est le Proprioceptive Training constitue un point de dispute, certainement lié aux largesses dans l’application de la définition du terme de proprioception.

Ashtone Miller et al. (Han et al. 2015) ont argumenté que « si la proprioception se résume uniquement à la partie afférente du système (hardware), dès lors il ne serait pas possible de l’entraîner, tant il n’est pas concevable d’entraîner un signal. »

En premier lieu, et fort logiquement, on est en droit de se poser la question de savoir si la proprioception est entraînable après ce type de déclaration.

Certes un signal ne semble pas à première vue être entraînable ; mais si l’on creuse, il doit y avoir des conditions optimales pour la création du signal (réponse à un(des) stimulus(i)) et la propagation du signal. Après tout, la neurologie est une branche de la physiologie et la propagation neuronale peut être optimisée ou perturbée via la production de neurotransmetteurs. Cependant, nous allons traiter ci-dessous de l’entrainabilité de la proprioception en intégrant le traitement de l’information ayant pour finalité la production de forces.

Les outils de mesure de la proprioception

Sans outil de mesure, il est difficile, voire impossible, de dire s’il y a progrès. Le premier problème qui se pose aux scientifiques est de pouvoir mesurer, quantifier la proprioception ! Or s’il est facile de mesurer les efférences (EMG, TMG), la mesure des afférences est une autre histoire.
Globalement, la proprioception fait référence à la conscience du corps et intègre à ce titre plusieurs branches : le sens du mouvements passif, actif, la position de nos parties du corps, et de leur poids (Goldscheider, 1898). Depuis Sherrington (Sherrington, 1907), on inclut une portion inconsciente où les signaux proprioceptifs sont utilisés pour le contrôle réflexe du tonus musculaire et le contrôle de la posture. Cette distinction entre conscient et inconscient du traitement de l’information proprioceptive n’est pas sans poser problème pour la construction d’outils d’évaluation et implique qu’ils mesurent un des deux aspects uniquement.

Ci-dessous une image qui retrace quelques une des techniques utilisées dans le temps pour tenter d’apprécier cette data.

mesures proprioception

L’évaluation Clinique

Afin de mesurer les progrès proprioceptifs, la première technique consiste à utiliser des échelles de mesure. Dans une revue de littérature (Aman et al. 2014), 12 des 51 études retenues proposent différents process d’évaluation Clinique (Sekir and Gür, 2005; van Nes et al., 2006; de Oliveira et al., 2007; Lynch et al., 2007; Ebersbach et al., 2008; Missaoui and Thoumie, 2009; Badke et al., 2011; Chen et al., 2011; Chouza et al., 2011; Klages et al., 2011; Merkert et al., 2011) ! 9 utilisent des échelles de mesure de l’équilibre (Berg Balance Scale, PASS), des échelles de mesure de la motricité (Tinneti Gait Score), un test de contrôle du tronc, et enfin une échelle de mesure des troubles cliniques (FMA, Motor Assessment Scale). Les études restantes se sont penchées sur l’échelle d’accident vasculaire cérébrale (NIH Stroke Scale, Barthel index et l’index Western Ontario and McMaster Universities Arthritis).

Equilibre

L’utilisation de plateformes de stabilométrie et autres capteurs de pression est évidemment un classique dans la tentative de quantification de la proprioception. 10 études en particulier ont retenues cette méhodes. (Jacobson et al., 1997; Eils and Rosenbaum, 2001; van Nes et al., 2004; Risberg et al., 2007; Westlake and Culham, 2007; Ebersbach et al., 2008; Liu et al., 2009; Missaoui and Thoumie, 2009; Röijezon et al., 2009; Eils et al., 2010).

Neurophysiologique

Caractérisée par un corrélat neurophysiologique du traitement proprioceptif via les tests de stimulation somatosensorielle / potentiels évoqués moteurs (motor evoked potentials -MEPs) ou des mesures de l’inhibition intracorticale et de l’activation corticale. Toujours dans la revue de littérature de Han et al (Han et al. 2015), 7 études ont utilisé cette technique d’évaluation (Carel et al., 2000; Kerem et al., 2001; Kaelin-Lang et al., 2005; Dechaumont-Palacin et al., 2008; Mace et al., 2008; Rosenkranz et al., 2008, 2009).

