Le retour au sport après reconstruction du ligament croisé antérieur

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L’article d’aujourd’hui est celui d’un ancien adversaire, stagiaire, collègue, Frederick Henderson. 

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Bonjour à tous et merci beaucoup à Xavier de me faire une petite place sur son blog pour vous parler d’un projet qui me tient à cœur : le retour au sport après une reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA).

La rupture du LCA est une blessure relativement fréquente dans de nombreux sports : ski, football, volley, rugby. Plus de 30 000 ligamentoplasties du LCA sont réalisées tous les ans en France.

Beaucoup de ces ruptures ont lieu au ski et la première station de ski étant l’Île-de-France, les 2/3 de ces blessures touchent des Franciliens.

La chirurgie reste la meilleure solution pour beaucoup. C’est une blessure du sport et si vous

souhaitez reprendre le sport vous aurez besoin de remplacer le ligament rompu. Le LCA empêche le tibia de partir vers l’avant et maintient le genou en place lors des actions de pivot.

Chaque blessure est unique et peut présenter différentes lésions additionnelles comme un ménisque latéral endommagé ou des lésions au cartilage du condyle latéral – la plus à l’extérieur des 2 boules d’os au bout du fémur. Le but de la chirurgie est de récupérer un genou stable. Sur la translation antérieure du plateau tibial, le problème est généralement réglé. Sur le pivot du genou, ce n’est pas toujours parfait.

Je vous épargnerai le détail des différents types de chirurgie et l’ensemble des problèmes à régler mais sachez que la rupture du LCA est une blessure complexe. Imaginez seulement l’impact que la disparition du nerf qui traverse le ligament rompu peut avoir sur le contrôle de l’articulation. C’est une blessure fréquente mais loin d’être anodine.

La réalité du retour au sport après une reconstruction du LCA est qu’elle n’est jamais garantie.

Néanmoins les chances de succès peuvent être améliorées par un travail adapté. Actuellement, l’opération du LCA et le protocole de rééducation sont plutôt bien renseignés dans la littérature scientifique. Avec l’aide d’un bon kiné, de nombreux déficits sont résolus. Au-delà des 24 semaines protocolaires de rééducation, vous êtes dans l’inconnu. Or il s’agit d’une période charnière pour le sportif qui souhaite retrouver puis dépasser son niveau de performance antérieur.

De nombreux problèmes d’asymétrie autour du genou et entre les 2 jambes demeurent. Il faut attendre près d’un an pour récupérer son niveau de puissance musculaire malgré que les niveaux de force puissent être normaux à 6 mois.

Le secret d’un retour réussi se situe à mi-chemin entre la thérapie et la préparation physique.

Actuellement, ce manque est en partie comblé par les masseurs kinésithérapeutes.

Malheureusement, ce choix repose plus sur des considérations financières qu’autre chose – le remboursement par la sécurité sociale. De l’aveu même des chirurgiens et médecins avec qui je me suis entretenu, ce n’est assez efficace. De même qu’un kiné n’est pas préparateur physique, un préparateur physique n’est pas kiné. Les deux sont néanmoins complémentaires. Il est utopique de croire que l’un puisse faire le travail de l’autre mais c’est un débat pour une autre fois.

Un retour au sport doit se voir comme une check list de tâches à accomplir. Elle est en partie indépendante du temps d’ailleurs : ça n’ira pas mieux en attendant. Parmi ces tâches, les kinés peuvent en résoudre une partie – comme ils l’ont fait durant la phase de rééducation. Néanmoins, le développement de la vitesse, la puissance et l’agilité sont des tâches qui incombent au préparateur physique. Les outils à employer comme la musculation, l’adaptation de mouvements d’haltérophilie, la plyométrie et ce mot inutilement pompeux d’ « entraînement neuro-musculaire » sont le quotidien de tout préparateur physique qui se respecte.

Le défi du retour au sport doit placer l’athlète au centre du projet. Chacun apporte ses compétences, peu importe son étiquette, au service du sportif. Il y a ici un nouveau savoir faire à développer.

Étant donné la complexité du chantier, ce ne peut pas être l’œuvre d’un seul professionnel. Dans cette optique, je pense qu’il est aux préparateurs physiques d’élever leur niveau de compétence et d’exigence comme j’ai pu le faire au cours des dernières années. Cela passe impérativement par une éducation scientifique poussée car le milieu du médical est autrement plus exigeant et rigoureux que celui de la prépa physique où perdurent encore de trop nombreux mythes, modes et « recettes ».

 

Pour plus d’informations sur le retour au sport après reconstruction du ligament croisé antérieur visitez www.retourausport.fr

 

A propos de l’auteur

Frederick Henderson est titulaire d’un Master en Sciences du Sport mention Entraînement, Biologie, Santé et Nutrition (Université Paris V) et certifié NSCA. Il dispose d’une expérience de l’entrainement en France et au Canada.

Retrouvez le sur www.hendersoninfo.net