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Question / Réponse : protocole réathlétisation entorse cheville

Question :

“Bonjour,

Je suis actuellement en stage pour mon Master 2 STAPS Entrainement et Réhabilitation chez les Geneva Seahawks (Football Américain) jusqu’à fin juin 2015.

Afin de valider mon master, je dois rédiger un mémoire sur l’entorse de cheville dans le football américain, et recenser les pratiques en vigueur concernant la reprise de l’entrainement d’une cheville ayant subi une entorse, mais aussi les pratiques se rapportant au maintien de l’activité des parties saines du sportif en question.

J’ai effectué beaucoup de recherches sur les éventuels protocoles pouvant exister, mais elles sont restées sans succès car je ne trouve que des protocoles de kinésithérapeutes.

J’ai donc décidé de vous adresser ce message pour savoir si, en tant que préparateur physique, vous accepteriez de me dévoiler les grandes lignes de votre protocole dans le cas d’une entorse de cheville, et ainsi d’être cité dans mon mémoire.

Je vous remercie d’avance.

Bien cordialement,

Ondine AUBERTIN”

Réponse

Bonjour Ondine,

Tout d’abord il est normal de ne trouver que des protocoles de soins de kinésithérapeutes. Tout d’abord, une grosse partie du temps, dégressive certes, est généralement dévolue aux soins. Et seuls les kinés peuvent le faire. Ensuite, il est difficile de situer la frontière entre soins et réathlétisation lorsque le premier se termine et le second débute. C’est un processus qui voit collaborer et se succéder le kiné et le préparateur physique. Ainsi, il est donc utile de connaître ces protocoles et d’échanger avec les personnes qui les mettent en oeuvre. Enfin la réathlétisation est un champ d’expertise assez récent et les productions sont donc limitées.

Le maintien d’activités des parties saines du sportif doit surtout veiller à ne pas le mettre en danger par le choix des exercices. Dans ce cas, la sollicitation du membre sain est même impératif pour réduire la perte de force sur le membre lésé n’étant plus à discuter (Transfert croisé).

Le travail en piscine peut également avoir l’avantage de permettre de décharger l’articulation pour l’exécution d’exercice sur l’amplitude maximale du nomment. A défaut d’avoir un system Alter-G la piscine est d’ailleurs l’option la plus accessible.

Lorsque le feu vert est validé par le kiné pour la reprise du travail en charge, mon approche ne change pas vraiment. Je considère juste que le sportif est alors sédentaire. Je m’oblige alors à repasser par les premières étapes et suivre la même progression d’exercices pour le développement de la force et la puissance musculaire :

Bilatéral → unilatéral

Plan sagittal → Plan frontal

Isolé → polyarticulaire → globaux

Lent → vite

Attendu que la reprise de la marche/course s’associe très souvent d’une reprise du processus d’inflammation, la partie énergétique, quant à elle, dépend des retours des kinés. Tant que le sportif ne peut marcher, la seule solution est de limiter les pertes au niveau central par des sollicitations sur le haut du corps. Vélo stationnaire lorsque cela est possible –> Elliptique et marche ensuite → Course enfin. Mais il n’est pas rare de revenir sur un exercice moins sollicitant pour la cheville.

Pour la partie vitesse et changement de direction, l’idée est la même, c’est-à-dire reprendre depuis le début les compétences :

Isoler → appliquer → intégrer

Linéaire → latéral → multidirectionnel

Simple → complexe → réactive

J’aimerais conclure en point. Tout d’abord, le travail réalisé avec le préparateur physique ne se substitue pas aux soins et qu’il est important de collaborer avec le staff médical. La douleur à toute les chances de réapparaître lors du processus de réathletisation.

Enfin si l’on parle ici uniquement de la cheville, mon approche est la même pour toutes les blessures sur les membres inférieurs. Je dirais même que mon approche est la même tout le temps. Dans beaucoup de sport, le seul moment ou le sportif n’est par blessé quelque part, et n’est pas en réathlétisation au sens large, c’est avant le 1er match de saison. Et encore, je suis généreux !

Un bon programme de réathlétisation doit prendre en compte les douleurs et l’historique des blessures… Et est donc un bon programme… Tout court !

Mais plus que tout, l’important n’est pas d’avoir un protocole,rigide, mais des principes généraux, plus souples. La préparation physique, la réathlétisation en particulier, reste un champ d’expertise qui nécessite le plus d’individualisation possible.

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