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Analyse données sportives

Rugby – Plaquages offensifs en TOP 14

Lors de la 12ème journée du TOP14 les commentateurs ont utilisés la statistiques des “plaquages offensifs par match” concernant l’équipe du Stade Français Paris. Une statistique “positive” dans leurs propos. Le Stade Français Paris étant, avant la 12ème journée, l’équipe réalisant le plus de “plaquages offensifs  par match”. Au regard du classement du Stade Français Paris à cet instant de la saison, derniers, j’ai trouvé l’utilisation curieuse.

Je vous propose donc d’explorer la question des “plaquages offensifs réussis” en rugby, Top14 plus précisément.

Au rugby le “plaquage offensif réussi” est implique de saisir son adversaire pour lui faire perdre ses appuis et le repousser, le reculer. On regagne du terrain sur son adversaire. C’est un classique des sports dit de “gagne terrain” comme le rugby et le football américain.

Les données

Les données utilisées ont été obtenues sur le site de la Ligue Nationale de Rugby. Il s’agit dans notre cas du classement (avec les points marqués et encaissés) ainsi que des statistiques défensives pour les saisons 2014-2015 à 2019-2020 (hors saison 2017-2018 pour lesquelles il n’y a pas de statistiques disponibles….). L’analyse va être faites en langage R.

Préparation des données

Correction, nettoyage et préparation des données :

  • Pour chacune des saisons les données sont sur 2 fichiers. Nous allons pour commencer par regrouper les données sur une seule table de données par saison puis toutes les regrouper sur une table 2015 à 2020.
  • Nous au passage caractériser chaque saison par l’année lors de laquelle se déroule la finale. Exemple : Saison 2019-2020 = 2020. Ceci nous aidera dans la suite de l’analyse.
  • Création de 3 variables d’intérêts : nombres de plaquages offensifs par matchs (plaq_p_m), nombres de points encaissés par matchs (pts_e_p_m) et nombres de points marqués par matchs (pts_m_p_m).

Saison 2019-2020

Après 12 journées de la saison 2019-2020 de Top14 les équipes ont réalisées en moyenne 14 plaquages offensifs par rencontres.

La distribution se concentre autour de la moyenne, mais avec une valeur isolée proche de 6.

Le nombre de plaquage par match est-il corrélé avec les points encaissés et le classement ? Si oui, notre équipe avec environ 6 plaquages offensifs par rencontre devrait être très mauvaise sur ces 2 critères d’évaluation. Regardons cela avec les graphiques ci-dessous.

On constate qu’il n’y a pas de relation entre le nombre de plaquage par rencontre et le nombre de points encaissés par rencontre ou le classement. Le Stade Français Paris étant l’exemple le plus flagrant. L’équipe est une des équipes du TOP 14 avec les plus de plaquages offensifs par rencontre, mais l’une des dernières au classement et au nombre de points encaissés.
12 rencontres représentant un échantillon relativement petit, regardons cela sur les 5 dernières saisons.

Période 2015-2020

Pour aller plus loin nous allons explorer les mêmes questions mais sur la période des saisons 2014-2015 à 2019-2020.

Sur cette période la moyenne est de 8 plaquages offensifs par rencontres. Soit 6 de moins que pour la saison 2019-2020.

La distribution est bimodale. Peut-être il y a t-il différents profils (styles d’organisations défensive ?) d’équipes et que cela se retrouve dans le classement et le nombre de point encaissés.

On constate que la corrélation est très faible / quasi inexistante.

La statistique des plaquages offensifs ne semble pas être indicateur de qualité pour de performance. Réaliser plus de plaquages offensifs n’est pas associé à une diminution du nombre points encaissés, ni à un meilleur classement.

Période 2015-2020 : évolution plaquages offensifs

Si la statistiques des plaquages offensifs ne semble pas être indicateur de qualité pour de performance, on ne peut que s’interroger sur la distribution bimodale vue précédemment. Pour la comprendre il faut regarder son évolution depuis plusieurs saison.

On ne peut que faire le constat d’une augmentation du nombre de plaquages offensifs par match de TOP 14. Les saisons 2016 & 2017 sont significativement différentes de 2015 (anova – p < 0.05 ) et saisons 2019 & 2020 sont significativement différentes de 2016 & 2017 (anova – p < 0.05 ).

Cette évolution à t-elle un impact sur le nombres points marqués et encaissés sur la même période ?

Sur la même période, il est possible d’observer une certaine constance dans le nombres de points marqués et encaissés.

Résumons

La statistique des plaquages offensifs ne semble pas être indicateur de qualité pour de performance. Réaliser plus de plaquages offensifs n’est pas associé à une diminution du nombre points encaissés, ni à un meilleur classement.

Les plaquages offensifs semblent être plus nombreux depuis quelques saisons. Il serait intéressant d’étudier une modification des organisations et techniques défensives utilisées par les équipes. Peut-être une tendance actuelle vers la défense inversée ? Un refus du statut de défenseur et l’objectif de récupérer des possessions lors des rucks suivants le plaquage offensif ? Cette statistique (rucks gagnés suite plaquage offensif) n’est malheureusement pas disponible sur le site de la LNR.

Cette évolution du nombre de plaquage offensif ne semble pas s’associer à une modifications du nombre de points marqués et encaissés par match. Les équipes semblent avoir trouver des solutions si cette tendance, si celle leur avait posé problème.

En bref…

Commentateurs et entraîneurs devraient hésiter à utiliser les plaquages offensifs comme argument de qualité ou d’efficacité 

Les entraîneurs peuvent probablement utiliser cette statistique pour apprécier si l’organisation collective défensive et technique correspondent aux attentes et ont les effets désirés. 

Les données et le code en langage R sont disponibles sur mon Github.