Quel retour sur le terrain pendant une réathlétisation ligament croisé du genou ?

Dans le cadre de la réathlétisation suite à la reconstruction d’un ligament croisé antérieur du genou, la reprise d’activités physiques liées au sport d’origine est souvent sujet de débat. Au minimum de discussion (parfois passionnée) avec le sportif lui-même. Il faut bien comprendre que l’objectif du sportif est retourner à la compétition le plus rapidement possible. Les sensations du sportif se heurtent parfois à l’expérience, aux impressions et aux données de l’encadrement chargé de la rééducation et réathlétisation.

Je pense que l’important est de comprendre qu’il s’agit d’étapes à valider plus qu’un protocole préétabli et fixe. Chaque étape validées vous donne accès à des situations d’entrainement dans sport d’origine. Le plus compliqué est de faire intégrer cela au sportif. C’est dans ce cadre que des tests servir. Et pas que l’iso !

Je vais vous donner un exemple : 27 ans, début réathlétisation peu après la fin du 6eme mois post opération et en accord avec le kiné avec lequel il poursuit sa rééducation. Les tests suivant sont réalisés un mois après (1 cycle de réathlétisation).

TESTS FMS

Résultats : non douloureux et fonctionnel sur tous les tests. les tests de montée jambe tendue sont lègèrement asymétriques et tout juste au minimum requis.

Conclusion : tout est ok. Pas de restriction dans la sélection des exercices de musculation.

TEST VMA

Résultats : non douloureux. Vitesse fin de test 16,5km/h (sur tapis, pallier 2 min).

Conclusion : tout est ok

ASYMÉTRIE COURSE

Résultats : 1,4% d’asymétrie à 13,5km/h.

Conclusion : tout est ok. Pas de restriction pour la reprise du travail énergétique en ligne droite.

A cet instant il est possible de faire le constat que beaucoup de situation d’entrainement sont possible en musculation et sur le terrain. Il est possible d’appliquer une charge d’entrainement importante sur le système !

 

FORCE MAXIMALE

Résultats : 0,47 / 0,43 m/s, soit 9-10% de déficit de force (partie concentrique) entre jambes droite et gauche sur exercice de fente (rep 6 et 12 sont la manipulation des haltères).

Conclusion : oups ! Même si volume et force (leg ext) quadriceps sont symétriques et les sensations du sportif sont bonnes, “houston, nous avons un problème !”. La jambe opérée n’est pas totalement retrouvée sa capacité à produire le force. Clairement des lacunes sur l’aspects nerveux de la force.

RSI

Résultats : 18% de temps de contact en moins pour 12% de hauteur en moins pour la jambe opérée.

Conclusion : oups ! Encore une fois, même si les sensations du sportif sont bonnes, la jambe opérée ne se comporte pas du tout comme la jambe saine lorsqu’il s’agit de d’absorber et restituer de la force de façon élastique. Encore une fois des lacunes sur l’aspect nerveux de la force et la coordination.

 

CONCLUSION FINALE

Comme attendu à cette période de la réathlétisation, et même si d’un point de vue médical il n’y a pas de contre indications, pivots et changements de directions à haute vitesse vont être problématiques et pourraient représenter une augmentation des risques de blessure. Prématuré à cet instant. Pas de contre indication pour la réalisation sous contrôle.

Cependant, impossible de se baser uniquement sur les sensations du sportif. Les sensations sont toujours très bonnes pour celui qui veux retourner sur le terrain ! 

De plus les données recueillies vont permettre d’expliquer le contenu des prochains cycles de réathlétisation et leurs objectifs.  

 

 

L’atterrissage lors d’un exercice de pliométrie

Pourquoi se soucier de la position du pied lors de l’atterrissage d’un exercice de pliometrie ?

En haut, ce que l’on observe chez le débutant : contact sur l’avant du pied avec une contrainte plus importante sur les structures, pas de preflex, donc pas de restitution, conséquences sur l’organisation au niveau hanche et genou (encore moins de restitution), et,enfin, avez vous déjà vu un sportif poser le pied ainsi lors de ses déplacements ?