Somatosensoriel

L’évaluation des fonctions somatosensorielles consiste à mesurer le seuil d’excitabilité ou les erreurs de positionnement des articulations durant un mouvement passif ou le ‘tactile descimination test’. 11 articles font référence à cette technique (Carey et al., 1993; Eils and Rosenbaum, 2001; Carey and Matyas, 2005; Sekir and Gür, 2005; van Nes et al., 2006; Yozbatiran et al., 2006; Risberg et al., 2007; Eils et al., 2010; Ju et al., 2010; Wong et al., 2011) dans la méta analyse de Han et al (Han et al. 2015)

Somatosensori-moteur

Cette batterie de tests se différencie de la précédente par l’intégration d’au moins une forme de mouvement actif, tel qu’un mouvement mono articulaire, des tâches de coordination (suivre un objet et l’attraper), des stimulations haptiques (toucher). 25 études ont été sélectionnées et analysent les résultats en fonction de différentes variables : variabilité du positionnement de l’articulation dans les erreurs, le seuil d’excitabilité psychophysique, les erreurs spatiales d’attraper, et des mesures kinématiques des membres telles que le temps du mouvement, l’amplitude et l’accélération. (Bakan and Thompson, 1967; Hocherman et al., 1988; Hocherman, 1993; Jacobson et al., 1997; Hilberg et al., 2003; Struppler et al., 2003; Robin et al., 2004; Diracoglu et al., 2005; Sekir and Gür, 2005; Haas et al., 2006; Kynsburg et al., 2006, 2010; Lin et al., 2007, 2009; Jan et al., 2008; Panics et al., 2008; Casadio et al., 2009a; Cordo et al., 2009; McKenzie et al., 2009; Röijezon et al., 2009; Ju et al., 2010; Conrad et al., 2011; Wong et al., 2011, 2012; Beets et al., 2012).

Les tests ’’active movement extent discrimination assessment’’ (AMEDA) représentent une méthode efficace pour évaluer la performance proprioceptive d’un système durant des mouvements déterminés (Han et al. 2015). Plutôt que de se pencher sur une seule articulation pour détecter si le segment ciblé s’est déplacé, les auteurs proposent que le rôle de la proprioception dans l’activité quotidienne soit de permettre de juger adéquatement des mouvements des segments en interaction avec l’environnement ; par exemple lorsque l’on doit faire un jugement immédiat implicite du degré d’inversion de la cheville en s’engageant sur une marche avec une surface instable afin de conserver son équilibre.

Hélas pour bon nombre d’études, la proprioception est traitée comme sens de l’équilibre amenant à mixer (!) somesthésie et proprioception. Or, se couvrir les yeux diminue la prise d’informations visuelles ; pourtant, la vision n’est pas le seul capteur qui entre en jeu dans le management de l’équilibre. A chaque 100ème de seconde, c’est l’ensemble des informations disponibles qui sont prises en compte, hiérarchisé en fonction la situation. D’ailleurs se couvrir les yeux n’implique-t-il pas de sur-écouter les autres sens disponibles afin de résoudre la tâche ? pression podales, chaleur, poils, vestibule, sons (…) vont être traités, leur « poids » amplifiés afin de scruter pour la moindre information afin de performer le test. D’ailleurs, c’est une des limites souvent avancées au test de FUKUDA où les conditions de test doivent être optimales et identiques afin pouvoir reproduire le test et avoir une analyse valable.  

Tel le chat qui se mord la queue, nous tournons en rond : il semble impossible d’isoler cette fonction en l’état actuel des technologies.
Aussi, dans l’optique de continuer à produire des éléments de réponse au questionnement de l’entraînabilité de la proprioception, je vous propose de retourner le problème et posons la question non pas de l’amélioration mais de la perte du sens de la proprioception.

