J’ai reçu il y a quelques jours une question de la part d’Eclipso, animateur/chroniqueur sur Radiossa, LA web-radio spécialisée dans le football américain en France comme à l’étranger.

“Salut Xavier. Quel est ton point de vue sur les étirements après les entraînements, Doit-on en faire juste après les entraînements à chaud, un peu après, ou faut-il éviter de les faire?”

Après une brève réponse à Eclipso par email et je me rends compte qu’un post un peu plus détaillé s’impose. Car en fait, c’est une question que l’on me pose fréquemment.

A titre personnel, je ne suis pas grand partisan des “étirements” post entraînement. Les connaissances scientifiques ont énormément fait avancer les pratiques sur le terrain. Ainsi, l’intérêt des étirements post entraînement ne semble plus si évident que par le passé. Ceci pour plusieurs raisons :

1 – Il faut d’abord savoir de quels type d’étirement nous parlons.
Statique ? Dynamique ? Isolé ? Chaîne musculaire ?

2 – Il faut être précis dans la méthode utilisée.
Actif ? Passif ? Contracté-relaché ? Excentrique ? EQI ?

3 – Tous les sports n’ont pas les mêmes besoins.
Selon le sport pratiqué certains muscles auront plus d’intérêt que d’autres à être étirés.

4 – Tous les sportifs n’ont pas les mêmes besoins.
Selon le profil musculaire, le poste de jeu ou l’historique des blessures de chacun, certains muscles auront plus d’intérêt que d’autres à être étirés.

Sur la base de ces 4 premiers points, il faut bien conclure que, comme tout dans la préparation physique, votre programme d’étirement (type, méthode, cible) doit être individualisé si vous souhaitez l’utiliser efficacement.

Dans quel(s) objectif(s) utilise-t-on les étirements ?

Car sinon, comme souvent, cela va finir par un étirement assis (voir allongé) au sol pour des étirements relax où vous n’étirez pas grand chose (C’Mon Man !).

Mais poursuivons.

5 – Les étirements statiques compriment les capillaires et interrompent la vascularisation, ce qui diminue la régénération sanguine (Freiwald et coll. 1999).

6 – Les étirements statiques post entraînement ne permettent pas de diminuer les courbatures (Wessel et Wan 1994).

7 – Le muscle est composé, pour résumer simplement, d’une partie élastique (déformable) et d’une partie plastique (très faiblement, voire pas du tout, déformable). Lors des étirements statiques tels qu’ils sont généralement pratiqués, vous améliorez votre tolérance à l’étirement de la partie élastique uniquement. C’est-à-dire votre tolérance à la douleur. Vous ne modifiez pas la longueur de la partie plastique. De plus, ces gains en flexibilité ne seraient maintenus que quelques minutes selon certaines études…

Y a-t-il finalement un intérêt aux étirements post entrainement ?
Je pense qu’il ne faut pas les voir comme la solution miracle ou le diable et être dans une posture extrême vis à vis des étirements. Pendant des années, il fallait absolument s’étirer tout le temps. Puis, depuis quelques années, les étirements seraient devenus inutiles (dangereux!!) pour les sportifs. N’allons nous pas parfois un peu trop loin dans nos réactions ?

Car OUI il peuvent présenter un intérêt !
– Il peuvent certainement aider à retrouver une longueur musculaire “normale” après la séance.
– Il participent à envoyer le “signal” à vos muscles que vous avez besoin de plus de longueur musculaire (pas juste de la tolérance à la douleur).

En fait, les études sont contradictoires. L’évidence de l’intérêt des étirements post entraînement n’est plus si certaine.
Ainsi, personnellement, je recommande toujours des étirements en fin de séance. Mais ceux-ci (type, méthode, cible) sont intégrés dans un ensemble de moyens mis en oeuvre pour traiter les besoins de flexibilité ou de régénération.
Selon les besoins de chacun, les étirements de fin de séance sont plus ou moins agréables (voir pas du tout !)