En bas, est ce qu’il faut observer/obtenir (pour les raisons citées précédemment)

A lire : “Préparation physique : prophylaxie et performance des qualités athlétiques”

J’ai rencontré Benjamin Del Moral pour la 1ère fois en 2015 à l’occasion d’une formation lors de laquelle il intervenait sur son approche de la prophylaxie et la réduction des risques de blessures.
Ce jour là, je n’avais pas été surpris par sa présentation. Car, pour être honnête, il faut faire un petit retour quelques années en arrière, avant son arrivée au LOU Rugby, c’est-à-dire lorsque Benjamin était préparateur physique au Stade Français Paris Rugby.
Dans la vidéo d’un entraînement, on entendait Benjamin dire aux joueurs “prenez vos mini band. Activation fessiers !”. A cet instant, je me suis dis à moi même “hé bien, je pense que nous lisons les mêmes livres, regardons les même DVDs, bref nous allons dans le même direction”. Les sportives et sportifs ayant eu l’occasion de suivre une de mes programmations/séances savent bien à quel point j’aime activer les fessier, et pas uniquement avec des mini bandes. “L’activation” des fessiers n’étant qu’un terme, parmi tant d’autre, propre à une certaine philosophie de la préparation physique.

Comme Benjamin Del Moral, mon cheminement de préparateur physique m’a mené fin 2008 à prendre un virage vers une approche plus “fonctionnelle”, plus orientée vers le souci de réduire les risques de blessures à l’entraînement et en match, avec pour objectif de prolonger le plus longtemps possible la carrière sportive. C’est à dire toujours plus individualisée et à travers une approche méthodique.

De son expérience théorique et pratique de terrain, Benjamin a publié un livre début 2016 : Préparation physique : prophylaxie et performance des qualités athlétiques
Dans cet article je vais vous expliquer pourquoi il devrait être dans votre bibliothèque.

MISE EN PAGE
Ce sera peut-être un détail pour certains, mais, comme j’ai eu l’occasion de le dire à Benjamin au téléphone, son livre est sacrément beau et bien mis en page. Les pages sont aérées et un code couleur vous permet d’identifier les thèmes de chaque chapitre. Le livre est vraiment très agréable à lire.

CHEMINEMENT
Depuis mon virage “fonctionnel” de 2008, j’ai souvent subi les regards interrogatifs, curieux et parfois moqueurs. J’ai dû expliquer pourquoi il fallait se baser sur un rapport risques/bénéfices dans le choix des méthodes et des exercices, et pourquoi l’objectif N°1 était de fournir à l’entraîneur des joueurs en pleine possession de leurs moyens physiques si l’on voulait remporter des compétitions.
Le livre de Benjamin Del Moral permettra certainement à certains de se rendre compte de ce qui est fait au niveau de compétition dans lequel évolue Benjamin. En fait, nous sommes de plus en plus nombreux à prendre le virage de l’entraînement “fonctionnel” !

Il dresse également un bilan honnête et humble de son évolution en tant que préparateur physique. Ceci doublé avec un constat que j’ai fait, comme d’autres, lorsque j’étais joueur : pendant longtemps le type de préparation physique dépendait surtout du sport d’origine du préparateur physique, pas de l’individu ni du sport pratiqué.
Et si on se penchait, enfin, sur l’individu, afin d’individualiser la préparation physique ?

ÉVALUATIONS
Un des chapitres les plus intéressants du livre est celui consacré aux évaluations du mouvement fonctionnel. Si Benjamin Del Moral y présente l’évaluation la plus connue, le FMS, il propose également beaucoup d’autres systèmes d’évaluation des capacités fonctionnelles du sportif.
C’est là un des points clés : si vous n’évaluez pas, vous ne faites que deviner.

BASE D’EXERCICES
Plusieurs chapitres sont dévolus aux différents types d’exercices. Toujours avec une approche fonctionnelle, c’est-à-dire l’entraînement de mouvements et de chaînes musculaires, et non pas de muscles.
Vous trouverez donc dans le livre plus de 200 exercices et quelques exemples de plans d’entraînements.
Certains regretteront un nombre d’exercices ou de plans d’entraînement plus important. Cela sera le signe qu’il n’ont finalement rien compris au livre de Benjamin Del Moral. L’important n’est pas l’exercice. L’important est le bon exercice, pour la bonne personne, avec la bonne progression/régression/latéralisation.

PARTAGE
Enfin, si certains font le choix de reprendre des concepts et méthodes à leur compte, sans citer les auteurs originaux, Benjamin donne toutes les références, cite des extraits, la bibliographie. Classe. Vous ressortez de la lecture de “Préparation physique : prophylaxie et performance des qualités athlétiques” avec une liste de lecture encore plus grande.

Pour conclure, je dirais je “Préparation physique : prophylaxie et performance des qualités athlétiques” est un livre que tout préparateur physique devrait posséder, tant il vous permet une plongée dans l’évolution majeure qu’a subie la préparation physique depuis 10 ans, avec l’apport des nouvelles technologies. C’est à ce jour le seul et unique ouvrage en français sur la philosophie de l’entrainement “fonctionnel” portant sur la préparation physique.