Volontairement, nous allons laisser de côté les maladies neurodégénératives (telle que la sclérose latérale amyotrophique plus connue comme la maladie de Charcot) ou génétiques pour se cadrer sur le monde sportif « pratique ».

Le premier cas, et pas des moindres, la douleur semble être un vecteur qui modifierait la production d’informations proprioceptives. [9] Passons rapidement, mais en pratique, on s’aperçoit de l’importance de la gestion des douleurs chroniques dans le management du risque de blessure ; sans parler de compensations et de la mise en place de dysfonctions, jouer avec des douleurs augmente drastiquement le risque local également.


J-P Roll décrit la proprioception comme le sens premier (Roll 2005). Dans les années 90, il a conçu les vibrateurs tendineux afin de modifier les informations proprioceptives et de transformer la conscience du corps pour modifier la posture et la gestion de son équilibre. Ces vibrateurs de 30Hz se placent sur les tendons et magiquement, vous sentez du mouvement sans mouvement. Comme si la force était avec vous ! Si vous n’avez jamais essayé, c’est bluffant. Encore très peu utilisés bien que disponibles depuis la fin des années 90 (!), des études viennent enfin valider l’intérêt thérapeutique et montrent que l’on accélère le retour au jeu.  En perspective, c’est l’idée que la proprioception et la contraction musculaire sont directement liées. Autrement dit, lorsque la production d’informations proprioceptives est modifiée, atténuée, l’activité musculaire disponible sera modifiée ; tantôt sur activée, tantôt sous-activée voir « inhibée ».

Du coté des publications scientifiques, il est avancé que la perte des afférences proprioceptives  semble diminuer le contrôle du tonus musculaire, perturber les réflexes posturaux (Allum et al., 1998; Dietz, 2002; Rossignol et al., 2006), et sévèrement affecter les aspects spatiaux (Gordon et al., 1995) et temporels (Gentilucci et al., 1994) des mouvements volontaires ; enfin, de  provoquer des blessures aux ligaments, capsules articulaires et aux muscles (Barrack et al., 1989; Lephart et al., 1994; Fridén et al., 1997).

La dégénération ligamentaire provoque des troubles sensori-moteurs (Solomonow, 2008). L’activité musculaire serait modifiée lorsque les ligaments subissent des phénomènes d’étirements, de laxité, de tensions répétées. Le jeu de l’articulation sera compensé par une augmentation du tonus musculaire de base ; le récepteur musculaire compenserait pour la perte de sensibilité du récepteur ligamentaire. En creusant, on pourrait s’interroger sur la réciprocité ; certes à des degrés infiniment plus faibles, la contraction des ligaments et fascia existe et engendre peut-être une diminution de l’activité musculaire.
Cette réflexion nous amène à considérer le syndrome d’AMI (pour Arthrogenique Muscle Inhibition). Ce syndrome bien connu des chirurgiens a des conséquences désastreuses sur les retours au jeu (Return To Play ou RTP) pour de nombreux athlètes post ligamentoplastie ou post méniscectomie. Au-delà du volume musculaire, les AMI s’accompagnent fréquemment de pathologies rotuliennes. Amyotrophie + pathologie peuvent nous faire penser à des problèmes d’activation musculaire (le fameux manque de « firing » si vous voulez la jouer à la sauce US…).
Juste une hypothèse lancée à la volée mais qui nous guiderait vers la conclusion suivante :
la modification des informations proprioceptives [pour rappel, les informations provenant des capteurs articulaires, fuseaux neuromusculaires, ligamentaires et fascia], aurait des effets directs sur la régulation du tonus musculaire locale comme de la production de force.

En résumé, la production comme le traitement des informations proprioceptives est variable donc source à entraînement et dégradation. Cette amélioration s’établie au travers du seuil d’excitabilité et de l’intégration des signaux.

Sans proprioception, on ne peut avoir de contrôle musculaire ; et pour finaliser mon idée, on ne peut avoir de contraction musculaire (et je vais revenir sur ce point dans quelques lignes).

