Pourquoi les entraîneurs doivent changer leurs attentes !

Lorsque j’échange avec les entraîneurs sur mon rôle de préparateur physique, je ne peux m’empêcher d’avoir en tête l’image d’un support de présentation de Fred AUBERT sur les différents types de préparation physique selon la période.

Cette classification peut être vue comme une caricature. Mais elle reflète bien les différentes visions du rôle du préparateur physique. Ne jetons pas uniquement la pierre aux entraîneurs (techniciens), ce n’est pas leur champ de compétente principal après tout. Car le préparateur physique… Allez, faisons un (gros) raccourci : tous les préparateurs physiques passent par ces différentes étapes.

Que se manifeste le 1er préparateur physique qui n’a jamais, et qui aime encore parfois, rôtir ses joueurs(euses) lors des séances/parties de séance dédiées à la préparation physique !  Ceci, très souvent au grand plaisir de l’entraîneur !

Cependant, lorsque l’on creuse (un peu) plus sur ce qui est important pour vous entraîneur, c’est un peu différent : gagner des matchs.

De plus en plus d’études rejoignent le bon sens commun des entraîneurs : on ne gagne pas beaucoup de matchs avec beaucoup de blessures dans l’équipe. La relation est même inverse. Arnaud Ferec, lors du dernier congrès U3P, avait mis en avant un lien direct entre le nombre de blessures et le nombre de matchs gagnés en saison NBA. Une nouvelle étude vient de paraître toujours dans ce sens.

Entraîneurs, changez vos attentes ! Un entraîneur a besoin de tous ses joueurs pour un maximum d’entraînements et de matchs pendant la saison.

Entraîneurs, ne demandez plus “combien tu pousses à cet exercice de musculation ?” ou “tu cours en combien le 100m ?”. Insistez plutôt sur le nombre d’entraînements ou de matchs manqués pendant la saison pour blessure.

De plus, soyons honnêtes : que se passe-t-il lorsqu’un joueur est trop souvent blessé ? Il perd son temps de jeu, puis n’est plus conservé.

Attention, cela ne veut pas dire qu’il ne faut plus rien faire en préparation physique. Il y a beaucoup de possibilités entre “ne rien faire” et “no pain no gain” tout le temps. Il y a, dans toutes les équipes, des joueurs ou entraîneurs adeptes de l’un ou l’autre. Les deux extrêmes sont sources de blessure : pas de préparation physique / trop de préparation physique.

Mais, entraîneurs, si vous voulez gagner beaucoup de matchs, c’est vers le travail de réduction des risques de blessures que doit d’abord se porter votre demande au préparateur physique.

Que faites-vous dans cet objectif ? Collaboration technique-préparateur physique-médical ? Libération de temps pour le travail de prévention ? Suivi de la charge d’entraînement ? Quelle importance pour la préparation physique dans le planning annuel ? Réflexion sur le planning hebdomadaire ?

Entraîneurs, le préparateur physique est votre meilleur ami pour une saison réussie ! Ne lui demandez pas de rôtir les joueurs ! Tout le monde peut faire cela ! Demandez-lui d’avoir le moins de blessés possible. Il faut beaucoup plus de compétences pour cela !

Un part très importante des sportifs et sportives qui me contactent sont, soit des sportifs en réathlétisation post blessure, soit des sportifs dont la saison précédente à été gâchée par des blessures et qui veulent plus perdre leur temps.

Jouer malgré la douleur ou quelques matchs entre 2 blessures n’est pas un plan de carrière sportive.

Une saison sans blessure majeure est déjà un objectif réussi !