Si vous ne savez pas par quel livre commencer votre bibliothèque, “Préparation physique : prophylaxie et performance des qualités athlétiques”, “L’enfant et l’activité physique : De la théorie à la pratique” et la “Bible de la préparation physique” vous permettront à eux 3 de mettre à jour vos connaissances scientifiques et pratiques.

Préparation physique : solutions pour les épaules douloureuses – épisode 6

Nouvel épisode consacré aux problématiques des épaules douloureuses, et largement blessures aux épaules, et aux solutions pour ajuster le programme d’entraînement et pourvoir ainsi participer aux matchs/compétitions au meilleur de sa forme possible.

Si vous faites du sport de compétition, vous savez très bien qu’il arrive de se faire mal ou d’avoir des douleurs chroniques. Dès lors vous être confronté à la problématique suivante : ne plus rien faire et perdre vos qualités physiques puis votre temps de jeu, OU, gérer ses blessures/douleurs par une prise en charge médicale et une préparation physique adaptée à votre capacité du moment.

L’idée principale va être d’éviter d’ajouter du risque sur des douleurs/blessures déjà présentes. Si vous avez mal à la tête, une migraine disons, la solution n’est pas d’aller se taper la tête contre le mur en espérant que cela arrange votre état. Cela n’a pas de sens, n’est-ce pas ?
Même idée avec les douleurs/blessures à l’épaule et, pour aller plus loin, aux bras, coudes, poignets et doigts.

Si vous pratiquer un sport de lutte, de combat ou d’impact vous savez très bien que les douleurs/blessures aux doigts, poignets ou épaules (acromio-claviculaire) sont fréquentes.
Ainsi, les jours suivants le match/compétition, vous êtes bien embêté pour faire certains exercices.
Je vous propose quelques remédiations dans le but, à la fois, d’observer un principe de précaution ET de ne pas stopper complètement certains thèmes de préparation physique .

1/ HALTÉROPHILIE
Les blessures aux poignets ou aux doigts sont très problématiques pour les mouvements d’haltérophilie, lors desquels les poignets sont très sollicités en extension.
La réception de la barre au niveau claviculaire n’est pas non plus envisageable si votre acromio-claviculaire n’a pas récupéré de l’énorme plaquage que vous avez mis le match dernier (note : toujours plus impressionnant dans votre mémoire que sur la vidéo !).
La grande amplitude de l’arraché peut aussi provoquer de la douleur sur l’épaule traumatique.

Solution 1 : Kettlebell swing
Faible sollicitation du poignet et si vous utilisez la version classique, KB niveau des yeux, peu de risques sur l’épaule. Évitez la version Crossfit, avec KB au-dessus de la tête, comme pour l’arraché l’amplitude peut être agressive pour l’épaule.

Solution 2 : Saut avec résistance élastique/pneumatique avec ceinture.
Le plus sécuritaire. Aucune sollicitation des membres supérieurs. Pas d’apprentissage technique. Pas d’excuse.

 

2 / FORCE
Si vous être un grand fan du squat la barre devant n’est pas une option pour la même raison que pour la réception de l’épaule d’haltérophilie. La version barre derrière peut aussi être douloureuse dans certains cas.

Solution 1 : Barre hexagonale
Solution 2 : Exercice unilatéral + haltères
Solution 3 : squat goblet

S’il n’y a pas de problème au niveau poignets/doigts et juste à l’épaule, l’utilisation de la barre hexagonale et d’exercices unilatéraux avec haltères fera votre bonheur.

Solution 4 : exercice unilatéral + gilet lesté + haltères
A l’inverse, si le problème réside dans votre capacité à manipuler avec vos mains une charge importante, pensez à l’option du gilet lesté. Utilisez également des exercices unilatéraux pour réduire la charge à saisir.

 

Solution 5 : résistance élastique/pneumatique avec ceinture
Si épaule et doigts/poignets posent problème, cette solution est la plus sécuritaire.

Solution 6 : gilet lesté + résistance élastique/pneumatique avec ceinture
Si l’épaule n’est pas douloureuse et que le problème est au niveau de la main, vous pouvez utiliser cette solution 2 en 1. Que du bonheur !

3/ GAINAGE

Les exercices de planche peuvent aussi provoquer une douleur.

Solution : utilisez des cables/élastique

Le principe du gainage est d’appliquer une force sur le système (le corps) et lui demander de rester indéformable. Utiliser des câbles/élastiques vous permet de faire cela sans appliquer une contrainte douloureuse sur l’épaule.

 

Vous l’aurez compris, il n’y a pas de problème, que des solutions !