La proprioception est donc l’élément essentiel de l’activité motrice ; pourtant on traite ce composant par un travail d’équilibre non spécifique. Pourtant, à quoi bon entraîner à la réactivité si vous n’êtes pas en pleine possession de votre control moteur ? ? A quoi bon pratiquer de « l’entraînement fonctionnel » si vous n’êtes pas « proprioceptif » ? Tout cela c’est très bien, mais en pratique que peut-on faire pour améliorer la proprioception de son vastus medialis?

L’ENTRAÎNEMENT DE LA PROPRIOCEPTION

L’équilibre dans une certaine mesure semble participer à l’entrainement de la proprioception. D’où bien logiquement l’amalgame qui s’est installé. Encore une fois, au risque de se répéter, l’équilibre est la résultante de l’ensemble des informations et de l’activité posturale. Vouloir stimuler la proprioception spécifiquement en utilisant des exercices d’équilibre peut marcher mais c’est loin d’être l’outil idéal. De plus, étant donné la vicariance et la variabilité de chaque individu à un instant T, cette approche ne nous donne pas de précision sur la stratégie mise en place pour s’équilibrer; cela revient à enfoncer une punaise à la massue…

Mais vous me direz, c’est la finalité qui compte : améliorer son équilibre. Peut-être, mais l’entraînement par l’équilibre ne semble pas apporter un gain réel et un transfert vers l’activité (Giboin, L.-S., Gruber, M. & Kramer, A., 2015. Task-specificity of balance training. – PubMed – NCBI. Human Movement Science, 44, pp.22–31.), ce qui est quand même dommageable étant donné commant le monde médical s’appuie sur ce concept pour prendre en charge le travail de prévention.

Une définition de l’entraînement proprioceptif :

L’entraînement proprioceptif est une intervention qui cible l’amélioration des fonctions proprioceptives, en se centrant sur l’utilisation de signaux somatosensoriels ou tactiles afférents combinés à l’absence d’informations d’autres capteurs telle que la vision. Son objectif principal est de restaurer ou optimiser les fonctions sensorielles et/ou sensorimotrices. (Aman et al. 2014)
Personnellement, l’absence d’informations des autres capteurs me semble non seulement peu envisageable mais également peu nécessaire. Et je vais m’expliquer sur ce point dans quelques paragraphes. Les méthodes d’entraînement proprioceptives peuvent être classées en 5 catégories que nous allons décrire.

revue techniques

Les mouvements actifs/ entraînement à l’équilibre (MAEE)

Les mouvements actifs/ entraînement à l’équilibre incluent les exercices où les participants bougent une ou des parties du corps. Les mouvements pluri-articulaires du haut du corps consistent à réaliser des tâches telle qu’attraper ou atteindre une cible avec ou sans support sensoriel additionnel (ex : yeux fermés).

Les mouvements passifs

Ce type d’entraînement nécessite bien souvent un matériel qui va pouvoir réaliser le mouvement et cible aussi bien des exercices mono-articulaires (genou, poignet) (Carel et al., 2000; Dechaumont-Palacin et al., 2008; Ju et al., 2010; Beets et al., 2012) que pluri-articulaires (mouvement du pouce, ou de l’assistance via un bras robot) (Kaelin- Lang et al., 2005; Wong et al., 2011).

Les stimulations somatosensorielles

Cette méthode utilise différentes formes de stimulations, l’objectif est de modifier le signal. Les stimulations intègrent :
– les vibrations globales ou locales, (van Nes et al., 2004, 2006; Haas et al., 2006; Ebersbach et al., 2008; Rosenkranz et al., 2008, 2009; Cordo et al., 2009; Chouza et al., 2011; Conrad et al., 2011),
– le stimulations thermiques (Chen et al., 2011),
– les stimulations magnétiques (Struppler et al., 2003),
– les stimulations électriques (Yozbatiran et al., 2006),
– l’acupuncture (Liu et al., 2009).
Enfin, on peut également intégrer des stimulations multi-somatosensorielle (Kaelin- Lang et al., 2005).

