Sportifs : arrêtez de laisser faire n’importe quoi avec votre corps !

En tant que préparateur physique, rien n’est plus important pour moi que la réductions des risques de blessures et la santé en générale des sportifs dont j’ai la responsabilité.

C’est pourquoi j’ai de plus en plus en sentiment que quelque chose ne va pas dans la préparation physique dont ont bénéficié beaucoup des sportifs adultes avec lesquels je collabore. Pour être plus précis, je ne comprends pas comment on peut considérer normal d’avoir des sportifs(ves) de 25 ans avec plusieurs opérations (déjà), injection de PRP et des pathologies chroniques (tendinopathie, usure).

 

Ne nous méprenons pas, je sais que plus le niveau de compétition augmente, plus cela implique un certain niveau “d’inconfort” et que dans certains sports le seul moment ou l’on n’est pas “blessé” c’est avant le 1er match de saison (et encore).

Mais ce que je sais aussi c’est que blessures et douleurs signifient un entraînement moins efficace ou pas d’entraînement du tout. Voir pas de compétition du tout. Personne n’atteint son plein potentiel lorsqu’il est ralenti par des blessures et des douleurs.

L’approche “no pain, no gain” rassure, mais pose rapidement problème. En cas de douleur, l’origine est-elle le fait de s’entraîner dure ou le choix d’un mauvais exercice ?

N’y a-t-il pas des exercices à éviter selon certains sports ? Est-il normal de constater des douleurs et blessures chroniques chez des jeunes sportifs(ves) a peine leur développement à long terme fini (21-23 ans) ? Il y a forcement quelque chose de manqué, que nous manquons depuis des années, dans leur formation athlétique !

Prenez les sports de lancer (handball, football américain, baseball) ou de raquette (tennis). L’incroyable sollicitation de l’épaule n’est pas sans conséquence pour la santé de celle-ci.

2 approches sont possibles :

1/ On ne change rien (No pain, no gain !), on pousse/tire FORT dans tous les exercices de musculation.

Traduction : vous appuyez sur l’accélérateur, placez vos mains sur les yeux et espérez qu’il n’y ait pas de virages sur la route (bonne chance !)

 

 

2/ Vous considérez que certains exercices sont à éviter afin de conserver une épaule en bonne santé.

 

Comment savoir quels sont les exercices de musculation a éviter ?

Tout d’abord vous pouvez faire quelques hypothèses sur la base de généralités anatomiques.

Mais le plus efficace est sans aucun doute de bénéficier d’une évaluation complète afin d’identifier les exercices à risque.

Restons sur le sujet des sports de lancer ou de raquette. Parmi les 7-8 tests pour l’épaule que j’utilise, le test de mobilité du grand dorsal sur le mur est celui qui permet de définir la place des exercices de tirage vertical (ex : traction).

Voyons pourquoi ensemble.

Le grand dorsal est un muscle rotateur interne et extenseur de l’épaule.

 

Lors du test de mobilité grand dorsal sur le mur, une amplitude de mouvement (ROM) saine correspond à l’humérus perpendiculaire au sol, les mains touchant parfois le mur (comme sur la vidéo!).

En deçà, la mobilité du grand dorsal pose problème. Il va limiter la rotation externe et la flexion de l’épaule. Deux choses absolument nécessaires lorsque l’on pratique un sport de lancer si l’on ne veut pas risquer des blessures.

 

Cette mobilité limitée du grand dorsal est assez fréquente chez les passionnés des tractions (normal, l’exercice sollicite énormément ce muscle).

Ainsi, si il y a déjà un manque de mobilité, proposer un exercice comme les tractions va certainement participer à réduire cette mobilité vitale pour le pratiquant des sports de lancer et de raquette, si ce n’est pas surveillé. Ceci sans présager des risques de modification de la posture.

Prévention : l’épaule (partie 1)

Lorsque l’on pratique un sport de lancer, il n’est pas rare de constater des asymétries. Ainsi, réaliser le test de mobilité du grand dorsal sur une table permet d’observer des différences droite/gauche que l’on n’aurait pas identifiées dans sa version au mur.

 

Jusqu’à un certain point, présenter un asymétrie n’est pas dangereux. Mais que passe-t-il lorsque l’on réalise un exercice bi-latéral comme les tractions, avec 2 ROM différentes comme identifié dans la vidéo précédente ? L’épaule gauche ne va certainement pas gagner en mobilité en renforçant le grand dorsal… Donc l’épaule droite, limitée dans son amplitude par l’épaule gauche, a toutes les chances de perdre a son tour en mobilité.

Si vous pratiquez un sport de lancer ou de raquette, vous avec besoin de cette mobilité en rotation externe et flexion sur votre épaule ! Sauf si vous souhaitez vous blesser…

 

En absence d’évaluation précise, ne serait-il pas plus raisonnable d’éviter les tractions ?

En conclusion, retenez qu’il n’y a pas d’exercice dangereux en soit. Mais des exercices contre-indiqués selon votre profil et votre sport. C’est votre corps, votre santé, votre carrière sportive.
Si vous souhaitez bénéficier d’une évaluation fonctionnelle complète, ainsi que d’un programme de réduction des risques de blessures, je vous invite à consulter ma page dédiée : Evaluation fonctionnelle du mouvement