Conseils réduction des risques de blessures – Episode 5

Quelques conseils préparation physique, réathlétisation et entrainement : réduction des risques de blessures

1/ Si l’explication est trop compliquée, c’est que la personne ne maîtrise pas le sujet ou cherche à vous enfumer avec des méthodes miracles.

Les bons entraîneurs donnent des consignes claires, simples et rapidement applicables.

En fait, donner des consignes à chaque répétition d’un exercice serait même nuisible à l’apprentissage des mouvements.

En tant que sportif, vous n’avez pas besoin de comprendre l’ensemble de la science derrière ce que vous demande l’entraîneur.

L’équation est simple : plus l’entraîneur parle, moins vous pratiquez l’exercice.

Plus vous pratiquez l’exercice, puis votre compétence augmente.

Plus la vitesse d’exécution est rapide, plus cela est vrai ! La vitesse multidirectionnelle en est le plus bel exemple !

vitesse-handball

 

2/ Comment la réduction des risques de blessures à l’entraînement et en compétition ne peut pas être l’objectif n°1 ?

Le contenu de préparation physique n’est pas l’objectif final. Même s’il résulte toujours un certain inconfort lors de l’entraînement, si vous avez mal, ne faites pas l’exercice. Il y a une nette différence en douleur et inconfort.

L’objectif final est la compétition.

Mettre en place une stratégie de réduction des risques de blessures ne changer par radicalement le programme d’entrainement et de préparation physique. Mais il impose de mesurer le rapport risques/bénéfices et pose la question du chemin choisit pour arriver aux objectifs que vous avez fixés.

3/ Nombre de sportifs expérimentés ET blessés, expliquent “avoir fait n’importe quoi étant jeune”

Il n’y a pas plus fort témoignage de l’importance d’une approche à long terme dans le développement des qualités physiques et dans la réduction des risques de blessures. Etes-vous certain de vouloir commencer la musculation avec un mouvement comme celui-ci :

squat genou valgus

 

4/ Le squat goblet devrait être le tout premier exercice utilisé pour le renforcement des membres inférieurs.

Le squat goblet permet de corriger avec peu de consignes le placement du dos et le comportement des genoux sur le schéma d’accroupissement (squat).

Le poids en avant du corps aide à conserver l’alignement du dos.

Descendre les coudes à l’intérieur des genoux empêche le valgum des genoux.

Pas besoin de beaucoup de coaching ou de matériel.

Le retour au sport après reconstruction du ligament croisé antérieur

L’article d’aujourd’hui est celui d’un ancien adversaire, stagiaire, collègue, Frederick Henderson. 

fred-henderson

Bonjour à tous et merci beaucoup à Xavier de me faire une petite place sur son blog pour vous parler d’un projet qui me tient à cœur : le retour au sport après une reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA).

La rupture du LCA est une blessure relativement fréquente dans de nombreux sports : ski, football, volley, rugby. Plus de 30 000 ligamentoplasties du LCA sont réalisées tous les ans en France.

Beaucoup de ces ruptures ont lieu au ski et la première station de ski étant l’Île-de-France, les 2/3 de ces blessures touchent des Franciliens.

La chirurgie reste la meilleure solution pour beaucoup. C’est une blessure du sport et si vous

souhaitez reprendre le sport vous aurez besoin de remplacer le ligament rompu. Le LCA empêche le tibia de partir vers l’avant et maintient le genou en place lors des actions de pivot.

Chaque blessure est unique et peut présenter différentes lésions additionnelles comme un ménisque latéral endommagé ou des lésions au cartilage du condyle latéral – la plus à l’extérieur des 2 boules d’os au bout du fémur. Le but de la chirurgie est de récupérer un genou stable. Sur la translation antérieure du plateau tibial, le problème est généralement réglé. Sur le pivot du genou, ce n’est pas toujours parfait.

Je vous épargnerai le détail des différents types de chirurgie et l’ensemble des problèmes à régler mais sachez que la rupture du LCA est une blessure complexe. Imaginez seulement l’impact que la disparition du nerf qui traverse le ligament rompu peut avoir sur le contrôle de l’articulation. C’est une blessure fréquente mais loin d’être anodine.

La réalité du retour au sport après une reconstruction du LCA est qu’elle n’est jamais garantie.

Néanmoins les chances de succès peuvent être améliorées par un travail adapté. Actuellement, l’opération du LCA et le protocole de rééducation sont plutôt bien renseignés dans la littérature scientifique. Avec l’aide d’un bon kiné, de nombreux déficits sont résolus. Au-delà des 24 semaines protocolaires de rééducation, vous êtes dans l’inconnu. Or il s’agit d’une période charnière pour le sportif qui souhaite retrouver puis dépasser son niveau de performance antérieur.