Concernant les vibrations, elles sont comprises entre 25 et 30 Hz ou inférieures à 10 Hz appliquées pendant moins d’une minute – il y a d’autres protocoles cependant qui utilisent des séquences de 15 minutes (Ebersbach et al., 2008). Après 4 répétitions de 45s de vibrations à 30 Hz yeux fermés, on observe une diminution significative du déplacement du centre de pression sur la plateforme stabilométrique chez des patients atteints de syndrome de paralysie cérébrale. Suite à l’arrêt des vibrations, les progrès sont observés dans d’autres tâches (van Nes et al., 2004).

La combinaison de plusieurs méthodes

Par exemple, on couple la méthode des mouvements actifs avec des stimulations somatosensorielles (McKenzie et al., 2009).

Il existe donc plusieurs méthodes pour arriver à stimuler la proprioception. L’ensemble de ces méthodes a démontré des progrès de l’ordre de 30% à l’exception de la méthode des mouvements passifs chez des sujets atteints de différentes maladies (Han et al., 2015). Les études proposant des résultats sur des adultes sains sont plus rares. Elles sont pourtant fondamentales pour comprendre jusqu’à quel point la proprioception et le contrôle moteur peuvent être améliorés et la pertinence de ces techniques. Basé sur 14 études intégrant des adultes sains, l’amélioration moyenne est de 26%, avec cependant une variabilité importante (0-73%) et 4 études qui rapportent un gain faible (<5%). Il reste donc encore un besoin pour éclaircir les progrès que ce type de méthodes pourrait avoir sur des sportifs.

Les gains lors de travail en équilibre sont spécifiques à la position d’entraînement ou de la tâche. On est en droit de se poser la question de savoir si, à l’instar des exercices d’équilibre, le gain reporté en proprioception ou en contrôle moteur est transférable. Et là, surprise, il y a encore peu d’études qui se penchent sur ce sujet. Cependant, en creusant, on s’aperçoit que les données sur la réorganisation corticale suite à un traitement propose une ligne de réflexion (Carel et al., 2000; Dechaumont Palacin et al., 2008; Fiehler and Rosler, 2010). Ces études semblent indiquer que l’entraînement proprioceptif implique des changements neurologiques globaux qui ne sont pas dépendants de la tâche entraînée. Cependant, il n’y pas de preuves exhaustives des effets transférables de l’ensemble des méthodes.


PROPOSITION D’UNE NOUVELLE MÉTHODE DE L’ENTRAÎNEMENT PROPRIOCEPTIF

L’objectif de la proprioception (informer pour produire/adapter les réponses musculaires) doit nous amener à réfléchir sur la partie motrice également.

Les relations entre les fibres afférentes et les fibres efférentes sont simples à comprendre :

Prenons le cas de notre jambe et plus particulièrement du genou. Depuis la position tendue, une force est appliquée :

  • Les capteurs articulaires et fascia via les récepteurs de Ruffini et de Pacini codent pour les pressions et changements de pressions
  • Les capteurs ligamentaires via les OTG codent pour leur étirement..
  • Les fuseaux neuromusculaires (simplifié au quadriceps et à l’ischio) codent pour leurs étirements respectifs.

Donc lors d’une extension de genou, tout en restant très simplifié, on a l’ischio qui envoie des informations d’étirement, les capteurs ligamentaires qui envoie des informations d’étirement et les capteurs articulaires.

Ces informations permettent, entre autres, de qualifier et de quantifier la force appliquée à un point précis afin d’être capable de produire une réponse.

Maintenant, restez avec moi et imaginez que vous ayez un temps de latence entre la prise d’information, son traitement et la production d’une force pour contrer la force initialement appliquée. Par exemple lors de la pose d’appuis, la gravité aidant, la force appliquée va s’accélérer. On n’est pas en isocinétisme: si vous sautez, à votre atterrissage tout délai d’activation va donner du temps à votre corps d’accélérer négativement, pesant plus lourd. Aussi, plus la latence est grande et plus la production de force devra être importante pour contrer la force. L’impulsion ou taux de développement de la force est un élément clé de la performance sportive mais timing on perd du temps et la même action requiert plus d’énergie pour amortir le même mouvement. On s’approche ici du concept d’efficacité motrice au travers de la proprioception.