De nombreux problèmes d’asymétrie autour du genou et entre les 2 jambes demeurent. Il faut attendre près d’un an pour récupérer son niveau de puissance musculaire malgré que les niveaux de force puissent être normaux à 6 mois.

Le secret d’un retour réussi se situe à mi-chemin entre la thérapie et la préparation physique.

Actuellement, ce manque est en partie comblé par les masseurs kinésithérapeutes.

Malheureusement, ce choix repose plus sur des considérations financières qu’autre chose – le remboursement par la sécurité sociale. De l’aveu même des chirurgiens et médecins avec qui je me suis entretenu, ce n’est assez efficace. De même qu’un kiné n’est pas préparateur physique, un préparateur physique n’est pas kiné. Les deux sont néanmoins complémentaires. Il est utopique de croire que l’un puisse faire le travail de l’autre mais c’est un débat pour une autre fois.

Un retour au sport doit se voir comme une check list de tâches à accomplir. Elle est en partie indépendante du temps d’ailleurs : ça n’ira pas mieux en attendant. Parmi ces tâches, les kinés peuvent en résoudre une partie – comme ils l’ont fait durant la phase de rééducation. Néanmoins, le développement de la vitesse, la puissance et l’agilité sont des tâches qui incombent au préparateur physique. Les outils à employer comme la musculation, l’adaptation de mouvements d’haltérophilie, la plyométrie et ce mot inutilement pompeux d’ « entraînement neuro-musculaire » sont le quotidien de tout préparateur physique qui se respecte.

Le défi du retour au sport doit placer l’athlète au centre du projet. Chacun apporte ses compétences, peu importe son étiquette, au service du sportif. Il y a ici un nouveau savoir faire à développer.

Étant donné la complexité du chantier, ce ne peut pas être l’œuvre d’un seul professionnel. Dans cette optique, je pense qu’il est aux préparateurs physiques d’élever leur niveau de compétence et d’exigence comme j’ai pu le faire au cours des dernières années. Cela passe impérativement par une éducation scientifique poussée car le milieu du médical est autrement plus exigeant et rigoureux que celui de la prépa physique où perdurent encore de trop nombreux mythes, modes et « recettes ».

 

Pour plus d’informations sur le retour au sport après reconstruction du ligament croisé antérieur visitez www.retourausport.fr

 

A propos de l’auteur

Frederick Henderson est titulaire d’un Master en Sciences du Sport mention Entraînement, Biologie, Santé et Nutrition (Université Paris V) et certifié NSCA. Il dispose d’une expérience de l’entrainement en France et au Canada.

Retrouvez le sur www.hendersoninfo.net

 

Voir votre entraînement comme un médicament

L’exercice physique a une connotation positive. On lui confère un impact positif sur la santé, la réduction des douleurs et les performances sportives.

Pour certains il est possible de voir l’exercice physique comme un médicament. Un remède pour une meilleure santé, moins de douleurs physiques et de meilleures performances sportives.

Si l’on considère l’exercice physique comme un médicament, il faut, comme pour ce dernier, aller jusqu’au bout de la logique.

 

1/ L’exercice physique / le médicament a un impact positif, des effets attendus

Si vous mettez en place des exercices pour le développement de la force ou de la technique, vous vous attendez à des améliorations de la force ou de la technique.

Vous prenez votre médicament/exercice et espérez des résultats.

 

2/ L’exercice physique / le médicament présente un seuil d’efficacité

Au-delà d’une certaine quantité de cet exercice / médicament, toute dose supplémentaire n’apportera pas forcément plus d’effets positif.

L’exemple le plus frappant pour la force ou la vitesse, où au-delà d’un certain volume  (temps sous tension ou nombre de répétitions dans la séance) ou d’une certaine intensité (dégradation du temps sur la même distance de course), il n’y a pas d’effets positifs à poursuivre la séance.

 

3/ L’exercice physique / le médicament a des effets indésirables

Autrement dit, tout exercice physique / médicament n’est pas bon pour tout le monde tout le temps (vous ne lisez jamais la notice de votre médicament !!??). Exemple avec une méthode très à la mode actuellement :  l’entraînement par intervalles à haute intensité (HIIT en anglais). Oui il y a des effets positifs à cette méthode. Mais également des effets indésirables. Exemple avec HIIT via des sprints, qui, pour le débutant ou le sportif en reprise, permettrait d’améliorer rapidement les performances, mais ne serait pas bon pour la santé à long terme (Larsen 2016).

 

4/ Il y a des mélanges d’exercice physique / de médicament à éviter

Vous ne saviez pas qu’il ne fallait pas mélanger certains médicaments entre eux ? Vous ne lisez décidément jamais la notice !

C’est la même chose pour l’exercice physique. Hormis chez le débutant ou la personne dés-entraînée, pour lesquels tout ou presque permet d’améliorer les performances sportives, certains mélanges sont plutôt à éviter chez le sportif plus expérimenté.

Trop d’exercices énergétiques à dominante aérobie dans la semaine a un impact négatif sur le développement de la force musculaire.

Un exercice énergétique à dominante aérobie trop proche d’une séance de développement de la force musculaire a un impact négatif sur celle-ci (Fyfe 2014).

 

Tous les exercices et toutes leurs méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients. Il n’y a pas de solution miracle. Votre entrainement doit s’adapter à vos besoins.

 

pyramide entrainement

Parents de jeune sportif, votre enfant a-t-il besoin d’un préparateur physique

Outre-Atlantique, cela fait des années que des programmes d’entraînement et de préparation physique à l’intention des jeunes sportifs (collège et lycée) se sont développés dans des structures privées externes aux équipes.

En France, tous les acteurs du monde sportif peuvent constater que ce secteur est en plein développement. L’offre de préparateurs physiques et de coachs sportifs pour les jeunes, parfois très jeunes (dès 11 ans), est en expansion.

Avec un recrutement de plus en plus jeune, certains parents pensent donner toutes les chances à leur enfant en faisant appel à un professionnel des qualités physiques. Je suis un père moi aussi et je dois bien avouer que je trouve la démarche légitime.

Mais je suis aussi un préparateur physique depuis plus de 10 ans avec une expérience du parcours d’excellence sportive, anciennement appelée filière d’accès au haut-niveau, dans 3 structures et dans 2 sports différents, et j’échange régulièrement avec d’autres préparateurs physiques qui interviennent auprès des jeunes sportifs dans différents sports.

C’est pourquoi, si vous êtes parent d’un jeune sportif et pensez faire appel à un préparateur physique pour votre enfant, je pense pouvoir vous aider dans votre réflexion.

Baby-Sport

 

Le constat ?

Allons directement aux faits : les jeunes français pratiquent de moins en moins d’activité physique et sportive. Certains préparateurs physiques, entraîneurs et professeurs d’EPS qui ont l’opportunité de rester sur les mêmes structures, club et pôle, pendant 10 ans vous parleront de régression.

Impossible d’en vouloir aux professeurs des écoles et aux enseignants d’éducation physique et sportive (EPS). Leur rôle n’est pas de faire émerger les futurs athlètes de haut-niveau et on leur demande déjà beaucoup dans l’école actuelle. De plus ce n’est pas avez le maigre temps dévolu aux activités physique et sportives qu’il peuvent faire quelques chose.

Dans les clubs, tout d’abord, le temps d’entraînement dédié au développement des compétences physiques est ridicule, à quelques exception prêt (sport et club). 15 jours de physique (hum hum !) lors de la reprise, des pompes en punition pendant l’entraînement et des “suicides” (super nom pour un exercice) en fin de séance, quand il y a le temps.

Les entraîneurs de jeunes ne sont pas formés pour prendre en charge de développement athlétique des jeunes sportifs. De surcroît, les entraîneurs sur les catégories de jeunes sont souvent les débutants, et donc inexpérimentés. Enfin, combien de clubs bénéficient de l’apport d’un préparateur physique pour les plus jeunes ? Au moins pour la planification à long terme des compétences physiques en coordination avec la planification à long terme de compétences technico-tactique. Réponse : une extrême rareté.

Ensuite, les enfants veulent jouer, les dirigeants veulent des licenciés, donc l’entraîneur est tenté de faire beaucoup de situations de jeu correspondant à la compétition. Il n’y a pas tant de temps que cela pour préparer une équipe à la saison.

Parfois les dirigeants veulent aussi des résultats. Je connais un entraîneur de basket auquel on a reproché le manque de résultats… En U11 (poussins).

Impossible d’en vouloir à grand monde. Plus le club a de licenciés et de résultats, plus le club aura de reconnaissance et de soutien des partenaires publics et privés.

Pas de jugement de valeur ici, mais juste un constat sur le fonctionnement du système pour nos jeunes sportifs.

Ce fonctionnement arrive t-il à former des bons sportifs et des adultes en bonne santé ?

Ce fonctionnement est-il suffisant ? Je répondrais globalement que non.

Sinon certaines fédérations/clubs ne proposeraient pas un programme de préparation physique l’année AVANT l’entrée en pôle ou en centre de formation et de réaliser en plus des entraînements avec le club.