On pense souvent la contraction musculaire comme provenant du cerveau vers les muscles. Du proximal au distal. Or rien n’est plus faux. Sans organes de renseignement, il peut y avoir contraction musculaire mais celle-ci est inorganisée. aussi c’est bien une organisation qui part de la proprioception au cerveau et revient aux muscles. Une production d’information proprioceptive faibles, erronées et c’est la contraction musculaire qui sera perturbée.

Aussi, comme première technique,  je propose d’évaluer la proprioception par la capacité à produire de la force musculaire en course interne ou au plus proche afin de se focaliser sur l’action des fuseaux neuromusculaires qui vont produire des informations. En effet, l’application d’une force en course interne ou à proximité va avoir pour effet d’étirer les fibres musculaires et donc de stimuler les fuseaux neuromusculaires. Pour être spécifique, on évalue le couple proprioception – contrôle musculaire. Le premier est au service du deuxième mais sans le premier, le deuxième n’existe pas!

Bien sûr, plusieurs paramètres doivent être considérés afin d’être précis sur la production de l’application de la force externe (position du sujet, direction, intensité, points d’application de la force externe ainsi que l’impulsion et son temps d’application.)

Dès lors que l’on évalue la capacité à contrer le vecteur de force proposé, on pourra stimuler la proprioception et optimiser le contrôle musculaire, pré-requis au contrôle moteur. L’augmentation de l’activation, peut se mettre en pratique par un travail ciblé d’isométrie – encore une fois, la précision sur l’application de la résistance, direction, position du sujet sont de rigueur.

La deuxième technique afin de travailler la proprioception, revient à modifier les informations proposées. Le placement d’élastiques entourées sur le corps permet de modifier la facilitation et la sur-activation de structures musculaires ciblées. L’objectif est de favoriser la centration articulaire et de transformer l’activité sensorielle, plus précisément la production des informations proprioceptives. On peut alors travailler de manière globale tout en stimulant des informations différentes et donc des ré-apprentissages moteurs.

Cette stratégie présente également l’intérêt d’offrir une solution de corrections internes non verbales. Comprendre les interactions et les redirections de contraintes sur lesquelles on peut agir permet de créer des conditions de stimulations proprioceptives et de modifier les comportements moteurs.

PROFTS

Les aller-retour entre les deux techniques permettent de travailler tantôt localement, tantôt globalement et sont au service de l’amélioration de la qualité de mouvement. Dans un futur proche, je souhaite pouvoir mettre en place des évaluations scientifiques de ces techniques. L’application pratique a montré une validation de terrain.

PRO-ACTION, PRÉ-ACTION ET CONTRÔLE MOTEUR

Proprioception et contraction musculaire sont au service du contrôle moteur.
Précédemment, nous avons parlé des techniques pour tester et améliorer la proprioception. Ici nous allons traiter du versant pédagogique qui je pense est aussi important pour s’assurer d’un bon apprentissage. Si on se souvient du schéma de l’orchestration du mouvement proposé, on peut voir que le contrôle moteur est la résultante des informations proprioceptives, du contrôle musculaire et des intentions. L’apprentissage ou rétention est l’ultime étape dans la reprogrammation motrice.

L’utilisation de la proprioception dans l’entraînement sportif dépend du fait que la proprioception est, en substance, un mécanisme de rétroaction organisé : une force est appliquée, le corps se déplace (ou est déplacé), puis les informations à ce sujet sont envoyées au cerveau, à la suite de quoi des ajustements peuvent être apportés.

Plus récemment, des réflexions sur les mécanismes de l’entorse de la cheville suggèrent que le rôle des réflexes pourrait être, dans les faits, plus limité à cause de leur long temps de latence (au niveau de la moelle épinière), alors que l’entorse de la cheville survient en 100 ms ou moins. En application, un modèle incluant une « pré-action » (par opposition à la rétroaction) de la proprioception a été proposé. Ce modèle suggère que le sujet aurait également une information centralisée sur la position de son corps avant même d’atteindre cette dernière – proprioception, contrôle musculaire et contrôle moteur.

C’est le concept d’entraînement appelé Feed-Forward, concept qui se retrouve aujourd’hui dans la programmation des algorithmes des AI (Artificial Intelligence) les plus puissants, avec pour objectifs de diminuer les incertitudes et de favoriser l’anticipation des actions. Physiologiquement, un pic de pré activation musculaire (le fameux concept de “neural drive” chère à un professeur canadien ou de In-tension® pour les cousins américains) permettrait de diminuer les contraintes locales et protégerait les structures. Ces pré-activation se retrouvent notamment dans des exercices de drop-jump et séparent les débutants des experts.

Ne serait-ce pas là le summum de l’entraînement des techniques et de la réactivité cognitive, liant entre contrôle moteur et apprentissage moteur ?
Notez que c’est une méthode pédagogique utilisée naturellement par les (bons) entraîneurs en sports collectifs, notamment en basket-ball ou foot US, ultimes sports collectifs de réactivité cognitive, où la prise d’informations nécessaires à une décision rapide différencie l’activité Élite de celle du débutant/novice. Quand la science rejoint l’intuition et les méthodes de terrain, on ne peut que se réjouir. Et tout découle du contrôle musculaire, car sans lui, le mouvement ne sera qu’une succession d’adaptations, de programmes moteurs par éliminations, de plans subsidiaires compensatoires comme proposés dans notre orchestration du mouvement.

La tensiomyographie pour la performance sportive

Notes : L’invité du jour, Arnaud Ferec, est préparateur physique, consultant, auteur, speaker et geek. Il bénéficie d’une expérience des 2 cotés de l’atlantique. Vous pouvez consulter une ITW de ce dernier ICI. Retrouvez également Arnaud sur www.ArnaudFerec.com.

 

Le métier de consultant en services sportifs n’est pas encore très développé en France. La culture et le modèle anglo-saxons se prêtent plus facilement à l’intégration de services extérieurs aux staffs. En france, on y arrive doucement. Depuis 2 ans, j’interviens auprès de joueurs Pros pendant et en dehors la saison.

Une partie de mon activité en consulting réside dans la production de datas, leur analyse et la prescription de remediations, soit en préventif, soit en rehab/réathlétisation.
Je vous présente la tensiomyographie ou également appelée mécanomyographie. Le TMG100 est l’un de mes outils preférés de par la richesse des informations et le fait que mon coté geek récupère un ensemble de datas que mon algorithme maison peut transcrire en terme de prédictions afin de travailler sur l’évolution de la fatigue et le risque de blessures.

Intégré dans les grands clubs d’Europe de football et les universités depuis près de 10 ans, le TMG100 est un secret de Polichinelle tel que le fut en son temps Omegawave. Toujours est-il qu’aujourd’hui, ils sont présents au Qatar, en Chine, aux USA et ont le soutien de nombreux chercheurs dans le monde… Tout a commencé en Slovénie avant de migrer en Espagne. J’ai été le premier à casser ma tirelire pour en acquérir un il y a 5 ans après l’avoir découvert au FC Barcelone et à MU. La presentation en video.

Vidéo d’une mesure:

Autre vidéo :

 

Le TMG est très pratique, rapide et concrêt mais encore très peu intégré dans les staffs médicaux et hospitaliers.
Concrêtement, hormis des évaluations complètes, en fonction du sport (ou bien en fonction de l’athlète), je vais sélectionner un suivi de 2 ou 3 muscles. 2 muscles en bilatéral c’est moins de 5mn (à chaud je dois descendre sous les 3 mn sans me faire de “claquage”). Passif et non contraignant, l’athlète est avec son telephone portable et cela passe très bien pour pouvoir le tester 1 ou 2 fois par semaine quand j’interviens avec une team.