Sinon certains préparateurs physiques ne seraient pas obligés de revoir à la baisse leurs exigences lors des arrivées en pôle ou lors de la montée dans la catégorie d’âge supérieure.  

Ok. Le constat est là, mais moi parent, je fais quoi pour mon enfant ?

 

La première option est de lui faire pratiquer différentes activités physiques.

 

La spécialisation dans un sport ne devrait commencer qu’à partir de 14 ans environ. Il n’y a pas d’intérêt avant. Au contraire. La pratique intensive d’un sport, pendant toute l’année, et l’exposition accrue à la compétition dans celui-ci augmenteraient le risque de blessure chez les adolescents (Olsen 2006).

Il est même bénéfique pour les jeunes sportifs d’être exposés à un grand nombre d’activités physiques.

 

 

Autrement dit, vous pouvez réduire les risques pour la santé de votre enfant et conserver son potentiel, et sa motivation, lorsque sera venu le temps de se spécialiser dans un sport en particulier.

Le choix d’un sport très différent est préférable.

 

Option 2 : demander de l’aide

 

Comme je vous le disais précédemment, en tant que père et professionnel de la préparation physique, je ne peux pas vous jeter la pierre si vous souhaitez faire appel à un préparateur physique pour accompagner votre enfant et compléter le travail réalisé avec le club.

Laissez-moi donc vous donner quelques conseils pour bien choisir la personne à qui confier votre enfant.

 

1/ Soyez regardant sur les diplômes, la formation et l’expérience. Le savoir faire n’est pas le savoir enseigner. Une expérience de joueur, même à haut-niveau, n’est pas une garantie. Pensez aux enseignants : même s’ils excellent dans leur matière, ils sont aussi formés à la pédagogie.

 

2/ S’il est sur les réseaux sociaux, regardez comment il se comporte et communique. Voulez-vous de cet adulte en relation avec votre enfant ? Quelle image donne-t-il du monde sportif ? Donne-t-il un exemple à suivre ?

 

3/ Si vous échangez avec lui, s’informe-t-il du planning des entraînements ET de l’organisation scolaire ? Je suis intervenu pendant plusieurs années auprès de sportifs avec entraînements quotidiens (voir biquotidiens). Le problème n’est pas le manque de temps. Le problème est un manque d’organisation. Soyez attentifs s’il ne parle que de ses entraînements et pas de l’intégration au planning global.

 

4/ Vérifiez qu’il maîtrise le modèle de développement à long terme de l’athlète. Le modèle de Développement à Long Terme de l’Athlète (DLTA) est un modèle de développement en sept stades, intégrant l’entraînement, la compétition et la récupération. Il donne des recommandations sur les périodes les plus propices au développement de certaines habilités, compétences et qualités physiques. Il donne une hiérarchisation d’étapes et de pré-requis sur une formation à long terme.

Application concrète : une des fenêtres optimales pour le développement de la vitesse chez les adolescent est 13-16 ans, fuyez si celui-ci vous parle que de développer la vitesse spécifique pour votre fils de 11ans.

modele-DLTA

 

5/ Appréciez si son travail s’inscrit dans un développement à long terme de votre enfant. Notamment par son intérêt pour les compétences physiques fondamentales, et non pas les compétences spécifiques. Plus l’enfant est jeune, plus l’objectif doit être la maîtrise des compétences fondamentales.

 

pyramide entrainement

 

Application concrète : méfiance s’il ne vous parle que de spécifique, d’exercices avec ballons.

 

6/ Préférez les séances semi-privées ou en petits groupes. Il n’y a aucun intérêt aux séances individuelles ou de coaching personnel. Avoir quelqu’un derrière vous constamment n’est pas la garantie de mieux apprendre l’exécution correcte des exercices. Le développement de l’autonomie et de la responsabilité, ainsi que l’appropriation du processus d’entraînement “hors-terrain” ou en dehors du sport pratiqué fait partie de la formation du jeune sportif.

Ne payez pas quelqu’un pour compter les répétitions, hurler pour “motiver”, dire “c’est bien” et donner la gourde d’eau.

Un bon préparateur physique, un bon coach en général, donne des consignes claires, précises et concises.

Ce n’est pas un spectacle.

 

7/ Méfiez-vous s’il y a des tests physiques d’entrée ou de sélection. Veillez alors à ce que le contenu des séances avec votre enfant s’inscrit bien dans le DLTA, et non pas dans la recherche de performance sur ces tests. C’est bien la capacité de votre enfant à pratiquer un sport qui est recherchée. Les qualités physiques sont en soutien. Donc l’objectif n’est pas de faire telle performance sur tel test. Votre enfant n’est pas un “poulain” à partir duquel on peut se faire une réputation de préparateur physique. De plus une telle approche peut rapidement mener à des mauvais et dangereux choix d’exercices et de méthodes.

Si tout est fait correctement selon le DLTA, les performances physiques de votre enfant s’amélioreront, mais ce n’est pas l’objectif principal. L’objectif principal est de développer les bonnes compétences physiques, au bon âge, pour une pratique sportive au plus haut-niveau possible le plus longtemps possible.

 

8/ Le meilleur pour la fin : la phrase de vente “vous avez AB-SO-LU-MENT besoin d’un préparateur physique personnel pour que votre enfant de 12 ans arrive au plus haut-niveau. Ce n’est pas possible sans”.
Vous avez affaire à un commercial, pas un professionnel de l’entrainement. Plus d’entrainement n’est pas mieux. Un meilleur entrainement est mieux.

 

J’espère que ces quelques lignes pourront vous aider si vous êtes parent d’un jeune sportif et que vous souhaitez l’aider.

Comment détruire votre dos, vos épaules et coudes avec une barre guidée et un banc

En préparation physique, les règles devraient être simples :

aucun équipement n’est interdit,

aucun exercice n’est interdit,

aucun équipement n’est obligatoire,

aucun exercice n’est obligatoire.

 

Tout dépend de l’utilisation, du contexte et de la personne. La musculation comme outil de préparation physique n ‘y fait pas exception.

En musculation les barres guidées sont souvent présentées comme moins dangereuses que les barrer libres. Certainement car la barre est facile à contrôler car il n’y a qu’un seul mouvement possible de haut en bas (et permet de mettre beaucoup plus de poids).

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C’est donc un équipement qui peut parfois, dans certains cas, correspondre à un besoin bien spécifique.

La barre guidée est souvent utilisée pour un exercice de développé épaule (ou militaire). C’est un exercice de poussée verticale qui sollicite principalement triceps, deltoïde, trapèze et pectoraux.

Le gros problème de cet exercice est qu’il ne permet pas à l’épaule de respecter le rythme scapulo-huméral en coordination avec les mouvement thoracique.

rythme scapulo humeralPour bien comprendre comment fonctionne votre épaule il faut imaginer un orchestre avec de nombreux instruments de musique. Chaque instrument doit jouer à un moment bien précis selon la partition. Utiliser une barre guidée, encore plus avec un banc, c’est comme empêcher de jouer certains instruments de l’orchestre quand ils le devraient.

Le rythme des mouvements thoracique, scapulaire et huméral est un rythme fixe en lien les uns avec les autres.

  • Utiliser le banc restreint les mouvements au niveau thoracique.
  • Utiliser une barre guidée impose le placement du bras et du coude.
  • Utiliser une barre guidée ne tient pas compte des asymétries entre épaule droite et épaule gauche.

Au final vous verrouillez certaines positions, et forcez votre épaule à compenser sur d’autres articulations. Augmentant ainsi vos risques de blessures à long terme.

Pour le développé militaire, si le coude n’est pas à la verticale de la barre, vous créez un stress important au niveau des ligaments du coude. Ligaments déjà bien sollicité dans les sports de lancer par exemple.

Pour arriver à positionner le coude en dessous de la barre, l’autre compensation est de chercher plus d’extension thoracique. Dommage car le banc dans le dos vous empêche de faire cela. C’est donc au niveau en dessous, lombaire, que la compensation s’observe ensuite. La courbure lombaire s’accentue plaçant un stress plus important sur les vertèbres et disques intervertébraux (exemple ci dessous avec la version haltères).

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Notez combien de fois le banc recule – il est le seul à pouvoir bouger, ne comptez pas sur le rack- preuve que la poussée n’est pas verticale.

Votre corps cherche tout simplement le meilleur moyen de répondre à la demande (poussée verticale), malgré les verrous que vous lui imposez. Ce moyen est d’aligner la charge avec le centre de gravité (ici pensez l’axe de la colonne vertébrale). Impossible avec un barre guidée et un banc. Les compensations n’en sont que la conséquence.

Utiliser une barre guidée pour le développé épaule (ou militaire) n’est pas une option si vous présentez des douleurs à l’épaule ou au dos (et que vous ne voulez pas en avoir), ou que vous pratiquez un sport de lancer.

Vous n’êtes ni un robot, ni un playmobil. Votre corps est fait pour bouger librement. Laissez-le faire, il trouvera un chemin. Évitez juste de lui compliquer la tâche avec une mauvaise sélection d’exercices.