Ci-dessous, un suivi d’un joueur de basket US sur un an. Le joueur étant testé plus ou moins une fois par mois. Les tests sont realisés les matins au lendemain d’un match durant la saison.

Image1Image2 Image3Image4

On peut voir l’évolution du Tc (temps de contraction) et du Dm (Déplacement maximal du muscle) pour les muscles gastrocnémiens.
Comme je disais le métrique a de la valeur, mais c’est surtout l’évolution qui va nous donner une mine d’information.

Il est important de coupler ces datas avec la performance de l’athlète, et si possible pas son ratio cortisone / testostérone pour suivre sa fatigue biologique.
Clairement asymétrique sur son Tc on voit un shift de la gauche vers la droite.
Traduction: le gasto lateral gauche est plus sollicité (Tc temoigne d’une fatigue) et à un moment, dans sa saison, le Tc du mollet droit monte en flèche tandis que son déplacement reste constant.

Lorsque l’on voit cela, on fait un bilan complet afin de voir les cas de figure:

  • La fatigue reste localisée sur le mollet (contraintes localisées sur le mollet = danger pour les structures locales )
  • La chaine musculaire est elle aussi impactée (Conséquences: Problème articulaire et/ou musculaire)
  • Contro-latéral: augmentation de Tc ou diminution de Dm sur le coté opposé à l’exception du mollet). Le problème proviendrait peut être d’un déséquilibre du bassin. Risques associés: entorse cheville, pubalgie.
  • Omolatéral + contro lateral (à l’exception du mollet opposé). Conséquences: Fatigue importante, risque important.

La comparaison avec le bilan initial en utilisant un peu de statistiques nous permet d’affiner nos hypothèses et dès lors de prescrire des strategies

  • pour les exercices correctifs (afin de diminuer les asymétries),
  • pour les routines d’echauffement (activation et ciblage),
  • Pour les soins et thérapies (ne pas passer trop de temps à masser un muscle déjà “lent”),
  • pour la récuperation / étirements (ciblage et technique d’étirements préférentielle pour le muscle).

Au risque de me répetter, c’est avant tout les propositions de remediations qui comptent au dela des observations et des datas. Cependant, si votre observation se traduit en hypothèses incorrect, vous aurez probablement un contenus qui ne sera pas en adéquation avec les besoins de l’athlète.

Quand on met en place une tentative de modulation de ses contenus par les datas, il est essentiel de s’assurer de la reproductibilité des datas, afin d’éviter de comparer des oranges et des pommes. On le voit trop souvent avec ceux qui veulent faire un suivi de VFC en intégrant une grande inconstance dans la prise de mesures.

Autre étude de cas, où l’on a un basketteur plutot symétrique avec des fibres rapides (le Tc est très bas). La 1ère mesure se fait lors des tests médicaux de pré-saison. Les suivants chaque lundi avant la reprise de l’activité (off le dimanche).
Observations :
– légère augmentation de Tc les 2 premières semaines et augmentation du tonus musculaire (le muscle se deplace moins avec Dm plus petit).
La 3ème semaine, on voit ici un décrochage de la courbe sur le mollet droit (GL encore une fois) du temps de contraction. Le mollet droit se fatigue montrant sa surutilisation en période de pré-saison. Par la suite, le joueur contracta une périostite à droite.

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En conclusion, TMG100 est un appareil simple et rapide qui offre de multiples intérêts pratique comme scientifique. La somme des datas en fait un parfait outil pour le scientifique comme pour l’homme de terrain. La transcription des datas en terme de recommandation se fait automatiquement par le logiciel. A vous ensuite de definir les exercices et methodes. Gardé “secret” ces dernières années, TMG sort de l’ombre. Lors de la dernière conférence Muscle Tech à Barcelone, ASPETAR et le FC Barcelona ont reconnu TMG100 comme l’un des outils pour le suivi de la réathlétisation et de validation au retour au jeu.

Chaleureux remerciements à Xavier pour m’avoir invité sur son blog et si vous avez des questions, je tenterai d’y répondre dans les commentaires.
Plus d’informations sur TMG: tmg100france@gmail.com